samedi 16 novembre 2013

« L’effroi du néo-management »



La couverture du livre "l'effroi du néo-management" par Chantal Cazzadori 

Que se passe-t-il aujourd’hui dans les entreprises ?

Une nouvelle forme de management règne : le néo-management. Nous sommes tous surpris par l’âpreté du quotidien, les vagues de suicides, les licenciements massifs, la naissance d’une nouvelle classe sociale que l’on baptise les travailleurs pauvres. Du capitalisme industriel nous sommes passés à un capitalisme financier. Mais jusqu’où allons-nous aller ?

D’où nous vient le néo-management ? D’un monde dont l’étalon du désir est désormais l’argent. Au siècle des Lumières, Kant écrivait déjà : « Ce qui n’a pas de prix, c’est ce qui possède une dignité. »

Alors, l’avons-nous perdue ?

Une psychanalyste se penche sur le sujet. Ce monde de peurs dans lequel nous évoluons, ce monde qui refuse le risque, l’auteure Chantal Cazzadori le traite tous les jours dans son cabinet de psychanalyse, discipline qu’elle exerce depuis bientôt trente ans. Son expérience de formatrice, consultante en cabinet privé l’a poussée à explorer ce qui se passait « à l’extérieur », dans les entreprises. Elle est revenue sur trois de ses expériences. L’auteure nous livre ses outils, ses pistes de résolution de conflits ainsi que sa remise en question personnelle. Elle nous guide dans le monde de Freud et de Lacan pour comprendre les bases de la psychanalyse, à partir de concepts tels que l’objet, l’acte, la jouissance, le réel, dans la relation transférentielle in situ. Elle termine chacune des trois histoires par une série de questions qui nous interrogent sur la façon d’appréhender le néo-management. Ses premiers « lecteurs managers » se sont piqués au jeu et ont répondu. Cet exercice, véritable espace de créativité, est à faire…

Comment s’en sortir ? Christophe Dejours, qui depuis quarante ans propose une approche psycho-dynamique du travail et de l’action, nous le dit et le redit : « Le système ne fonctionne que grâce à notre consentement et notre zèle, nous pouvons le mettre en panne et en construire un tout autre. »

Allons-nous attendre que tout explose ?

Dominique Ronfaut
Consultante en marketing et communication



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L’humain d’abord

Bien que nous sachions que les ressources humaines sont au coeur de l’entreprise, l’ère financière a pris la place du capital humain.
C’est ainsi qu’aujourd’hui, le système d’organisation du travail sensibilise les managers aux RPS (risques psycho-sociaux), pendant que le climat interne des entreprises se dégrade, 35% des DHR parlent de morosité. Les enjeux humains dans un esprit de gagant-ganant peuvent-ils être  encore pris en compte en 2013 ?
Dans mon livre , »L’effroi du néo-management,   trois expériences impossibles aujourd’hui ? », je relate ces interventions effectuées de 1988 à 2003, au titre de consultante en cabinet conseil, dans les secteurs publiques et privés, pour transmettre d’autres manières de travailler. A présent, l’idéologie managériale axée autour de trois orientations : le tout gestionnaire, la qualité totale et l’entretien individuel des performances domine et impose une organisation du travail délétère sur la santé psychique et physique de l’homme.
Pourtant, le management ne se manage pas, car la gestion du chiffre fait passer l’humain à la trappe et la centralité du travail comme promesse d’émancipation collective ne tient plus.
Nous constatons le changement à visage humain dès que les valeurs du travail bien fait, utile et esthétique devient le projet d’une équipe, puisque ce sont les bonnes volontés qui se mettent en marche. Devant la noblesse du travail émancipateur, l’intelligence se mobiliserait-elle autour d’enjeux de sens tout en répondant aux objectifs économiques ?
Rappelons la pensée de Samuel Pisar : « Le propre de la ressource humaine, ce n’est pas d’être inépuisable, mais de se nourrir elle-même ».
J’ai choisi de raconter ces trois histoires de travail parmi tant d’autres, pour livrer mes outils, mes pistes de résolution de conflits ainsi que ma remise en question personnelle aux managers désireux de conduire leur équipe humainement. C’est avec ce recul que j’exprime également mon point de vue de psychanalyste sur les effets de la dynamique de groupe, du transfert, de la parole et de l’écoute in-situ, afin de prendre conscience de  la place du travail vivant dans une conception managériale dite participative.
Si nous continuons à dénier la « matière psychique », nous allons vers la panne du système qui ne peut fonctionner sans notre zèle comme nous le rappelle Christophe Dejours, directeur de l’équipe de recherche en « psychodynamique du travail et de l’action », au CNAM (centre des arts et métiers à Paris).
J’ai donc écrit ce livre au style fluide et narratif pour intéresser nos responsables à penser différemment leur pratique, dans l’éthique de l’espoir et du vrai changement d’objectif, privilégiant l’humain au service d’une économie ni débridée, ni sauvage.
Chantal Cazzadori
Paris, juin 2013.
 

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