En
géométrie euclidienne, un
solide de Platon est un
polyèdre régulier et
convexe. Entre les
polygones réguliers
et convexes de la géométrie plane, et les polyèdres réguliers convexes
de l’espace à trois dimensions, il y a une analogie, mais aussi une
différence notable. Les polygones réguliers convexes sont en nombre
infini, leur nombre de côtés est n’importe quel nombre entier supérieur
ou égal à trois. En revanche, il existe seulement cinq polyèdres
réguliers convexes : les cinq solides de Platon.
Le nombre de faces du solide, 4, 6, 8, 12, ou 20, est dans le préfixe du nom du solide :
tétra pour quatre,
hexa pour six — un cube est un hexaèdre régulier —,
octa pour huit,
dodéca pour douze,
icosa pour vingt. L’adjectif « régulier » sera souvent implicite dans cette page
1.
Pendant des milliers d’années, les solides de Platon furent un sujet d’étude des
géomètres en raison de leur
esthétique et de leurs
symétries. Leur nom en l’honneur du
philosophe grec
Platon rappelle une théorie, qui associe les Éléments physiques — les
quatre éléments — à quatre solides réguliers convexes.
Longtemps le nombre cinq et le
nombre d'or furent des objets fétiches, associés au dodécaèdre de Platon. Il en est resté le mot «
quintessence ». Certains
[Qui ?] ont vu dans le nombre d’or une preuve de l’existence de Dieu.
Histoire
Selon une étude, les peuples
néolithiques d'
Écosse
auraient construit des modèles en pierre des « cinq solides » au moins
1 000 ans avant Platon (Atiyah et Sutcliffe 2003). Ces modèles sont
gardés au
Ashmolean Museum à
Oxford. Mais cette conclusion est hâtive
2.
Dans l'histoire des
mathématiques de la Grèce antique, on peut tracer la chronologie suivante.Les
pythagoriciens
ont eu une connaissance empirique de trois solides : le tétraèdre (la
pyramide), l'hexaèdre (le cube), le dodécaèdre (douze faces). Selon
Proclos,
Pythagore lui-même (vers 530 av. J.-C.) aurait eu connaissance de ces solides. Mais ce peut être son disciple
Hippase de Métaponte (qui aurait construit le premier dodécaèdre) ou, plus vraisemblablement,
Archytas de Tarente (vers 360 av. J.-C.).
[réf. nécessaire]
Il n'est pas fait mention de la pyramide avant Démocrite (fragment
155), actif vers 430 av. J.-C. Archytas aurait le premier construit le
cube, pour résoudre le problème de la duplication du carré. Le premier,
Platon mentionne le dodécaèdre, dans le
Phédon (110b), qui date d'env. 383 av. J.-C. Le mathématicien
Théétète d'Athènes
(mort en 395 ou 360 av. J.-C.) a découvert les deux autres solides :
l'octaèdre et l'icosaèdre ; surtout, il les a construits, le premier,
tous les cinq
3.
Les solides de Platon jouent un rôle déterminant dans la
philosophie de
Platon, à partir duquel ils ont été nommés. Platon, dans le dialogue
Timée (env. 358 av. J.-C.), associait chacun des
quatre éléments (la
Terre, l'
Air, l'
Eau et le
Feu) avec un solide régulier. La Terre était associée avec le cube (
Timée,
55d), l'Air avec l'octaèdre, l'Eau avec l'icosaèdre et le Feu avec le
tétraèdre. Il existait une justification pour ces associations : la
chaleur du Feu semble pointue et comme un poignard (comme un peu le
tétraèdre). L'Air est constitué de l'octaèdre ; ses composants
minuscules sont si doux qu'on peut à peine les sentir. L'Eau,
l'icosaèdre, s'échappe de la main lorsqu'on la saisit comme si elle
était constituée de petites boules minuscules. Le solide le plus stable,
l'hexaèdre (cube), représente la Terre. Ces petits solides font de la
poussière lorsqu'ils sont émiettés et se cassent lorsqu'on s'en saisit,
une grande différence avec l'écoulement doux de l'eau. Pour le cinquième
solide de Platon, le dodécaèdre, Platon remarque obscurément, « le dieu
utilisé pour arranger les constellations sur tout le ciel ». Platon
mettait en correspondance le dodécaèdre avec le Tout (
Phédon, 110b ;
Timée, 55c), parce que c'est le solide qui ressemble le plus à la sphère.
Aristote a nommé ce cinquième élément,
aithêr (
aether
en latin, « éther » en français) et a postulé que l'univers était fait
de cet élément, et qu'il était substantiel à tous les autres, qu'il les
contenait tous.
Speusippe,
le successeur de Platon à l'Académie (en 348 av. J.-C.) a repensé la
tradition pythagoricienne sur les cinq solides (Pythagore, Hippase,
Archytas).
Euclide a donné une description mathématique complète des solides de Platon dans les
Éléments
(env. 300 av. J.-C.) ; le dernier livre (Livre XIII) qui est consacré à
leurs propriétés. Les propositions 13–17 dans le Livre XIII décrit la
construction du tétraèdre, de l'octaèdre, du cube, de l'icosaèdre et du
dodécaèdre dans cet ordre. Pour chaque solide, Euclide trouve le rapport
du diamètre à la sphère circonscrite à la longueur des arêtes. Dans la
proposition 18, il argumente qu'il n'existe pas plus de polyèdres
réguliers convexes. En effet, Pour être régulier, un polyèdre doit
posséder le même nombre de polygones réguliers en chacun de ses sommets
et la somme des angles au sommet des polygones réguliers doit être
strictement inférieure à 360° (voir démonstration
4. Beaucoup des informations dans le Livre XIII proviennent probablement du travail de
Théétète.
Au
XVIe siècle, l'
astronome allemand Johannes Kepler essaya de trouver une relation entre les cinq
planètes connues à l'époque (en excluant la Terre) et les cinq solides de Platon. Dans le
Mysterium Cosmographicum, publié en
1596, Kepler présenta un modèle de
Système solaire
dans lequel les cinq solides étaient fixés les uns dans les autres et
séparés par une série de sphères inscrites et circonscrites. Les six
sphères correspondaient chacune aux planètes (
Mercure,
Vénus, la
Terre,
Mars,
Jupiter et
Saturne).
Les solides étaient ordonnés de l'intérieur vers l'extérieur, le
premier étant l'octaèdre, suivi de l'icosaèdre, du dodécaèdre, du
tétraèdre et finalement le cube. De cette manière, la structure du
système solaire et les relations de distances entre les planètes étaient
dictées par les solides de Platon. Vers la fin, l'idée originale de
Kepler a été abandonnée, mais de cette recherche émergèrent la
découverte des
solides de Kepler, la constatation que les orbites des planètes ne sont pas des cercles, et les
lois du mouvement planétaire de Kepler pour lesquelles il est maintenant célèbre.
Chaque solide de Platon répond à la formule d'Euler
4, démontrée en 1752 par le mathématicien suisse
Leonhard Euler, obtenue avec un nombre F de faces, A d'arêtes et S de sommets : F + S – A = 2
Propriétés combinatoires
Un polyèdre convexe est un solide de Platon si et seulement si
- Toutes ses faces sont des polygones réguliers convexes isométriques, c'est-à-dire superposables,
- Aucune de ses faces ne se coupe, excepté sur les arêtes
- Le même nombre de faces se rencontrent à chacun de ses sommets.
Chaque solide de Platon peut par conséquent être noté par un symbole {
p,
q} où
- p = le nombre de côtés de chaque face (ou le nombre de sommets sur chaque face) et
- q = le nombre de faces se rencontrant à chaque sommet (ou le nombre d'arêtes se rencontrant à chaque sommet).
Le symbole {
p,
q}, appelé le
symbole de Schläfli, donne une description
combinatoire du polyèdre. Les symboles de Schläfli des cinq solides de Platon sont donnés dans la table ci-dessous.
Toutes les autres informations combinatoires à propos de ces solides, telles que le nombre total de sommets (
S), des arêtes (
A) et des faces (
F) peuvent être déterminées à partir de
p et
q. Puisque toute arête joint deux sommets et possède deux faces adjacentes, nous devons avoir :

L'autre relation entre ces valeurs est donnée par la
formule d'Euler :

Ce fait non-trivial peut être démontré d'une grande variété de manières (en
topologie algébrique il découle de ce fait que la caractéristique d'Euler de la
sphère est 2). Mises ensemble, ces trois relations déterminent complètement
S,
A et
F :

Note : échanger
p et
q intervertit
F et
S laissant
A inchangé (pour une interprétation géométrique de ce fait, voir la section sur les polyèdres duaux ci-dessous).
Classification
C'est un résultat classique qu'il existe seulement cinq polyèdres
réguliers convexes. Deux arguments communs sont donnés ci-dessous. Les
deux montrent seulement qu'il ne peut pas y avoir plus de cinq solides
de Platon. Que chacun des cinq existe réellement est une question
séparée — à laquelle on peut répondre par une construction explicite.
Démonstration géométrique
L'argument géométrique suivant est très similaire à celui donné par Euclide dans les
Éléments :
- Chaque sommet du solide doit coïncider avec un sommet sur au moins
trois faces, sinon ce n'est qu'un point de côté et non un sommet.
- À chaque sommet du solide, le total des angles entre les côtés
adjacents relatifs aux faces adjacentes, doit être strictement inférieur
à 360 °.
- Les angles de tous les sommets de toutes les faces d'un solide de
Platon sont identiques, donc chaque sommet de chaque face doit
contribuer pour strictement moins de 360 °/3=120 °.
- Les polygones réguliers de six côtés ou plus ont seulement des angles de 120 ° ou plus, donc la face commune doit être le triangle, le carré ou le pentagone. Et pour :
- les faces triangulaires : chaque sommet d'un triangle régulier a un angle de 60 °,
donc une forme doit avoir 3, 4 ou 5 triangles se rencontrant à un
sommet ; celles-ci sont le tétraèdre, l'octaèdre et l'icosaèdre
respectivement.
- les faces carrées : chaque sommet d'un carré a un angle de 90 °, donc il existe seulement un arrangement possible avec trois faces à un sommet, le cube.
- les faces pentagonales : chaque sommet a un angle de 108 ° ; de nouveau, seulement un arrangement, de trois faces à un sommet est possible, le dodécaèdre.
Démonstration topologique
Une démonstration purement
topologique peut être donnée en utilisant seulement les informations combinatoires sur les solides. La clé est l'
observation d'Euler que

, et le fait que

. En combinant ces équations, on obtient l'équation

En divisant par

il vient

Puisque

est strictement positif, nous devons avoir

En utilisant le fait que
p et
q doivent, tous deux, être au moins égaux à 3, on peut facilement voir qu'il existe seulement cinq possibilités pour {
p,
q} :

Propriétés géométriques
Angles
Il existe un nombre d'
angles associés avec chaque solide de Platon. L'
angle dièdre est l'angle interne entre deux faces planes quelconques. L'angle dièdre, θ, du solide {
p,
q} est donné par la formule

Ceci est quelquefois exprimé de manière plus pratique en termes de
tangente par

La quantité
h est 4, 6, 6, 10 et 10 pour le tétraèdre, le cube, l'octaèdre, le dodécaèdre et l'icosaèdre respectivement, autrement dit
![4h = 15+[2(p+q)-11]^2](https://lh3.googleusercontent.com/blogger_img_proxy/AEn0k_spnsJ5gVtGGfJXlhBEgb7lJYjXJ8CH8y8u2Bw4WsyXMKOztTb4d8NLdUNyB4LnWMOlgQDeG3tooJftNQrcx6N2G3RG9wgUQcfAGQgVMqSRNSXSzQvDz3Z5EcS62GtC5bVy5ylAjj2st-d5L5Is1A=s0-d)
.
Le
défaut angulaire (en)
au sommet d'un polyèdre est la différence entre la somme des angles
d'une face et 2π. Le défaut, δ, à un sommet quelconque des sommets de
Platons {
p,
q} est

Par le
théorème de Descartes, ceci est égal à 4π divisé par le nombre de sommets (i.e. le défaut total de tous les sommets est 4π).
L'analogue tridimensionnel d'un angle plan est un
angle solide. L'angle solide, Ω, au sommet d'un solide de Platon est donné en termes d'angle dièdre par

Ceci provient de la formule de l'
excès sphérique (en) pour un
polygone sphérique et le fait que la
figure de sommet du polyèdre {
p,
q} est un
q-gone régulier.
Les divers angles associés avec les solides de Platon sont donnés
ci-dessous. Les valeurs numériques des angles solides sont données en
stéradians. La constante

est le
nombre d'or.
Rayons, aires et volumes
Une autre vertu de la régularité est que les solides de Platon possèdent tous trois sphères concentriques :
Les
rayons de ces sphères sont appelés les
rayons circonscrits, les
rayons moyens et les
rayons internes.
Ceux-ci sont les distances à partir du centre du polyèdre aux sommets,
aux milieux des arêtes et aux centres de faces respectivement. Le rayon
circonscrit
R et le rayon interne
r du solide {
p,
q} avec une longueur d'arête
a sont donnés par


où θ est l'angle dièdre. Le rayon moyen ρ est donné par

où
h est la quantité utilisée ci-dessus dans la définition de l'angle dièdre (
h = 4, 6, 6, 10 ou 10). Noter que le rapport du rayon circonscrit au rayons interne est symétrique dans
p et
q :

La
superficie A d'un solide de Platon {
p,
q} est facilement calculée, c'est l'aire d'un
p-gone régulier fois le nombre de faces
F. C’est-à-dire :

Le
volume est calculé comme étant
F fois le volume de la
pyramide dont la base est un
p-gone régulier et dont la hauteur est le rayon interne
r. C’est-à-dire :

Le tableau suivant liste les divers rayons des solides de Platon
ainsi que leurs surfaces et leurs volumes. La taille globale est fixée
en prenant la longueur d'arête,
a, égale à 2.
Les constantes φ et ξ ci-dessus sont données par

Parmi les solides de Platon, le dodécaèdre ou l'icosaèdre peuvent
être regardés comme la meilleure approximation de la sphère. L'icosaèdre
a le plus grand nombre de face, le plus grand angle dièdre, et son
enveloppe est la plus proche de sa sphère inscrite. Le dodécaèdre, d'un
autre côté, a le plus petit défaut angulaire, le plus grand angle solide
au sommet et il remplit le plus sa sphère circonscrite.
Symétrie
Polyèdre dual
Un dual cube-octaèdre.
Chaque polyèdre possède un
polyèdre dual
avec les faces et les sommets interchangés. Le dual de chaque solide de
Platon est un autre solide de Platon, c’est-à-dire que nous pouvons
arranger les cinq solides en paires duales.
- Le tétraèdre est auto-dual (i.e. son dual est un autre tétraèdre).
- Le cube et l'octaèdre forment une paire duale.
- Le dodécaèdre et l'icosaèdre forment une paire duale.
Si un polyèdre possède un symbole de Schläfli {
p,
q}, alors son dual possède le symbole {
q,
p}.
En effet, chaque propriété combinatoire d'un solide de Platon peut être
interprétée comme une autre propriété combinatoire du dual.
Groupes de symétrie
En mathématiques, le concept de
symétrie est étudié avec la notion de
groupe mathématique. Chaque polyèdre possède un
groupe de symétrie associé, qui est l'ensemble de toutes les transformations (
isométries euclidiennes) qui laissent le polyèdre invariant. L'
ordre du groupe de symétrie est le nombre de symétries du polyèdre. On fait souvent une distinction entre le
groupe de symétrie total, qui inclut les
réflexions, et le
groupe de symétrie propre, qui inclut seulement les
rotations.
Les groupes de symétrie des solides de Platon sont connus sous le nom de
groupes polyédriques (en) (qui sont une classe particulière des
groupes ponctuels en dimension trois (en)).
Le haut degré de symétrie des solides de Platon peut être interprété de
différentes manières. Pour la plus importante, les sommets de chaque
sommet sont tous équivalents sous l'
action du groupe de symétrie, comme sont les arêtes et les faces. On dit que l'action du groupe de symétrie est
transitive
sur les sommets, les arêtes et les faces. En fait, c'est une autre
manière de définir la régularité d'un polyèdre : un polyèdre est
régulier si et seulement s'il est de sommet uniforme, d'arête uniforme et de face uniforme.
Il existe seulement trois groupes de symétrie associés avec les
solides de Platon plutôt que cinq, puisque le groupe de symétrie d'un
polyèdre quelconque coïncide avec celui de son dual. Ceci est vu
facilement en examinant la construction du polyèdre dual. Toute symétrie
de l'original doit être une symétrie du dual et vice-versa. Les trois
groupes polyédriques sont :
Les ordres des groupes propres (rotations) sont 12, 24 et 60
respectivement — précisément, deux fois le nombre des arêtes dans le
polyèdre respectif. Les ordres des groupes de symétrie totaux sont deux
fois de nouveau les ordres précédents (24, 48 et 120). Voir (Coxeter
1973) pour une déduction de ces faits.
Le tableau suivant liste les diverses propriétés de symétrie des
solides de Platon. Les groupes de symétrie listés sont les groupes
totaux avec les sous-groupes de rotation donnés entre parenthèses (comme
pour le nombre de symétries). La
construction kaléidoscopique de Wythoff
est une méthode pour la construction des polyèdres directement à partir
des groupes de symétrie. Nous listons la référence du symbole de
Wythoff pour chaque solide de Platon.
En nature et en technologie
Le tétraèdre, le cube et l'octaèdre apparaissent tous naturellement dans les
structures cristallines.
Ceux-ci n'épuisent nullement les nombres de formes possibles de
cristaux. Néanmoins, ni l'icosaèdre régulier, ni le dodécaèdre régulier
ne figurent parmi eux. Une de ces formes, appelée le
pyritoèdre (nommé en rapport avec le groupe des
minéraux
avec lequel il est typique) a douze faces pentagonales, arrangées avec
le même motif que les faces du dodécaèdre régulier. Néanmoins, les faces
du pyritoèdre ne sont pas régulières, donc, le pyritoèdre n'est pas non
plus régulier.
Circogonia icosahedra, une espèce de
radiolaire, formée comme un icosaèdre régulier.
Au début du
XXe siècle,
Ernst Haeckel décrivit
5 de nombreuses d'espèces de
radiolaires, certaines comportant des squelettes ayant la forme de divers polyèdres réguliers. Ses exemples incluent
Circoporus octahedrus,
Circogonia icosahedra,
Lithocubus geometricus et
Circorrhegma dodecahedra, les formes de ces créatures étant évidentes d'après leurs noms.
Beaucoup de
virus, tel que le virus de l'
herpès, ont la forme d'un icosaèdre régulier. Les structures virales sont construites sur des sous-unités de
protéines
identiques répétées et l'icosaèdre est la forme la plus facile pour
assembler en utilisant ces sous-unités. Un polyèdre régulier est utilisé
car il peut être construit à partir d'une unité de protéine basique
utilisée indéfiniment, ceci engendre un espace dans le
génome viral.
En
météorologie et en
climatologie,
les modèles numériques globaux des flux atmosphériques sont d'un
intérêt croissant. Ils emploient des grilles qui sont basées sur un
icosaèdre (raffiné par
triangulation) à la place de la grille
longitude/
latitude plus communément utilisée. Ceci a l'avantage d'avoir une résolution spatiale également distribuée sans
singularités (i.e. les
pôles géographiques) aux dépens d'une certaine difficulté numérique plus grande.
La géométrie des
armatures d'espace (en)
est souvent basée sur les solides de Platon. Dans le système MERO, les
solides de Platon sont utilisés pour la convention de nomenclature des
diverses configurations d'armatures d'espace. Par exemple ½O+T fait
référence à une configuration faite d'un demi-octaèdre et un tétraèdre.
Les solides de Platon sont souvent utilisés pour fabriquer des
dés. Les dés à 6 faces sont très communs, mais les autres nombres sont communément utilisés dans les
jeux de rôle. De tels dés sont souvent appelés d
n où
n est le nombre de faces (d8, d20, etc.);
Ces formes apparaissent fréquemment dans d'autres jeux ou d'autres puzzles. Des puzzles similaires aux
Rubik's Cube ont vu le jour dans toutes ces formes — voir
Puzzle combinatoire (en).
Polyèdres reliés et polytopes
Polyèdres uniformes
Il existe quatre polyèdres réguliers qui ne sont pas convexes, appelés les
solides de Kepler-Poinsot. Ceux-ci ont tous la
symétrie icosaédrique (en) et peuvent être obtenus par
stellations du dodécaèdre et de l'icosaèdre.
Les prochains polyèdres convexes les plus réguliers après les solides de Platon sont le
cuboctaèdre, qui est une
rectification (en) du cube et de l'octaèdre, et l'
icosidodécaèdre,
qui est une rectification du dodécaèdre et de l'icosaèdre (la
rectification du polyèdre auto-dual, le tétraèdre est un octaèdre
régulier). Ils sont tous les deux
quasi-réguliers ce qui signifie
qu'ils sont de sommet et d'arête uniformes et qu'ils ont des faces
régulières, mais les faces ne sont pas toutes isométriques (provenant de
deux classes différentes). Ils forment deux des treize
solides d'Archimède, qui sont des
polyèdres uniformes convexes avec une symétrie polyédrique.
Les polyèdres uniformes forment une classe beaucoup plus grande de
polyèdres. Ces solides sont de sommets uniformes et on un ou plusieurs
types de
polygones réguliers (convexes ou étoilés) pour faces. Ceux-ci incluent tous les polyèdres mentionnés ci-dessus avec l'ensemble infini des
prismes, l'ensemble infini des
antiprismes ainsi que 53 autres formes non-convexes.
Les
solides de Johnson sont des polyèdres convexes qui ont des faces régulières mais qui ne sont pas uniformes.
Pavages
Les trois
pavages réguliers
du plan sont fortement reliés aux solides de Platon. En effet, on peut
regarder les solides de Platon comme les cinq pavages réguliers de la
sphère. Ceci est effectué en projetant chaque solide sur une sphère concentrique. Les faces projettent sur des
polygones sphériques
réguliers qui couvrent exactement la sphère. On peut montrer que chaque
pavage régulier de la sphère est caractérisé par une paire d'entiers {
p,
q} avec 1/
p + 1/
q > 1/2. De même, un pavage régulier du plan est caractérisé par la condition 1/
p + 1/
q = 1/2. Il existe trois possibilités :
D'une manière similaire, on peut considérer les pavages réguliers sur le
plan hyperbolique. Ils sont caractérisés par la condition 1/
p + 1/
q < 1/2. Il existe un nombre infini de tels pavages.
Dimensions plus élevées
Lorsqu'il y a plus de trois dimensions, les polyèdres se généralisent aux
polytopes. Dans le milieu du
XIXe siècle, le
mathématicien suisse Ludwig Schläfli découvrit les analogues quadridimensionnels des solides de Platon, appelés les
4-polytopes réguliers convexes. Il existe exactement six de ces figures; cinq sont analogues aux solides de Platon, tandis que le sixième, le
24-cellules, n'a pas d'analogue en dimension inférieure.
Dans les dimensions plus élevées que quatre, il existe seulement trois polytopes réguliers convexes : le
simplexe, l’
hypercube et l’
hyperoctaèdre. En trois dimensions, ceux-ci coïncident avec le tétraèdre, le cube et l’octaèdre.
Notes et références
- ↑ Dans le contexte de cette page, le mot régulier est implicite et généralement omis. Le mot irrégulier est parfois utilisé pour souligner le fait qu'un polyèdre n’est pas régulier, bien qu'il soit encore supposé avoir la même topologie que la forme régulière. D'autres formes topologiques très différentes, telles que le dodécaèdre rhombique qui possède douze faces rhombiques, ou un polyèdre étoilé non-convexe, comme le grand dodécaèdre, ne sont jamais données avec des noms raccourcis.
- ↑ (en) The Scottish solids hoax
- ↑ (de) Eva Sachs, Die fünf platonischen Körper, Berlin, 1917. Festugière, Etudes de philosophie grecque, p. 385.
- ↑ a et b Yvan Monka, Les solides de Platon
- ↑ (de) E. Haeckel, Kunstformen der Natur [archive], 1904, rééd. (en) Art forms in nature, Prestel USA, 1998 (ISBN 3-7913-1990-6)
- Platon, Timée (vers 358 av. J.-C.), 55e-56c. Trad. L. Brisson, Timée/Critias, Garnier-Flammarion, 3 ° éd. revue 1996
- Euclide, Éléments (vers 300 av. J.-C.), livre XIII. Euclide, Les Éléments,
volume IV, Livre XI-XIII, Géométrie des solides ; trad. du texte par
Heiberg et commentaires par Bernard Vitrac. Paris : Presses
universitaires de France, 2001. (Bibliothèque d'histoire des sciences).
482 p. (ISBN 2-13-051927-X)
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes