mercredi 5 mars 2014

7 pratiques RH qui favorisent le bien-être et la motivation

Par Julie Le Bolzer, journaliste | 03/03/2014

Sous l'impulsion de contraintes législatives renforcées, les employeurs français se révèlent meilleurs élèves que leurs voisins européens dans leurs pratiques RH. Sept pratiques qui favorisent le bien-être des salariés, tirées d'une enquête Top Employers Institute.


Pratiques RH et motivation
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1 / Pratiques de rémunérations : la part variable gagne du terrain

Plus de 85 % des salariés des entreprises françaises certifiées Top Employers perçoivent une rémunération variable (+ 20 % en 4 ans). « La part variable est distribuée en pourcentage, au même niveau, pour l’ensemble des dirigeants et des managers européens. Néanmoins, les salariés non-cadres français se révèlent davantage récompensés puisque ceux-ci perçoivent entre 10 % et 20 % de rémunération variable contre 5 % à 10 % pour les pays du Nord et du Sud de l'Europe », précise Benoît Montet, Directeur France et membre de la recherche internationale du Top Employers Institute.

2 / Conditions de travail : l'expression et la communication internes facilitées


Benoît Montet, Top Employers Institute
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Benoît Montet, Directeur France et membre de la recherche internationale du Top Employers Institute.
Plus de 50 % des organisations ont mis en place des moyens d'expression et de communication internes (de type blogs, réseaux sociaux d'entreprise...). « C'est une tendance majeure, souligne Benoît Montet. Aujourd'hui, la voix des salariés est sollicitée. Et écoutée ! » En outre, les enquêtes internes sur le climat social sont plus en plus nombreuses. « Surtout, leurs résultats sont analysés et servent de support à de réels plans d'actions, avec budget alloué, équipes et groupes de travail dédiés », dit-il.

3 / Avantages sociaux : les programmes bien-être à l'honneur

L'institut constate une augmentation de 15 % des programmes dédiés au bien-être et à la prévention du stress. « L'offre s'est massivement développée. Surtout, elle s'est largement diversifiée », indique Benoît Montet. Les dispositifs vont des programmes bien-être (salle de sport, crèche, conciergerie... ) aux engagements curatifs. « Une vraie tendance est en train d'éclore : celle de la mise en place de programmes spécifiques de réintégration des collaborateurs après un burn-out, les Burn Out Recovery Programs », note-t-il.

Formation professionnelle
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4 / Formation : les programmes et cursus s'individualisent

Cette étude observe une augmentation de 10 % des cursus et programmes de formation individualisés. « Les employeurs « customisent » de plus en plus, ils sur-investissent dans la formation en impliquant davantage le collaborateur : de plus en plus, c'est ce dernier qui est à l'initiative d'un programme de formation qui lui est spécifique, remarque Benoît Montet. Si les Top Employers français sont généreux dans le panel de formations qu’ils proposent, ils concentrent essentiellement leur effort sur des actions de formations liées au poste. »

5 / Gestion des talents et des compétences : les entreprises misent sur les passerelles

« Nous constatons un retour au réalisme, comme si le glas avait sonné pour les grandes théories, observe Benoît Montet. La vision de l’avenir est une préoccupation forte des salariés et les DRH tentent d’y répondre en donnant de la visibilité aux passerelles possibles dans leurs organisations. Traditionnellement réservée au middle management, la tendance est aujourd’hui à la hausse pour les dirigeants et pour les fonctions support. »

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6 / Évaluation du management : quand les collaborateurs « likent » (ou pas) leur manager

Les collaborateurs sont de plus en plus souvent invités à évaluer leur manager ou N+1. « C'est assez logique dans la mesure où le management est l'un des cinq motifs de départ de l’entreprise de la part des jeunes, rappelle Benoît Montet. Afin d'éviter la démission des talents et dans une logique de fidélisation, la tendance est donc de convier les collaborateurs à « tester » leur supérieur hiérarchique, toujours avec pour objectif de chercher des pistes d'améliorer et de benchmarcher – et d'échanger - les bonnes pratiques. »

7 / RSE : les collaborateurs demandent à l'entreprise d'avoir une « âme »

« Quête de sens, prise de conscience sentiment de fierté d'appartenir à une organisation responsable... Un rôle social s'impose à l’entreprise, ainsi les pratiques de RSE sont véritablement devenues en vogue : nous observons une croissance de plus de 10 points pour les initiatives développées par les entreprises, constate Benoît Montet. En France, les critères de RSE sont pris en compte chez près de 85 % des Top Employers dans leur politique d’achat, preuve que c'est ancré dans leur culture. L’autre point fort des Français, l’implication (+ 10 % ) de tous les salariés dans des actions concrètes de formation, bénévolat, sponsoring... ».

Chiffres clés : chez nos voisins européens...

Plus de 60 % des Top Employers nord-européens ont formalisé le télétravail, cela à tous les niveaux de l’entreprise (contre 30 % en France et 20 % dans les pays du sud de l'Europe).
77 % des Top Employers nord-européens s'attachent à évaluer leurs managers sur leur capacité à accompagner le développement de leurs collaborateurs (67 % dans les pays du sud de l'Europe, 38 % en France).

90 % des Top Employers européens offrent des parcours de carrières aux top et middle-management, mais ils ne sont plus que 60 % pour les non cadres (soit un retrait de 10 points par rapport à la France).

Les Top Employers d’Europe du Sud sont 70 % à ne pas sentir de pénurie de ressources (en France, seules 27 % des organisations sondées déclarent ne pas rencontrer de difficulté pour recruter).

Diversité et mixité : lorsqu'on interroge les entreprises leur objectif en termes de nombre de femmes nommées au sein de comité de direction, dans les 4 années à venir, les Français visent 40 %, les autres 26 %. Moins ambitieux, mais plus réalistes.
Chez nos voisins, le tutorat est très bien établi, avec un taux de 80 % dans les pays d'Europe du Nord, 70 % pour dans ceux du Sud (sur les procédures et outils d’intégration des nouveaux collaborateurs, les Top Employers français n’accordent un mentor ou un tuteur que dans 45 % des cas, soit moins d’une fois sur deux).

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* Enquête réalisée du 1er juin au 30 octobre 2013 auprès de 52 entreprises françaises certifiées Top Employers, et auprès de plus de 600 entreprises européennes. Ce panel comprend des organisations « comparables », c'est-à-dire similaires en termes de secteur d'activité, de taille et de notoriété.

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