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mercredi 21 mars 2012

Mes questions sur la folie

Mardi 7 octobre 2008 à 20.35
Serge Moati enquête, observe et se questionne sur notre société.
© Prod

Schizophrénie, troubles de la personnalité, dépression, bipolarité, dans ce nouvel opus de sa collection documentaire Mes questions sur..., Serge Moati s'interroge sur le désordre et la souffrance psychique.

En traversant les grilles de l'hôpital Sainte-Anne, Serge Moati passe symboliquement de l'autre côté. « Cela fait longtemps que le côté frontière, nos frontières, me touche beaucoup. J'ai fait des films sur ce qui trouble la normalité, sur ce qui nous déroute », déclare-t-il. La folie, qu'est-ce qui se cache derrière ce terme un peu vieilli qui effraie et intrigue ? Dans les allées de l'hôpital, à la cafétéria, lors d'une consultation ou d'une séance d'ergothérapie, il rencontre des patients et des médecins avec une question : « Est-ce que la folie ne me rappelle pas quelque chose de moi ? »


© ProdUne femme maniaco-dépressive lui confie : « Je ne souffre de rien du tout, un petit peu trop d'hyperactivité neuronale, c'est-à-dire que je n'arrive pas à m'empêcher de penser par exemple. » Lors d'une consultation, un jeune homme raconte : « Je me suis vu me lever, aller dans ma chambre, aller sur mon lit et me faire assassiner par ma femme sur mon lit. » D'autres tentent d'expliquer pourquoi ils ont essayé de se suicider. Serge Moati écoute avec bienveillance, sourit. Pour lui, ces hommes et ces femmes, « c'est nous sans limites ». Il s'entretient avec Boris Cyrulnik qui refuse le terme « fou » et garde un souvenir plein de poésie des années où il vécut dans un hôpital psychiatrique. Serge Moati ne livre pas un document didactique mais un regard, le sien, sur cet univers et ces quelques personnes croisées en chemin. « C'est une impression qui est une immersion », dit-il de son film.

Valentine Ponsy


Collection documentaire
Durée 53'
Réalisation Serge Moati, avec la collaboration d'Alice Cohen
Production france 5 / image & Compagnie
Année 2007


Mes Questions Sur... La Folie Fr5 1/3 par Nhomme-Beur-One


Mes Questions Sur... La Folie Fr5 2/3 par Nhomme-Beur-One


Mes Questions Sur... La Folie Fr5 3/3 par Nhomme-Beur-One


mardi 20 mars 2012

Mes questions sur la folie en prison


Mes questions sur...la folie en prison par IMAGEETCOMPAGNIE

Serge Moati nous entraîne dans ses pas au coeur du service hospitalier du centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne. En France, 40 % des détenus se disent déprimés; 45 % souffrent d’anxiété et 10 % de psychose. Comment soigne-t-on la folie en prison? Comment sont traités ces hommes et ces femmes victimes, en quelque sorte, d’un double enfermement. Le premier dans leur tête, car la maladie mentale sépare et éloigne du monde réel ; le second par la détention. Le film porte un regard sans fard sur la folie, sur les formes qu’elle peut prendre et sur la manière dont l’administration pénitentiaire la gère. Des patients au personnel soignant, Serge Moati rencontre un à un tous les acteurs de ce monde à part.

Première surprise : le bâtiment abritant le SMPR de Poitiers-Vivonne (Service médico-psychiatrique régional) est flambant neuf. On compte aujourd’hui 26 établissements de ce type (malheureusement pas tous aussi récents) répartis dans les neuf directions régionales des services pénitentiaires de la France métropolitaine. Chacun dispose de 10 à 32 places. Seuls les malades volontaires et en ayant fait la demande peuvent y séjourner.

Autre surprise : l’extrême disponibilité des personnels, soignants ou surveillants. Totalement investis dans leur mission, les hommes et les femmes qui travaillent au SMPR ont néanmoins souvent le sentiment d’être des laissés-pour-compte et de se battre sans moyens contre des moulins à vent. Ainsi, Christiane de Beaurepaire, psychiatre, déplore les fermetures des lits de psychiatrie des établissements hospitaliers : “Une journée en détention coûte 80 euros contre 800 euros en hôpital.

Les fous coûteraient donc moins cher sous les verrous qu’à l’hôpital? Mais qu’en est-il de l’obligation de soins? Et avec une population carcérale en constante augmentation et des pathologies aussi lourdes – les prisons compteraient 7 % de schizophrènes, soit sept fois plus que dans la population générale -, le problème prend un caractère d’urgence. Comme le souligne Christiane de Beaurepaire : “Qui est coupable : le schizophrène qui tue ou ceux qui ne l’ont pas soigné?

Véronique Macon