mercredi 6 juillet 2011

Trends in CEO Pay

010 was another good year to make lots of money—if you were a CEO. CEOs of the largest companies received, on average, $11.4 million in total compensation last year, according to the AFL-CIO analysis of 299 companies in the S&P 500 Index. Overall, CEOs of the 299 companies in the AFL-CIO Executive PayWatch database received a combined total of $3.4 billion in pay in 2010, enough to support 102,325 jobs paying the median wages for all workers.[1]

The Wall Street executives who helped create the financial crisis and economic recession also did well. While cash bonuses fell, total compensation for Wall Street firms increased in 2010. The Wall Street Journal estimates that total compensation at large financial services companies rose 5.7 percent to a record $149 billion in 2010.

Are these CEOs being paid to expand their companies, grow the real economy and create good-paying jobs? Apparently not. According to the Federal Reserve, U.S. corporations held a record $1.93 trillion in cash on their balance sheets. A lack of business investment is one reason that more than 14 million Americans remain unemployed.

During the past decade, CEOs of the largest American companies received more in compensation than ever before in U.S. history. They supposedly deserved this money for increasing stock prices. Did they? On Dec. 31, 2010, the S&P 500 Index closed 19 percent below its high on March 24, 2000.

Over the past decade, shareholders—including workers—lost trillions of dollars in retirement savings through the collapse of the Internet stock bubble and the corporate accounting scandals at Enron and other companies. More recently, shareholders have suffered further declines from the bursting of the real estate bubble and the Wall Street financial crisis.

While CEO pay is still out of control on Wall Street and in the rest of Corporate America, shareholders now have new tools to fight back. CEOs must now give their shareholders a “say on pay,” thanks to the Dodd-Frank Wall Street Reform and Consumer Protection Act that President Obama signed in July 2010.

Starting in 2011, shareholders of publicly traded companies are required to be given a say-on-pay vote on executive compensation. Although these votes are not binding, they will encourage boards of directors to reform their companies’ executive compensation. No CEO wants to suffer the embarrassment of shareholders voting against their pay.

As a result, companies are under pressure to eliminate practices that are red flags for investors. Tax gross-ups, golden parachutes, corporate jet travel, preferential pensions and perquisites unrelated to performance are now under the microscope. Compensation is becoming more long-term and linked to measurable performance.

The Wall Street Reform Act also provides other protections for investors. Board of Directors’ compensation committees now must consist entirely of independent directors. Financial companies must ensure that their incentive pay plans do not create excessive risk.

But CEOs are pushing back. They particularly dislike the requirement that companies disclose to investors the pay disparity between the CEO and the typical worker. Congress required disclosure of this information because investors are concerned about growing CEO pay and its impact on pay disparities within companies.

mardi 5 juillet 2011

Chance

Philippe Gabilliet est professeur (affilié, puis associé) en comportement organisationnel à ESCP Europe depuis 1995. Il intervient dans les domaines de la prospective managériale, du développement du leadership et du management interculturel, particulièrement sur l’Asie Orientale. Il enseigne aussi au CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers, Paris), et à HEC Genève (Suisse) et est impliqué dans plusieurs programmes développés en Chine ou au Maghreb.
Très actif dans les programmes de formation destinés aux managers et dirigeants, il est depuis 2004 le directeur académique du European Executive MBA. Il assure de même la direction ou la co-direction pédagogique des programmes de spécialisation "Diriger & Motiver", "Manager et Coach" ainsi que "Profession Manager", en formation continue. Un autre aspect important de son activité est l’animation de sessions de formation pour managers et dirigeants d’entreprises européennes ou internationales telles que : Sanofi-Aventis, Société Générale, Auchan, EDF, Areva, Arcelor-Mittal ou KPMG.
Avant de débuter une carrière académique, Philippe Gabilliet a co-fondé dans les années 80 la société de conseil Forces Vives (Groupe IPC) dont la mission était l’accompagnement stratégique de grandes entreprises dans leurs stratégies de développement commercial. Il a ensuite dirigé, au début des années 90, le service de l’action commerciale de CPN Assurances.
Il est l’auteur et l’adaptateur de plusieurs ouvrages dans les domaines du management et du développement professionnel, parmi lesquels :
  • Comportements organisationnels, Pearson Education, 2006 (traduit et adapté de Robbins & Judge, Organizational Behaviour)
  • Management : l’essentiel des concepts et des pratiques, Pearson Education, 2004 (traduit et adapté de Robbins & DeCenzo, Fundamentals of Management)
  • Savoir anticiper : les outils pour maîtriser son futur, ESF Editeur, 1999.
  • Se former soi-même. Les outils de l’autoformation, ESF Editeur, 1997.
Philippe Gabilliet est Docteur en Sciences de Gestion, diplômé de 3ème cycle en Analyse Politique Approfondie et Diplômé de Sciences-Po Bordeaux.
Il est né à Bordeaux (France) en 1958. Il est marié et père de deux enfants. 




 

The Speed of Trust


↓ Trust = ↓ Speed ↑ Cost



La taille du pénis se lit-elle dans les doigts ?

Rares sont celles et ceux qui n’ont jamais reçu de pourriel pour telle petite pilule bleue à effet turgescent ou telle méthode pour augmenter la taille du pénis. C’est à croire que la Terre ne tourne pas autour du Soleil mais autour du membre viril (et je ne parle ici ni de l’affaire DSK, ni des mariages princiers, ni des grossesses présidentielles). Comme je suppute qu’il y a dans cet organe de quoi en intéresser plus d’un(e) et que, visiblement, la taille semble avoir son importance, voici un petit truc scientifique pour se donner une idée de la chose sans baisser culotte.

Tout tient dans la main. Dit comme ça, on a sans doute l’impression que je vais me lancer dans quelque apologie de l’onanisme. Non, ce que je veux dire, c’est que la main donne des indices sur la taille du pénis. Contrairement à ce que les chiromanciennes espèrent, rien ne se lit dans les lignes de la main car dans “ligne de vie”, vie s’écrit avec un “e” au bout et non pas avec un “t”. Autre cliché déçu : on n’apprendra rien non plus en mesurant le majeur tendu. Il faut plutôt s’intéresser aux deux doigts qui l’encadrent, l’index et l’annulaire, et plus précisément au rapport entre leurs deux longueurs (taille de l’index divisée par celle de l’annulaire). En effet, depuis la publication d’une étude en 1998, on pense que ce ratio digital est corrélé aux hormones sexuelles. Dès le XIXe siècle, les médecins avaient noté que ce rapport était plus faible chez les hommes que chez les femmes : les mâles de l’espèce Homo sapiens ont, beaucoup plus souvent que leurs compagnes, l’index nettement plus court que l’annulaire. Ce dimorphisme sexuel est déjà présent in utero. Les chercheurs estiment, sans en être complètement certains, qu’il pourrait s’agir là d’un indice du taux d’exposition prénatale aux androgènes. Pour le dire clairement, ils pensent que plus le fœtus a fabriqué d’hormones androgènes, plus cela se verra dans le rapport entre ces deux doigts. En effet, le développement des membres (y compris celui des doigts et des orteils) est contrôlé par les mêmes gènes que ceux qui s’occupent du développement du système génital.

Et la taille du pénis dans tout cela ? Dans une étude qui paraît ce lundi 4 juillet dans la revue Asian Journal of Andrology, une équipe de chercheurs sud-coréens montre qu’une corrélation existe entre la longueur du sexe masculin et ce ratio digital. Plus la différence entre les deux doigts est marquée, plus le pénis est grand en moyenne. A l’inverse, si l’index a tendance à rivaliser avec l’annulaire, le sexe sera en moyenne plus petit. Les auteurs de l’étude ont travaillé sur la longueur du sexe au repos (flaccide pour les puristes) et sur celle du sexe “étiré”. La mesure du pénis étiré permet en effet d’avoir une bonne estimation de la taille du sexe en érection. Pour les curieux qui s’interrogent sur les conditions de l’expérience, je précise que les cobayes étaient des hommes venant se faire opérer à l’hôpital. On leur a demandé s’ils étaient d’accord pour que l’on procède à cette “manipulation” une fois anesthésiés. 144 ont donné leur consentement, prêts à payer de leur personne pour l’avancement de la science… On a également mesuré leur ratio digital sur la main droite qui, pour une raison encore inconnue, montre des différences plus marquées que la main gauche.

A celles et ceux à qui l’objet de ce billet importe et qui veulent passer à la pratique, je propose donc un petit exercice avec des photos de personnages anonymes que j’ai sélectionnées sur la Toile. Pour le sérieux de l’expérience et qu’il n’y ait pas de biais lié à l’origine ethnique, j’ai choisi des hommes que les Américains qualifient de “caucasiens”. Munissez-vous donc d’une règle et d’une calculatrice, et dites-moi lequel de ces messieurs est, en théorie, le mieux pourvu par la Nature…

S’agit-il de A ?

S’agit-il de B, qui n’a pas l’air d’avoir bien compris l’expérience ?

Ou s’agit-il de C (une seule main suffira, cher Monsieur, vous n’avez qu’un pénis, non ?) ?

Changez d’ère : l’impact de l’homme sur la planète



Cette représentation de la Terre, faite par l’anthropologue Félix Pharand, montre les zones urbaines, les routes commerciales, les réseaux aériens et routiers. On peut voir l’étendue de l’impact que l’homme a sur la planète.

D’ailleurs, nous avons un impact si important que les scientifiques pensent débuter une nouvelle ère géologique : l’anthropocène.

Le nom de cette nouvelle ère (anthropo- signifie « être humain ») fait référence à l’effet des humains sur les écosystèmes terrestres. Normalement, les ères sont liées à des événements naturels qui définissent les différentes périodes de glaciation ou de réchauffement. Là, l’action de l’homme serait devenue prédominante comparée aux autres forces qui définissaient les changements d’ères.

L’anthopocène pourrait devenir le nom officiel de notre ère l’an prochain à Brisbane en Australie lors du 34eme congrès international de géologie.

Qu’en pensez-vous ? [Globaia]

Ce qui se passe sur internet pendant 60 secondes

Le trafic IP va crescendo à une vitesse phénoménale. Mais que se passe-t-il durant 60 petites secondes sur le net ? Attention, vertige assuré.


Durant chaque minute qui s’écoule, ce sont 168 millions d’emails qui sont envoyés. Mais Internet, ce sont aussi les réseaux sociaux, à commencer par Facebook avec presque 700 000 mises à jour de statuts et presque 80 000 publications sur les murs. 98 000 tweets partent également sur la toile tandis que 320 nouveaux comptes twitter sont ouverts. Pêle-mêle, ce sont aussi 600 vidéos qui sont postées sur youtube, l’équivalent de 25 heures, ainsi que 694 445 recherches sur Google qui sont effectuées…

Cartographie de la blogosphère politique : la méthodologie



Le Monde et Le Monde.fr publient lundi 30 juin la version 2011 de la cartographie de la blogosphère politique, réalisée par l'institut Linkfluence, dans le cadre du partenariat Politicosphère, en vue de l'élection présidentielle.

Comment est construite la carte ?

La "cartographie de la blogosphère politique" est née en 2007, en vue de la présidentielle. Pour représenter les blogs, Linkfluence a choisi une méthode informatique : ils ont repéré une série de sites importants et ont ensuite demandé à des "robots" d'explorer les liens entrant ou sortant de ces sites.

Le corpus ainsi obtenu a ensuite été mis à jour de façon continue, jusqu'à aujourd'hui. Et réparti en affinités politiques (gauche, droite, libéraux, extrême-droite...). La cartographie présentée montre les blogs et sites liés à la famille "extrême droite".

Comment lire la carte ?

Chaque point correspond à un blog ou un site. Cliquer dessus affiche son nom et ses liens entrant et sortant. La position de chaque site dépend de ses liens avec d'autres sites : plus deux sites ont de liens en communs, plus ils sont proches.

Les sites ayant une position centrale sur la carte sont ceux qui bénéficient du plus grand nombre de liens, les autres ayant une position plus périphérique. Cette approche permet de dessiner automatiquement une représentation spatiale dans laquelle on distingue, pour chaque famille politique, des “groupes communautaires” plus resserrés.

Que cherche à montrer la carte ?

Le but de cette carte n'est pas d'élaborer “à la main” une représentation exhaustive de la blogosphère militante. Mais de dessiner empiriquement, à partir des liens entrants et sortant vers les blogs militants de toutes les familles politiques françaises, une représentation graphique qui montre leurs proximités et leurs affinités.

Grâce à cette carte, on voit apparaître des sites influents. Et des groupes d'affinités qui recoupent en partie des affinités politiques : proche du parti Front national, identitaires, etc.

Comment la carte a-t-elle évolué ?

En comparant les cartes de 2007, 2009 et 2011, on constate une évolution, notamment la contraction de la sphère de la droite et l'extension relative de l'extrême droite. On voit aussi la contraction de la blogosphère politique avec la fin d'un certain nombre de blogs, devenus inactifs depuis la campagne de 2007, ou car leurs auteurs ont choisi d'autres médiums, essentiellement les réseaux sociaux (Facebook, Twitter).

De plus, en 2007 et 2009, Linkfluence avait choisi d'intégrer dans son corpus, une famille de sites dits “commentateurs”, c'est à dire des blogs politiques mais pas ouvertement partisans. Ils ont été retirés en 2011 afin de mieux refléter la seule blogosphère militante.

De 2007 à 2011, l’évolution de la blogosphère politique

Par Guilhem Fouetillou, DG et cofondateur de linkfluence

Et si on vous permettait de voir le web ? Cela peut paraître bizarre mais ce territoire sur lequel nous passons tous de plus en plus de temps en naviguant de page en page, ne propose pas de carte qui nous permette de nous y repérer. A la place, nous l'arpentons laborieusement avec nos moteurs de recherche et nos listes d'adresses que nous gardons bien rangées dans nos signets.

Pourtant ce territoire, comme tout territoire, peut être cartographié. Imaginons une carte des liens et des contenus, d'un web "vu du dessus" qui laisserait apparaître les chemins d'une page à l'autre, d'un site à l'autre, qui nous permettrait de comprendre comment les acteurs par leurs publications se lient les uns les autres...

Cette carte du web, nous la construisons par morceaux depuis des années chez Linkfluence. Et nous nous sommes particulièrement intéressés à une région particulière : celle de l'arène politique militante qui se compose de centaines de sites d'hommes politiques, de partis, de militants, de sympathisants, d'observateurs engagés jouant le jeu médiatique de la notoriété, gloires locales, durables ou éphémères, tous participant de cet écosystème mouvant …

Pour inaugurer le projet "Politicosphere" avec Le Monde - qui nous permettra d'observer la présidentielle sur et vue du web d'ici à mai 2012 - nous avons décidé de commencer par publier trois cartes de Blogosphère politique, en remontant dans le temps jusqu'en 2007 au moment de la précédente présidentielle. Prendre ce recul historique, c’est montrer que si le web est l'espace de l'instantanéité, de l'immédiateté, il est aussi un lieu d'histoire qui garde trace de son passé.

NB : Ces cartes ne se lisent pas exactement comme des cartes traditionnelles, en cliquant sur l'icône "?" sur chacune vous avez accès à une explication détaillée de leur mode de construction.
4 éléments à retenir en résumé : les points sont des sites plus ou moins influents selon leur taille ; les arcs représentent des liens hypertextes reliant les sites entre eux ; les couleurs marquent l'appartenance politique et les sites ayant beaucoup de liens en commun sont proches, ceux qui en ont peu sont éloignés

En regardant ces cartes, on constate qu'après l'effervescence de la campagne de 2007 le web politique s'est contracté. Aujourd'hui, à l'approche de 2012, une nouvelle mobilisation se prépare déjà très visible du côté de l'extrême droite.

2007 : tous en ordre de bataille


Pour accéder à une version manipulable de la carte, il vous suffit de cliquer sur l'image.

2004 avait été aux Etats-Unis la première présidentielle du web. De véritables "phalanges" démocrates et républicaines s'étaient rencontrées sur le champ de bataille de la blogosphère pour livrer bataille et la domination en nombre des républicains fut, sur le web, aussi infime que celle qui permit à Georges W Bush de prendre la maison blanche ! 3 ans plus tard, on se préparait en France à se rendre aux urnes et ceci dans un pays où le taux de connexion à internet et d'accès au haut débit était un des plus importants d'Europe et du monde.

La carte de 2007 montre à quel point la présence sur le web fut un enjeu stratégique pour les partis politiques. En premier lieu pour le parti socialiste qui a vu sa présence exploser au moment de la course à l'investiture avec les multiples antennes locales de Désirs d'Avenir. Celles-ci sont venues dédoubler le maillage socialiste déjà existant assurant ainsi au parti une franche domination. On remarquera au nord ouest de la carte la communauté disjointe présentant les sites du parti radical.

Côté droite, deux blocs bien distincts, d'abord les libéraux autour du site alternative-liberale.fr, qui, à l'opposé de leur poids marginal dans le jeu politique, pesaient fortement sur la blogosphère politique en en faisant ainsi une rampe de lancement de leur stratégie de gain de visibilité. Puis l'UMP, jouant le jeu de l'unité pour 2007 bien que la carte montre clairement la séparation entre Sarkozystes et Villepinistes (situés dans le groupe d'une vingtaine de sites et blogs les plus au sud de la carte). Troisième force en présence, l'UDF avec 17,7% des sites, tous bien rassemblés autour du site udf.org mais lançant aussi d'importantes passerelles vers les sites de droite. Le restant de la carte se distribue entre les écologistes divisés et dispersés (verts, cap21 et génération écologie formant alors chacun une communauté), l'extrême gauche montrant une faible présence et enfin l'extrême droite plus petite force politique sur la carte.

Le web politique de 2007 se caractérise par son organisation compétitive et sa très forte polarisation. Chaque parti tente d'occuper le terrain et les stratégies de citation, de référencement mutuel, de réplication font flores au sein de chaque famille mais peu entre les familles ne facilitant ainsi pas la circulation et le débat. Celui-ci fut d'ailleurs orchestré par une multitude de sites d'analystes, de commentateurs, d'éditorialistes non militants qui ne sont pas présentés sur cette carte (on comptait parmi les plus centraux en 2007, le site netpolitique, le blog de Versac-Nicolas Vanbremeersch , ceux de Guy Birenbaum et Daniel Schneidermann ou encore le site de critique des médias Acrimed).

2009 : hors saison...

Deux ans plus tard, le web continue à croître et ceci à tous les niveaux, taux de pénétration, qualité des connexions, temps moyen passé, diversité des usages... Et pourtant la carte de la Blogosphère de 2009 propose 40 % de sites de moins passant de 1755 à 1059 ! Ceci est peut être contre-intuitif mais c'est une réalité, deux ans après l'élection de Nicolas Sarkozy, le web politique est retourné à un rythme en apparence plus routinier, les militants engagés uniquement autour de l'échéance présidentielle ayant disparu.

Seuls restent les plus investis, ceux privilégiant le débat politique, l'échange, la contradiction et à ce jeu même si c'est toujours le parti socialiste qui renforce sa domination sur cette carte, c'est l'arrivée du Modem qui est à retenir dans la carte de 2009. Le mouvement démocrate présente une intensité d'interactions, d'échanges importante au regard de sa taille, il réalise ensuite un mouvement de décalage se démarquant clairement de l'UMP et augmentant l'intensité de ses échanges avec les sites de gauche ; enfin il écrase en présence, visibilité et activité les quelques sites rescapés du nouveau centre difficilement situés entre l'imposante UMP et le critique Modem.

La droite présente toujours une triple partition libéraux, sarkozystes, villepinistes, l'écologie reste dispersée. L'extrême droite croît sensiblement : mais on y remarque surtout le site Fdsouche, au sommet de cette communauté, devenu premier site d'extrême droite de la carte.

2011 : un nouveau front

2 ans plus tard encore, la blogosphère politique fait toujours à peu près la même taille. Il faut dire que le blog n'est plus le seul moyen d'expression des militants politiques. Facebook depuis la campagne de Obama en 2008 est devenu le lieu de mobilisation des foules, l'endroit où l'on invite chacun à "liker" ou marquer son soutien d'un commentaire expéditif. Twitter permet aux veilleurs attentifs de partager le fruit de leurs trouvailles sans avoir à maintenir un blog.

Les blogs eux se spécialisent comme un lieu d'expertise pour influenceurs produisant du contenu avec attention et régularité. Ils en deviennent d'ailleurs d'autant plus intéressants à observer comme lieu de fabrique de l'opinion prolongeant l'espace médiatique traditionnel.

En 2011 donc, la blogosphère politique présente les mêmes caractéristiques qu'en 2009 à une exception près : la croissance de l'extrême droite. En deux ans, elle a quasiment doublé son espace d'influence faisant reculer la totalité des autres couleurs politiques (à l'exception de l'écologie en légère progression !). Elle se présente aujourd'hui comme une zone incontournable du web politique en France proposant sa propre (re)lecture de l'actualité avec ses sites stars (fdsouche, le salon beige...) , ses propres "agences de presse" (novopress) et évidemment ses sites de partis (front national et front national jeune). C'est d'ailleurs à cette galaxie que Le Monde et Le Monde.fr consacrent ce lundi 4 juillet un dossier s'appuyant sur la carte que nous commentons ici et annonçant le partenariat Politicosphere entre Linkfluence et le journal.

Les familles de l'extrême droite sur le Net



Le poids de l'extrême droite s'accroît sur le réseau. Le Monde.fr publie, avec Linkfluence, une carte de la blogosphère nationaliste. Quelles sont les différents courants qui la composent ? Tour d'horizon des familles qui composent cette nébuleuse.

Les néoconservateurs

Ils sont à la lisière entre la droite et l'extrême droite. Ultra-libéraux économiquement, se réclamant souvent de l'ancien président des Etats-Unis Ronald Reagan, ils soutiennent que l'Occident a une mission civilisatrice. Proches des blogs et site se réclamant du choc des civilisations, ils soutiennent la ligne dure de la droite israélienne dont ils considèrent que c'est un avant poste dans un moyen-orient islamisé.

Choc des civilisations

Les attentats du 11 Septembre 2001 a fourni une nouvelle grille de lecture : " le racisme hiérarchisant a laissé la place à un racisme culturaliste qui tient plutôt à la théorie du choc des civilisations ", selon le mot de Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite. Une partie de l'extrême droite s'y est engouffrée, se focalisant sur l'islam, et sur son incompatibilité supposée avec les valeurs qui sont censées fonder l'espace européen. Pour les plus virulents l'interdiction de l'expression de l'islam en Europe est une nécessité.

Les identitaires ethno-différencialistes

Le courant identitaire promeut une vision "ethodifférencialiste", totalement opposé au métissage et violemment anti-islam. Il a pour horizon une grande Europe des "patries charnelles" qui se résume, in fine, à une Europe-continent blanc.
Le Bloc identitaire est, dans cette famille, la formation politique qui fait le plus parler d'elle. C'est aussi l'un des plus actives sur leNet.
Pour ses militants, le Net est une arme politique de première importance et ils entendent l'utiliser au maximum : ils multiplient ainsi les vitrines, en visant des publics précis, ce que montre la cartographie de Linkfluence. Avec cependant une limite : les liens entrants et sortants de chaque site restent cantonnés à leur sphère s'influence.

Les Nationalistes révolutionnaires

Les Nationalistes révolutionnaires (ou NR) se vivent à la fois comme nationalistes, anticapitalistes (sans la lutte des classes) et anticommunistes, anti-américains par rejet du système libéral et du "cosmopolitisme". Ils sont également violemment antisionistes.

Sur la carte de Linkfluence, ils sont éparpillés un peu partout. L'association Egalité et Réconciliation d'Alain Soral peut sans problème être rattaché à cette mouvance et est un cœur de trafic sur le net. Absent de la cartographie, le site VoxNR de Christian Bouchet, cadre régional du FN, est le site référence de cette famille.

Le Front national a mis du temps avant d'investir la Toile, mais c'est la force en progression. Autour du site du parti et de Nations presse info, dévoué à la cause de Marine Le Pen, les lepénistes ont essaimé un très grand nombre de blogs. Cette multiplicité n'implique pas la fréquentation mais assure néanmoins une diffusion des idées frontistes sur la toile. Consciente de l'importance du Net, Marine Le Pen a mis en place depuis janvier 2011 une " cellule de veille " sur Internet, composée de deux jeunes pousses du FN. Cette cellule est chargée de repérer les sujets qui montent et dont le parti d'extrême droite pourrait s'emparer.

Les Catholiques traditionalistes et intégristes

Si, en nombre, les blogs et sites catholiques ne sont pas très nombreux, certains sont très influents à l'extrême droite, comme le Salon Beige, le site de Bernard Anthony, ancien cadre du FN, ou encore E-deo, absent néanmoins de la cartographie de Linkfluence. Ils ne partagent pas tous la même idéologie. Si le socle commun est d'être hostiles à Vatican-II, homophobes, opposés à l'avortement, à l'euthanasie, et à la République, certains versent clairement dans un antisémitisme des plus virulents et obsessionnels. C'est le cas de deux sites, les Intransigeants – aujourd'hui disparu – et de Contre-info.com, émanation du Renouveau Français, un groupuscule contre-révolutionnaire, pétainiste et antisémite.