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dimanche 9 septembre 2012

Goldman Sachs, la banque qui fait peur

Vous vous souvenez de ce trader français employé par Goldman Sachs, Fabrice Tourre ? Il a été l’un des seuls à répondre des pratiques frauduleuses de la banque devant la justice américaine.


Goldman Sachs : un cadre supérieur claque la... par euronews-fr


Vous avez aussi en mémoire le début de la crise grecque ? Mais avez-vous retenu le lien entre les deux ? 

Ce mardi 4 septembre, Arte diffuse un documentaire qui déshabille « la banque qui dirige le monde », et rappelle les liens qu’entretient Goldman Sachs avec les dirigeants américains et européens. Pour questionner l’indépendance des décideurs.

Goldman prête à la Grèce... sous le comptoir

Souvenez-vous, c’était le 1er janvier 2001. La Grèce intègre l’Union européenne. Les Grecs achètent, empruntent, dépensent. Les banques accordent des prêts bon marché à des foyers qui ne peuvent pas se le permettre.

Un homme déguisé manifeste devant le siège de Goldman Sachs, à San Francisco, contre un « swap » de taux d’intérêt qui affecte la ville d’Ockland, en juillet 2012 (Justin Sullivan/AFP)
Les lendemains de fête sont douloureux, rappellent les réalisateurs dans « Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde ». La dette publique dépasse 100% du PIB, alors qu’elle ne doit pas aller au-delà des 60%. Comment réduire cette dette pour devenir un bon élève, demandent Jérôme Fritel et Marc Roche, le correspondant du Monde à Londres ? Mais ils connaissent la solution retenue :
« Une piste se dessine : manipuler les emprunts en devises étrangères pour faire baisser artificiellement les statistiques. Dans le jargon de Wall Street, on appelle cela un “swap” de devises. C’est une opération dite OTC, “over the counter”, sous le comptoir, c’est-à-dire de gré à gré. Une opération fantôme. »


Extrait de "Goldman Sachs, la banque qui dirige... par rue89



« Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde » le Jérôme Fritel et Marc Roche
(L’extrait est tiré d’un DVD de travail, qui présente des images tronquées.)

L’Union européenne savait-elle ?

Que savait l’Europe de ce tour de passe-passe qui a permis d’effacer 3 milliards d’euros de la dette officielle grecque ?
Mario Draghi dirige aujourd’hui la Banque centrale européenne. Il a aussi été l’un des vice-présidents de Goldman Sachs. Entre 2002 et 2003, juste après le « maquillage des comptes publics grecs », poursuit le reportage. Que savait Draghi ?
Surtout, il n’est pas le seul ancien de Goldman à exercer aujourd’hui des responsabilités à la tête de l’Union européenne. Les réalisateurs ont dressé la liste, impressionnante : Mario Monti, Romano Prodi, etc.


Extrait de "Goldman Sachs, la banque qui dirige... par rue89



Extrait de « Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde » de Jérôme Fritel et Marc Roche
(L’extrait est tiré d’un DVD de travail, qui présente des images tronquées.)
Aucun des responsables cités n’a voulu répondre aux journalistes.

« Ne me posez pas la question, d’accord ? »

Jean-Claude Trichet est le seul dirigeant du monde bancaire international à avoir accepté de les recevoir. L’ancien directeur de la BCE leur accorde une interview bien surprenante, qui amène à se demander si la fin du règne de Goldman est vraiment proche.
Le journaliste Marc Roche demande :
« Au sujet de Mario Draghi, ses critiques montrent du doigt son passage chez Goldman Sachs en disant qu’il y a là des questions éthiques qui se posent.
– Stop, je réfléchis. Je ne m’attendais pas à cette question.
– Non, prenez tout votre temps...
– Oui, mais moi je ne veux pas répondre. Donc vous ne me posez pas la question. On est bien d’accord ? »
Infos pratiques
« Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde », de Jérôme Fritel et Marc Roche
Arte, 4 septembre 2012, 20h50
Et « sur ARTE.tv gratuitement jusqu'au mardi 11 septembre 2012 ».

dimanche 19 août 2012

George Soros mise gros sur l’or: ces transactions indiquent-elles l’heure sur l’horloge de l’effondrement global?



Le milliardaire George Soros a vendu la totalité de ses participations dans les grands titres financiers selon un rapport déposé auprès de la SEC pour le trimestre se terminant le 30 juin 2012 .
Soros, qui gère des fonds par le biais de différents comptes aux États-Unis et dans les îles Caïmans, aurait vendu plus d’un million d’actions des sociétés financières et des banques qui comprennent Citigroup (420.000 actions), JP Morgan (701,400 actions) et Goldman Sachs (120.000 parts ). La valeur totale des ventes d’actions s’élève à près de 50 M $.
Dans le même temps qu’il vendait ses valeurs bancaires, il a fait l’acquisition de quelques 884.000 parts (environ 130 millions de dollars) d’or par l’intermédiaire de la Fiducie d’or SPDR.
Pourquoi jeter plus d’un million d’actions dans les grandes banques et acheter plus de 100 millions de dollars d’or?
Voici une citation faite par Soros, dans le Newsweek Magazine de janvier 2012, qui en dit long sur la “bulle” qui risque d’éclater à tout moment:
“Je ne suis pas ici pour vous remonter le moral. La situation est grave et difficile comme jamais je l’ai vue dans ma carrière .
Nous sommes confrontés à une période extrêmement difficile, comparable à bien des égards aux années 1930, à la Grande Dépression. Nous sommes confrontés aujourd’hui à un repli général dans le monde développé qui menace de nous mettre dans une décennie de stagnation ou pire. Le meilleur scénario est un environnement déflationniste. Le pire scénario est un effondrement du système financier. “

mercredi 28 décembre 2011

La liste des 50 établissements qui possèdent le plus de dette française

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La dette a atteint un niveau de 1.688 milliards d'euros en septembre 2011. Mais à qui cette dette est-elle remboursée ? Voici la liste des 50 établissements qui détiennent le plus d'obligations souveraines Françaises, selon les données collectées par Reuters.

La dette a atteint un niveau de 1.688 milliards d'euros en septembre 2011. Mais à qui cette dette est-elle remboursée ? Voici la liste des 50 établissements qui détiennent le plus d'obligations souveraines Françaises, selon les données collectées par Reuters.

1 AXA Investment Managers Paris ( France)
2 Allianz Global Investors France SA (France)
3 MMA Finance (France)
4 CM-CIC Asset Management (France)
5 BNP Paribas Asset Management SAS (France)
6 CNP Assurances ( France)
7 Amundi ( France)
8 Covéa Finance SAS (France)
9 Matmut (France)
10 AEGON Investment Management B.V. (Pays-Bas)
11 Fideuram Asset Management (Irlande)
12 Pioneer Investment Management (Irlande)
13 Groupama Asset Management (France)
14 Pacific Investment Management Co. (Etats-Unis)
15 Suravenir (France)
16 Natixis Assurances ( France)
17 Swiss Life (France)
18 MAAF (France)
19 Natixis Asset Management (France)
20 Eurizon Capital SA (Luxembourg)
21 UBS Global Asset Management (Suisse)
22 Standard Life Investments Ltd (Royaume-Uni)
23 MACSF (France)
24 Lyxor Asset Management (France)
25 Crédit Suisse Asset Management (Suisse)
26 State Street Global Advisors UK Ltd (Royaume-Uni)
27 Monceau Assurances ( France)
28 BNP Paribas Investment Partners (Royaume-Uni)
29 Union Investment Privatfonds GmbH (Allemagne)
30 BlackRock Global Investors (Royaume-Uni)
31 Malakoff Médéric ( France)
32 Dexia Asset Management Belgium SA (Belgique)
33 Scottish Widows Investment (Royaume-Uni)
34 La Banque Postale Asset Management ( France)
35 ING Investment Management B.V. ( Pays-Bas)
36 ING Investment Management Belgium (Belgique)
37 Kokusai Asset Management Co Ltd (Japon)
38 Pioneer Investments Austria GmbH (Autriche)
39 MACIF Gestion (France)
40 ERSTE-SPARINVEST (Autriche)
41 Deka Investment GmbH (Allemagne)
42 Vanguard Group Inc, The (Etats-Unis)
43 DWS Investment GmbH ( Allemagne)
44 La Française des Placements (France)
45 Legal & General Asset Management (France)
46 Insight Investment Management (Royaume-Uni)
47 Halbis Capital Management (France)
48 KBC Asset Management SA (Luxembourg)
49 JPMorgan Asset Management Ltd (Royaume-Uni)
50 BNP Paribas Luxembourg SA Luxembourg

note : cette liste ne comprend pas les institutions comme les banques centrales, qui n'ont pas à signaler leur portefeuille aux régulateurs.

mercredi 16 novembre 2011

Goldman Sachs sauve l'Europe

Il y a de cela 3 jours, le vieux président italien chargeait Mario Monti de constituer un nouveau gouvernement. Le mot d'ordre : sauver l'Italie.

Voici, déjà, ce qu'en disent les commentateurs : « une personnalité sérieuse et respectée, négociateur habile et intransigeant, fin technicien, grand connaisseur des marchés financiers, etc., etc., etc.). On se demande où il se cachait jusqu'à présent.

Je crois que c'est au même moment que Lucas Papademus a été appelé au secours de la..Grèce. Vous l'auriez compris : on utilise les même termes élogieux pour le qualifier. Et voilà quelques colonnes de journaux remplies.

Bien.

Voyons maintenant les premières déclarations de ces super héros et de leurs entourages respectifs, ainsi que, pourquoi s'en priver, de quelques commentateurs et spécialistes, encore eux, bien informés et très qualifiés.

1. Lutte contre la spéculation (on l'entend à longueur de journée).

On comprend que la guerre est désormais déclarée contre Goldman Sachs et les autres.

2. Mesures draconiennes pour combler le trou béant des finances publiques .

On rappelle que Goldman Sachs conseille à ses clients de spéculer contre les dettes publiques, entre autres et surtout celle de la Grèce. La guerre leur est donc déclarée. On rappelle aussi que c'est Goldman Sachs qui a guidé et aidé les autorités grecques à masquer et falsifier l'état des finances publiques. Goldman Sachs fut nommée banquier conseil du gouvernement grecque au moment même où elle spéculait sur la dette du pays.

3. Séparation des activités de crédit, désormais très honorables, de celles d'investissement (très joli nom donné aux activités de spéculation). Ces dernières seront désormais soumises à des contrôles très stricts.

Goldman Sachs et les autres seront désormais sous la tutelle des gouvernements.

Inutile et dresser toute la liste, c'est fastidieux et sans intérêt.

Il y a cependant un « petit » hic ! Savez-vous quel est le trait commun entre Monti et Papademus ? Ils sont tous les deux des anciens de...Goldman Sachs. Trait d'union entre Mario Monti et Lucas Papademus

N'est-ce pas fabuleux ?

Des pompiers pyromanes, en quelque sorte.

Le triomphe des financiers spéculateurs n'a jamais été aussi complète.

Réjouissons-nous...tout va bien

Goldman Sachs, le côté obscur de Draghi et Monti

Voici un intéressant article d'Enzo Di Frenna paru dans "Il fatto Quotidiano" à propos des relations entre deux personnalités italiennes de premier plan, à savoir le tout nouveau premier ministre italien Marion Monti, et le directeur de la BCE récemment nommé, Mario Draghi, et la banque d'affaires américaine Goldman Sachs.

—GV (co-éditorialiste de ReOpenNews)

Ces jours-ci, Le Monde a écrit que Goldman Sachs représentait le « côté obscur » de Mario Draghi, l’ex-gouverneur de la Banque d’Italie et actuel président de la BCE. Il convient d’appliquer cela également à Mario Monti. Voyons pourquoi. Goldman Sachs est la plus puissante banque d’affaires américaine, elle conditionne les marchés et les gouvernements. Les propos du trader indépendant Alessio Rastani n’étaient que pure vérité, lorsqu’il profita d’une interview de la BBC pour déclarer que « ce ne sont pas les gouvernements qui dirigent le monde, c’est Goldman Sachs qui le dirige ». Dans le film « Inside Job » du réalisateur Charles Ferguson, la banque d’affaires apparait clairement comme l’un des protagonistes de la crise économique survenue en 2008 aux États-Unis.


Je raconte cette histoire en détail sur mon blog ici.


Mais il est intéressant de noter comment les hommes de Goldman Sachs ont assumé des fonctions importantes dans l’administration US, jusqu’à en arriver aux rôles de premier plan. Sous d’administration Clinton, l’ex-directeur de Goldman Sachs, Robert Rubin, est devenu Sous-secrétaire au Trésor.

En 2004, Henry Paulson, administrateur délégué de Goldman Sachs, fit approuver à la Commission des titres et des échanges une augmentation de la limite du taux d’endettement, permettant ainsi aux banques d’investissement de pratiquer de nouveaux prêts pour de futures manœuvres spéculatives. En 2005, Raghuram Rajan, chef économiste du Fonds monétaire international (2003-2007) publia un rapport dans lequel il annonçait la possibilité que les sociétés financières, au travers des risques énormes qu’elles prennent pour réaliser des profits non moins gigantesques, pourraient bien faire s’écrouler le système économique tout entier.

Dans les six premiers mois de 2006, Goldman Sachs vendit 3,1 milliards de dollars en CDO (Collateralized Debt Obligation) et au cours de cette période, l’administrateur délégué était précisément Henry Paulson. Le 30 mai 2006, George W. Bush le nomma secrétaire au Trésor, et il fut contraint de vendre ses actions de Goldman Sachs, empochant au passage 485 millions de dollars (et il ne paya aucune taxe grâce à une loi promulguée par George Bush père).

En avril 2010, les dirigeants de Goldman Sachs furent contraints de témoigner devant le Congrès américain : Daniel Sparks, ex-chef du département des emprunts chez Goldman Sachs (2006-2008) dut s’expliquer sur certains emails dans lesquels il qualifiait certaines transactions comme « des affaires de m…. ». Fabrice Tourre, directeur exécutif des produits structurés chez Goldman Sachs vendit des actions qu'il définissait lui-même comme de la "daube". Llyod Blankfein, président de Goldman Sachs, et David Viniar, vice-président exécutif, durent admettre, sous les questions pressantes du sénateur Carl Levin, qu’ils savaient pertinemment qu’ils vendaient de la m…. .

Malheureusement, même Barack Obama a renforcé le pouvoir des banques d’affaires. Le nouveau président le la Federal Reserve Bank de New York (actionnaire principal de la Fed) s’appelle William Dudley ; c’est l’ex-chef économiste de Goldman Sachs (celui qui en 2004 faisait les louanges des produits dérivés). Le chef du personnel du Département du Trésor s’appelle Mark Patterson, c’est un ancien lobbyiste de Goldman Sachs. À la tête de la Cfct (Commodity Futures Trading Commission), on trouve Gary Gensler, un ancien dirigeant de Goldman Sachs qui a contribué à empêcher la régularisation des produits dérivés.

En Europe aussi, Goldman Sachs opère dans la durée. En 1999, la Grèce ne remplissait pas les critères d’entrée dans l’Euro. Et donc, elle truqua les chiffres. Sur « PressEurope », Gabriele Crescente écrit : « En 2000, Goldman Sachs International, la filiale britannique de la banque d’affaires américaine, vend au gouvernement socialiste de Costas Simitis un "swap" en valeur qui permet à la Grèce de se prémunir contre les effets de change en transformant en Euros la dette initialement émise en dollars. Le stratagème permet à Athènes d’inscrire sa "nouvelle" dette en Euros et de l’exclure du bilan en le faisant tout simplement disparaître. Ainsi, Goldman Sachs empoche sa commission substantielle et alimente une fois de plus sa réputation d’excellente gestionnaire de la dette souveraine. »

Mais revenons à Mario Draghi. Entre 2002 et 2005, il fut vice-président et membre du Comité de direction mondial de Goldman Sachs. Autrement dit, cela correspond à l’exacte période aux USA au cours de laquelle les banques d’affaires se sont déchainées en matière de manœuvres spéculatives et ont ainsi creusé le gouffre qui s’est matérialisé en 2008, et qui s’est propagé au monde entier. Notre économiste italien n’avait vraiment pas connaissance de ces tendances ?

Mario Monti travaille lui aussi pour la banque d’affaires : depuis 2005, il est conseiller international pour Goldman Sachs et plus précisément, membre du Research Advisory Council du Goldman Sachs Global Market Institute. C’est-à-dire depuis que la crise économique mondiale a commencé à poindre. Je parlerai de tout cela dans une prochaine conférence gratuite.

Ces informations, malheureusement, ne figurent pas dans la presse italienne. Mais on les trouve sur Internet. Lors de la 2e émission de « Servizio Pubblico » [nouvelle émission sur le Web du célèbre présentateur Michel Santoro – NdT], le blogueur Claudio Messora a expliqué les relations entre Mario Monti et Goldman Sachs. Et il a mentionné un article de Milano Finanza qui – chose exceptionnelle – a révélé le rôle de Goldman Sachs dans l’augmentation du « spread » des titres italiens ces derniers jours. En l’espace de quelques minutes, sur Facebook, l’opinion des internautes répondant à un sondage on-line a changé : avant, ils voulaient que Monti soit nommé Président du conseil [premier ministre – NdT], mais après ces révélations ils ont changé d’avis. C’est bien la preuve que si le système d’information faisait son devoir, nous aurions moins de lobbies au pouvoir et plus de démocratie.

Enzo Di Frenna

Traduction GV pour AgoraVox

mardi 12 juillet 2011

Une bande organisée de spéculateurs cherche à faire tomber les pays de la zone euro

Edouard Tétreau, associé-gérant de Mediafin, conseil en stratégie, professeur à HEC, estime que le moment est venu de mettre les spéculateurs hors d'état de nuire.
Copyright Reuters
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Les écarts de taux entre l'Allemagne et l'Italie sont à des niveaux historiques. Pourquoi les marchés financiers s'attaquent-ils à ce pays ?

D'abord, ce ne sont pas "les marchés financiers", mais une bande organisée de spéculateurs, mobiles, bien armés et à ce jour anonymes, qui cherchent à faire tomber les pays de la zone euro les uns après les autres. Grâce aux efforts de la BCE et de l'Eurogroupe, cette bande a, à ce jour, raté son coup. Elle a même perdu de l'argent sur la Grèce qui n'a pas fait défaut, contrairement à ce que certaines agences de ratings, étonnamment complices, voudraient nous faire croire. Aujourd'hui, cette bande s'attaque à l'Italie, l'Espagne. Demain, ce sera au tour de la France. Le moment est venu demettreces spéculateurs hors d'état de nuire.

N'est-il pas un peu facile de désigner toujours les spéculateurs ?

Ce qui est facile, c'est de ne pas nommer les choses et de laisser faire. A l'heure actuelle, certains fonds d'investissements et établissements bancaires, américains, britanniques mais aussi européens - c'est un comble - ont un intérêt financier à mettre des pays européens en faillite. Ils le font en achetant des CDS sur les dettes européennes, en vendant des titres à découvert, en alimentant le marché de rumeurs, qui font les choux gras et les gros titres d'une certaine presse financière. La première mesure des autorités de marché et des dirigeants politiques doit être, au nom de la transparence des marchés, de forcer l'identification de ces spéculateurs. Quels fonds ont intérêt à faire tomber l'Europe ? Quels établissements arment ces fonds avec des prêts, ou des titres - parfois à leur insu ? Après avoir rendu public ce listing, il faut -vite- se donner les moyens de blacklister ces institutions. Au nom de quel masochisme devrait-on continuer de les laisser opérer sur le marché européen ? Nous sommes actuellement dans une guerre financière qui ne dit pas son nom. Elle réclame des mesures à la hauteur des enjeux. En résumé : une institution prise en flagrant délit d'attaque sur les dettes souveraines européennes doit se voir interdire l'accès aux marchéseuropéens. Ni plus, ni moins.Dans cette guerre, je suis pour le moins perplexe face à la myopie des marchés financiers, qui tirent quotidiennement sur la zone euro, oubliant que deux Etats souverains ont des finances publiques au moins aussi délabrées que la Grèce : la Grande-Bretagne (un déficit correspondant à 9% du PIB) et les Etats-Unis, qui pourraient faire défaut dans quinze jours sur leur dette, et qui ne savent pas s'ils vont faire 1.500 ou 1.700 milliards de dollars de déficits en 2011. La timidité des américaines agences de notation sur le sujet est aussi curieuse que leurs triple A sur les subprimesde 2008...

Qu'attendent les responsables politiques européens pour réagir ?

Je ne sais pas. C'est maintenant que ça se passe. Cet automne, il sera trop tard. Trois actions doivent être entreprises : 1. Dans les prochains jours, le listing et le "blacklisting" des institutions spéculant contre la zone euro. 2. Une initiative franco-allemande sur les marchés, par exemple un achat massif de dettes souveraines espagnoles et italiennes. Nos amis allemands le savent : si ces pays font défaut, leurs banques sautent. La solidarité européenne est aussi une bonne politique nationale. 3. Avant le 2 août prochain, date à laquelle les Etats-Unis auront atteint leur plafond de dette autorisé par la loi, nomination d'un ministre européen des finances ayant pour mission première la mutualisation des dettes nationales européennes. C'est l'heure de vérité de l'Europe : soit chacun se replie sur son pré carré national, et tout le monde est perdant ; soit nous sortons de la crise par le haut, avec une union fédérale budgétaire et fiscale, et donc politique.

Tout cela nécessite du temps ?

S'il a fallu quelques heures pour décider une opération militaire en Lybie, on peut se donner quelques jours pour endiguer la spéculation, et quelques semaines pour unir les forces des Trésors allemand, français, italien, espagnol. Après, nous aurons le temps de passer aux choses sérieuses : la remise en ordre de nos finances publiques, à commencer par la France ; la responsabilisation de l'Allemagne face à son engagement européen, notamment en termes de défense ; et la constitution des Etats-Unis d'Europe.

(*) Par ailleurs, fondateur du site www.etatsunisdeuropoe.com et auteur de "Quand le dollar nous tue" (Editions Grasset)