lundi 27 août 2012
La véritable histoire de ce qui se joue en Syrie
Ceci est la véritable histoire de ce qui se joue en Syrie.
La véritable histoire de ce qui se joue en Syrie par Solidarite_et_Progres
dimanche 19 août 2012
US report: Israel would weather nuclear war with Iran
WASHINGTON- All out nuclear war between Israel and Iran: a doomsday scenario that we all fear deeply. A new study compiled by the US Center for Strategic and International Studies (CSIS), headed by former Pentagon analyst Anthony H. Cordesman, explored just such a nightmare scenario, noting that it could lead to the death of between 16- 28 million Iranian civilians, and 200-800 thousand Israelis.
This hypothetical, research-oriented study also explored other contingencies for unconventional warfare in our region, noting the tactics that various countries could potentially employ in such instances.
As pertains to nuclear warfare, the study found that an Israeli nuclear scrimmage with Iran would most likely last for about three weeks. Aside from the aforementioned direct casualties, the study could not determine how many additional long-term casualties would arise from fallout and radiation in the weeks and months following such an attack.
One essential requirement for nuclear confrontation in our region, according to the study, is allowing Iran’s nuclear program to develop, unhindered by a pre-emptive strike by either Israel or the United States. If US or Israeli preemption does not occur, the study found, Iran could very well have 30 nuclear warheads available for warfare between 2010-2020. Israel, by comparison, currently has 200 nuclear war heads with both air and sea launch capabilities, according to the study.
Photo courtesy of csis.org
Given certain conditions, Israel could potentially survive such a nuclear scenario, the study found. Iran, on the other hand, would be completely and utterly obliterated. “Iranian recovery is not possible in the normal sense of term, though Israeli recovery is theoretically possible in population and economic terms,” wrote Cordesman, who compiled this study entitled “Iran, Israel, and Nuclear War”.
Israeli missiles have greater strike range
The bottom line, according to this study, is that Israel quite simply has more potent and effective bombs. Israel currently has a 1megaton (mt) nuclear bomb, whereas Iran does not yet have the ability to develop a bomb with more than 100 kilotons of power. What this means, in essence, is that the Israeli bomb can lead to three times as many casualties as its Iranian counterpart (chiefly due to third-degree burns), and has an “area of extreme lethality” (the range within which a nuclear bomb is fatal) ten-times as great.Which Israeli cities are most likely to be targeted by Iran? Tel-Aviv and central Israel (all the way down to Ashdod) are the most likely targets, as is Haifa. Israel, conversely, has more than 10 Iranian cities on its “hit list” including Tehran, Tabriz, Isfahan, Qazvin, Shiraz, Yazd, Kerman, Qom, Ahvaz, and Kermanshah.
Cordseman also noted that Iran would have lower fission yields, and less accurate force into cluster targeting on Israel’s two largest urban complexes, and that the Iranian side would also most likely be thwarted by Israel’s missile defense systems. Notable among these is the “Arrow 2” anti-ballistic missile which could most potentially shoot down most nuclear missiles launched by Iran.
Furthermore, Israel could strike Iran with far grater accuracy and precision, hitting its cities with deadly aim utilizing both its own satellites, as well as those of the United States.
The study also examined what would occur if Syria would join the Israeli-Iranian nuclear fray. Syria, Cordesman estimated, could kill an additional 800 thousand Israelis with missiles armed with chemical or biological warheads. The Syrian side, however, could suffer up to 18 million casualties should Israel respond with a nuclear strike.
If Egypt should join its Arab neighbors in battle, the study finds, Israel would most likely respond with a nuclear strike at Cairo and other major cities, as well as by destroying the Aswan dam.
dimanche 12 août 2012
Israël accélère ses préparatifs de défense
Les dirigeants multiplient les déclarations martiales et l'armée redouble d'activité.
Cette brusque montée de tension se reflète dans les sondages: 37 % des Israéliens estiment qu'un nouvel Holocauste est possible si l'Iran parvenait à se doter de l'arme nucléaire. Les médias relaient, il est vrai, des informations ayant de quoi sérieusement inquiéter la population. Un exemple: le quotidien Haaretza cité récemment des estimations de responsables du ministère de la Défense prévoyant qu'une attaque de missiles de l'Iran et du Hezbollah libanais, allié de Téhéran, provoquerait la mort de quelque 300 civils.
Construction d'installations souterraines
Les militaires sont sur le qui-vive. «Nous devons nous préparer à combattre sur plusieurs fronts à la fois», affirme le général Benny Gantz, le chef d'état-major. Détail important: le plus haut gradé est, selon tous les médias, hostile à une offensive israélienne contre l'Iran, de même que les dirigeants actuels du Mossad, et Shimon Pérès, le président.Pour contrer ces oppositions, Benyamin Nétanyahou proclame haut et fort que «dans une démocratie, c'est aux dirigeants politiques de décider et aux militaires d'exécuter». Il a également rappelé qu'en 1981 Menahem Begin, premier ministre de l'époque, avait rejeté les objections des militaires et des services de renseignements et donné l'ordre de détruire une centrale nucléaire construite par la France près de Bagdad.
Sur le terrain, l'armée met effectivement les bouchées doubles. Les batteries de missiles antimissile disséminées sur le territoire israélien vont être équipées dans les prochaines semaines d'un nouveau système améliorant leurs capacités d'interception en vol. Par précaution, les militaires ont décidé de répartir les stocks de munitions dans un plus grand nombre de bases afin que les pertes soient limitées en cas d'attaques ciblées de missiles. L'armée a également emmagasiné dans des usines civiles des dizaines de milliers de rations alimentaires de combat et d'autres équipements.
Les militaires ont aussi amélioré le réseau de routes logistiques afin que les troupes sur le front, notamment le long de la frontière avec le Liban et la Syrie, puissent être ravitaillées à temps. Pour compléter le tout, le ministère de la Défense a donné son feu vert à la construction de trois installations souterraines qui abriteront des stocks d'armes, de munitions, de carburants et des pièces détachées. L'ensemble sera fortifié afin de résister à des explosions de missiles.
Benyamin Nétanyahou, dimanche à Jérusalem. Crédits photo : POOL/REUTERS
dimanche 29 juillet 2012
Syrie : pourquoi Bachar el-Assad se battra jusqu’au bout
Enjeux nationaux, régionaux, confessionnels : plusieurs conflits se déroulent en un. Une complexité stratégique plus grande qu’en Tunisie, en Egypte ou en Libye.
Les événements de Damas ou Alep, deux métropoles restées largement absentes du soulèvement depuis seize mois, montrent une accélération du conflit en Syrie. Et, en creux, l’échec de l’approche diplomatique, enterrée par le double veto à l’ONU. Même si l’issue de ce conflit n’est pas nécessairement aussi proche qu’il y paraît.
Malgré son arsenal militaire et sa détermination à se maintenir au pouvoir par tous les moyens, le régime d’Assad n’a sans doute plus les moyens de gagner le bras de fer avec ses opposants ; mais ceux-ci, avec leurs divisions et leurs conflits internes, n’ont pas encore fait la preuve de leur capacité à l’emporter, et encore moins à présenter une alternance crédible.
Avec ou sans la chute du régime, l’instabilité pourrait ainsi durer longtemps en Syrie. Certains parlent d’années, avec son cortège de victimes civiles – déjà plus de 15 000 morts – et de populations déplacées – des centaines de milliers de réfugiés dans les pays voisins et déplacés à l’intérieur du pays.
Complexité syrienne
Les Alaouites, la communauté dont est issue Bachar el-Assad et qui constitue le cœur du pouvoir syrien, ont longtemps été les mal-aimés de la Syrie. Ne serait-ce que pour des raisons religieuses : issus du chiisme au sein de l’islam, ils étaient considérés aussi bien par les chiites que par les sunnites comme des hérétiques, jusqu’à d’opportunes cautions religieuses très politiques, provenant d’abord du grand mufti de Jérusalem Mohamed Amin al-Husseini, puis de l’imam irano-libanais Moussa Sadr avant sa disparition en Libye en 1978.
Le pouvoir syrien ne s’est évidemment jamais assumé comme alaouite. Il s’est confondu avec le parti pan-arabe Baas, né en 1947 et déconnecté de toute considération religieuse au point d’avoir été loué comme un modèle de laïcité pour le monde arabo-musulman.
Pouvoir alaouite
Mais la réalité en Syrie est la concentration du pouvoir, en particulier militaire et sécuritaire, et de plus en plus économique, autour de la communauté alaouite, même si celle-ci ne constitue que 11 à 12% de la population totale, tandis que les musulmans sunnites en représentent la majorité, au côté des autres groupes minoritaires (chiites, chrétiens, kurdes...).Vous savez que le climat est à la guerre civile lorsque les citoyens cessent de se référer à leur identité nationale – en l’occurrence syrienne – pour en revenir à leur identité communautaire : alaouite, sunnite ou chrétienne. Ce fut le cas en Yougoslavie avant le début de l’éclatement et de la guerre de 1991 ; c’est aujourd’hui le cas en Syrie, comme le racontent, par exemple, Florence Aubenas à Alep ce lundi, et le New York Times dimanche.
De ce fait, il ne suffit pas de faire sauter un homme ou un clan comme en Tunisie ou en Egypte. Les Alaouites, dans leur grande majorité (il y a de rares exceptions, comme l’écrivaine Samar Yazbek, exilée à Paris), sont aujourd’hui convaincus que s’ils perdent le pouvoir, il y aura des représailles, et qu’ils subiront, en tant que communauté, la vengeance des autres après des décennies d’exactions et de pouvoir despotique.
Les autres minorités – Kurdes, chiites, et surtout chrétiens – partagent peu ou prou ce sentiment, comme l’avait innoportunément exprimé la hiérarchie catholique d’Alep aux premiers temps du soulèvement populaire.
Un mini Etat-alouite ?
Autre signe qui ne trompe pas : le retour progressif de nombreux Alaouites vers leur région d’origine, au port de Tartous (qui abrite une base russe) et dans les montagnes, là où certains fantasment déjà sur la création d’un mini-Etat alaouite comme les Français, dans leur stratégie de diviser-pour-mieux-régner, l’avaient fait au début de leur mandat, dans les années 20.Ils durent y renoncer en 1936 sous pression de la bourgeoisie sunnite des villes, non sans qu’une pétition de protestation de dignitaires alaouites ne soit envoyée à Léon Blum, alors président du Conseil, notamment signée par... le grand-père de Bachar el-Assad.
Dans une « lettre de Tartous », le site Foreign Policy parle de plusieurs milliers de familles alaouites réinstallées dans cette région en fuyant les zones d’affrontements de Homs et d’ailleurs. Et en Israël, on se prépare officiellement au cas de figure improbable d’un afflux de réfugiés alaouites en cas de chute du régime Assad.
Ce contexte laisse à penser que le régime se battra jusqu’au bout, plutôt que le scénario « soft » d’un départ de Bachar el-Assad et de sa famille à l’étranger, ou d’un coup de force interne au régime dans l’espoir de sauver l’édifice en sacrifiant la tête, comme dans le précédent égyptien.
Une dimension stratégique
L’effet domino s’est arrêté là dans la vague révolutionnaire. En Libye, il a fallu l’intervention de l’Otan pour aider les insurgés de Benghazi à faire tomber le pouvoir de Kadhafi après quatre décennies ; à Bahrein, à l’opposé, la coalition d’intérêts régionaux a écrasé la contestation.
Quid de la Syrie ? On ne peut pas évoquer la seule dimension intérieure et sa complexité pour analyser l’avenir du soulèvement populaire.
Jeux d’alliances
La Syrie fait partie d’un tissus complexe d’alliances à l’échelle régionale et internationale qui en fait un enjeu de choix :- au Moyen-Orient, la Syrie est l’alliée de l’Iran et du Hezbollah libanais ; elle joue un rôle-clé dans la vie de son voisin libanais, pour son plus grand malheur, et dans l’éternel conflit israélo-arabe, en raison de l’occupation du plateau du Golan par l’Etat hébreu depuis 1967 ;
- au niveau international, elle bénéficie toujours de la protection bienveillante de la Chine et surtout de la Russie, deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU qui ont mis leur veto la semaine dernière à une résolution inspirée par les Occidentaux.
- le pouvoir d’Assad cherche d’abord à perpétuer son contrôle dictatorial du pays ;
- les Russes sont dans l’affirmation de leur puissance renaissante ;
- les puissances du Golfe qui soutiennent l’opposition, mènent, par Syriens interposés, leur éternel conflit avec l’Iran chiite ;
- la Turquie s’affirme comme nouvelle puissance régionale dans l’ancien empire ottoman.
Sans oublier, tout de même, que tout infréquentable qu’il soit, le régime baassiste a collaboré avec la CIA pour accueillir les prisonniers jihadistes ou supposés tels (exemple : le Canadien d’origine syrienne Maher Arar) soumis à la torture dans le programme de « rendition » de l’administration Bush, et que Bachar el-Assad trônait sur les Champs-Elysées pas plus tard qu’en 2008.
Etre du « bon côté » ?
Aujourd’hui, ils ont choisi d’appuyer politiquement, et sans doute en sous-main militairement, l’opposition syrienne, malgré ses divisions et ses contradictions, dans l’espoir de se trouver du « bon côté » du manche à l’heure du bilan.Le paradoxe est que les pays occidentaux se sont trouvés en porte-à-faux en Tunisie et en Egypte, et que lorsqu’ils ont pris l’initiative comme en Libye, ils n’en ont guère récolté les bénéfices.
En Syrie, ils avancent à pas mesurés : pas question, par exemple, de rejouer l’aventure militaire avec BHL, malgré les exhortations de ce dernier restées lettre morte. En revanche, les Occidentaux font le pari de peser sur l’issue désormais jugée inéluctable de ce conflit qui verra la chute d’Assad, afin de contenir l’influence trop grande des islamistes et notamment des jihadistes, tout en sortant la Syrie de l’orbite russe et iranienne.
Ce pari est évidemment hasardeux car, comme le montrent les autres révolutions arabes, nul ne peut en garantir l’issue ni même les rapports de force politiques à l’issue de quatre décennies de glaciation.
L’appel, ce week-end, de Laurent Fabius, à la transformation de l’opposition en un gouvernement provisoire susceptible de remplacer le gouvernement syrien en cas de chute du régime, relève pour l’heure de l’incantation, tant cette opposition est divisée, même si, sur le terrain, c’est l’armée syrienne libre qui a la seule légitimité qui compte, celle des armes.
Il y a quelques jours, la réunion au Caire de la principale composante de l’opposition s’est terminée en pugilat lorsque les représentants kurdes ont réclamé la reconnaissance de leurs droits...
Quoi qu’il en soit, c’est toute l’équation du Moyen-Orient qui sera bouleversée quand (et pas si) Bachar el-Assad tombera. La région entrera dans un monde imprévisible, où tous les repères en place depuis des décennies seront à revoir.
Mais avant que ce « big bang » moyen-oriental ne se produise, Assad ne se rendra pas sans un combat au finish, entraînant son cortège de souffrances et de destructions. Et l’inévitable radicalisation qui va avec.
mercredi 14 décembre 2011
Viols : le procès de l'armée américaine n'aura pas lieu
Seuls 8 % des affaires d'agressions sexuelles signalées au sein de l'armée américaine donnent lieu à des poursuites.AP/JACOB SILBERBERG
Vendredi 9 décembre, une cour fédérale de Virginie a rejeté l'une des affaires les plus emblématiques de viol dans l'armée américaine, a-t-on appris mardi auprès de l'avocate des plaignants, Susan Burke, qui annonce par ailleurs son intention de faire appel. "C'est une décision évidemment décevante, a réagi dans le Daily Beast, Kori Cioca, l'une des plaignantes. Je suis sûre que quelque chose de bien sortira de notre action. Elle aura au moins permis de sensibiliser le public sur ces problèmes."
En février dernier, 17 vétérans (dont deux hommes) avaient porté plainte contre le Pentagone pour diverses agressions sexuelles subies au cours de leur carrière. Une première. Rejoints depuis par une dizaine d'autres, ils visaient les anciens secrétaires d'Etat à la défense Robert Gates et Donald Rumsfeld, qui auraient toléré ce genre de pratiques dans les rangs de l'armée. Selon le texte de la plainte, les victimes, qui souffrent de stress post-traumatique, ont toutes dû faire face à des réponses inappropriées de leur supérieur, eu égard à la gravité des faits dénoncés. Les sanctions contre les agresseurs, dans les cas où des poursuites ont été engagées, allaient d'amendes mineures à l'exclusion temporaire de la base militaire.
L'IMPÉNÉTRABLE JUSTICE MILITAIRE
Selon le texte de la décision de rejet (PDF), la cour fédérale se retranche derrière plusieurs arrêts de la Cour suprême, soulignant l'impossibilité pour la justice civile de s'immiscer dans les affaires militaires.
C'était d'ailleurs la teneur de l'argument avancé par l'avocat du département de la défense, Marcus Meeks, qui avait déposé une motion demandant le rejet de l'affaire. L'avocat se fondait sur l'arrêt Feres/United States, un arrêt de la Cour suprême datant de 1950, qui précise que des responsables militaires ne pouvaient être poursuivis par un soldat pour des blessures occasionnées lors de l'exercice de ses fonctions au sein de l'armée.
Pour les associations de victimes, cet arrêt est l'une des principales raisons de l'impunité dont bénéficient encore aujourd'hui les agresseurs au sein de l'armée américaine et un obstacle majeur à la judiciarisation de ces affaires. C'est l'argument par exemple de Kira Mountjoy-Pepka, directrice de l'association Pack Parachute, qui déplore que "les militaires ont leurs propres enquêteurs. Et c'est à eux de déterminer si telle ou telle affaire mérite d'être transmise à la justice civile".
Dans une enquête publiée en octobre dernier, Al-Jazira confirmait que malgré le signalement de nombreuses affaires, seuls 8 % d'entre elles donnent lieu à des poursuites, quand la justice civile engage des poursuites dans 40 % des cas.
LE RÈGNE DE L'OMERTA
Vendredi 9 décembre, avant cette décision de justice, le Guardian revenait longuement, témoignages à l'appui, sur ce "sale petit secret" que l'armée américaine aimerait bien oublier, affirmant qu'une femme soldat engagée en Irak a plus de chance d'être agressée sexuellement par un de ses "frères d'armes" que d'être blessée sous le feu ennemi. Kate Weber, une américaine de 36 ans, raconte qu'alors qu'elle était en mission en Allemagne, elle a tenté de prévenir sa hiérarchie qu'elle avait été victime d'un viol. "Mon sergent m'a répondu de rester tranquille et de me taire", explique-t-elle, avant de détailler comment son accusation, une fois connue, a provoqué railleries et stigmatisation au sein de son unité.
Au delà de l'organisation juridique américaine et de la séparation des justices civiles et militaires matérialisées ici par l'arrêt Feres/United States, c'est donc avant tout le sentiment d'impunité et le règne de l'omerta qui semblent justifier la survivance de ces pratiques. La crainte de perdre son travail, l'angoisse de représailles, ou encore la perte de confiance dans l'institution qu'est l'armée s'ajoutant à cette culture du silence, comme l'explique Newsweek dans une longue enquête consacrée au sujet.
Pour Mic Hunter, auteur d'un des tout premiers livres abordant ce sujet sensible ("Honor betrayed : sexual abuse in america's military"), la pratique du viol au sein de l'armée relève aussi d'une volonté de domination. Cette hypothèse expliquerait le fait que les hommes sont aussi touchés par le phénomène. D'après Newsweek, l'avis de Hunter rejoint celui de nombreux autres experts qui expliquent que dans l'armée, les prisons ou tout autre environnement à prédominance masculine, les agressions sont motivées par le pouvoir, l'intimidation et la volonté de domination. Les victimes, hommes comme femmes, sont le plus souvent jeunes et de rangs inférieurs et sont identifiées par certains de leurs collègues comme les plus vulnérables. Pour Mic Hunter, "les agressions sexuelles dans l'armée ne relèvent pas du sexe, mais de la violence".
Simon Piel