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dimanche 12 août 2012

Les Etats-Unis prêts à aider l'Iran frappé par un double séisme

Les Etats-Unis ont présenté dimanche leurs condoléances aux Iraniens et ont dit être prêts à aider le pays après le double tremblement de terre qui a fait samedi 227 morts et plus de 1.300 blessés dans le nord-ouest de l'Iran.
"Le peuple américain envoie ses plus sincères condoléances au peuple iranien", a affirmé le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, dans un communiqué. "Nous nous tenons prêts à offrir notre assistance en cette période difficile", a-t-il ajouté. Les Etats-Unis et l'Iran n'entretenant pas de relations diplomatiques, le message de la Maison Blanche est adressé à la population et non au gouvernement iranien, avec lequel Washington croise sur le fer sur la question du programme nucléaire controversé de Téhéran. Deux secousses de magnitude 6,3 et 6,4, selon l'Institut de géologie américain, ont frappé samedi à quelques minutes d'intervalles la région montagneuse de Varzeghan (nord-ouest). La zone sinistrée compte une population de 128.500 personnes, selon un responsable local. (KAV) 
 
Les deux séismes d'une magnitude de 6,2 et 6, dont les épicentres se trouvaient respectivement à Ahar et Varzeghan, ont frappé la région à 16H53
Les deux séismes d'une magnitude de 6,2 et 6, dont les épicentres se trouvaient respectivement à Ahar et Varzeghan, ont frappé la région à 16H53

Les secouristes iraniens ont mis fin dimanche aux opérations de déblaiement des décombres dans les villages dévastés par un double séisme ayant fait la veille 227 morts et plus de 1.300 blessés.
Les Etats-Unis se sont dits prêts à aider le pays, en présentant leurs condoléances au peuple iranien.
Les deux secousses de magnitude 6,3 et 6,4, selon l'Institut de géologie américain, qui ont frappé samedi à quelques minutes d'intervalle la région montagneuse de Varzeghan (nord-ouest) ont fait "227 morts", a déclaré à la télévision d'Etat le ministre de l'Intérieur, Mostapha Mohammad Najar, qui s'est rendu sur les lieux du sinistre avec le ministre de la Santé.
"Les blessés ont été transférés dans les hôpitaux de Tabriz et de la région", a-t-il précisé, en ajoutant que "les opérations de recherche et de sauvetage étaient terminées", plus personne ne se trouvant selon lui sous les décombres.
"Nous nous attelons maintenant à assurer les besoins en hébergement et en nourriture des survivants", a poursuivi M. Najar alors que selon lui "la moitié des 600 villages de la zone ont été détruits de 40 à 100%".
Selon un autre responsable, douze villages aux maisons de brique ou de terre ont été totalement détruits. Depuis, plus de 80 répliques de moindre importance ont frappé la région qui compte plus de 16.000 sinistrés.
Pleurs et sanglots
Dans le village de Bajé-Baj, où vivent un peu plus de 400 personnes, on compte 33 morts, en majorité des femmes et des enfants.
Des femmes sanglotent et gémissent autour d'une vingtaine de corps de proches alors que les hommes parcourent les ruines.
"Je travaillais sur mon tracteur à la ferme lorsque j'ai senti la secousse qui m'a fait tomber", a expliqué à l'AFP Ghanbar Mehdizade, 40 ans. "Dieu merci, ma famille travaillait avec moi dans le champ" et n'a pas été touchée.
Dans les autres villages, certains n'ont pas été aussi chanceux. A Mirza Ali Ghandi, Zeynab, une adolescente de 13 ans, dit avoir "perdu sa soeur aînée de 16 ans et son frère de 8 ans".
Les équipes de secours et celles du Croissant-Rouge, venues de 14 provinces, sont arrivées sur place dès samedi.
Selon le ministre iranien de l'Intérieur, dépêché sur place "sur ordre" du président Mahmoud Ahmadinejad, "4.329 tentes, 10.000 couvertures et 18.000 paquets de nourriture" ont été distribués alors que "92 équipes opérationnelles, trois hélicoptères, 220 ambulances et des bulldozers et autres engins ont été envoyés sur place".
Les habitants terrifiés
Les deux séismes ont frappé la région à 16H53 (12H23 GMT) et 17H04 (12H34 GMT) samedi. La plupart des hommes travaillaient alors aux champs tandis que les femmes et les enfants se trouvaient à la maison, ce qui explique que la plupart des victimes soient des femmes et des enfants.
Les maisons ont tremblé aussi à Tabriz, et les habitants, terrifiés, sont sortis dans les rues. Mais il n'y a pas eu de mort dans cette grande ville.
"Le peuple américain envoie ses plus sincères condoléances au peuple iranien", a affirmé le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney. "Nous nous tenons prêts à offrir notre assistance en cette période difficile".
Washington et Téhéran n'entretenant pas de relations diplomatiques, le message est adressé à la population et non au gouvernement iranien, avec lequel Washington croise le fer sur la question du programme nucléaire controversé de Téhéran.
Le président syrien Bachar al-Assad a également envoyé un message de condoléances à son plus fidèle allié et homologue Mahmoud Ahmadinejad, a rapporté l'agence officielle syrienne Sana. De même que le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle, tandis que le pape Benoît XVI a exprimé sa "solidarité" à l'égard des victimes.
L'Iran est situé sur plusieurs failles sismiques importantes et a connu de nombreux tremblements de terre dévastateurs.
Le séisme le plus meurtrier ces dernières années a tué 31.000 personnes, soit un quart de la population, dans la ville de Bam (sud) en décembre 2003.

Israël accélère ses préparatifs de défense


Les dirigeants multiplient les déclarations martiales et l'armée redouble d'activité.

Une atmosphère de veillée d'armes règne en Israël. La plupart des journaux font leur une sur une possible et imminente attaque contre des installations nucléaires iraniennes. L'armée distille des informations sur l'accélération des préparatifs de défense pour faire face aux représailles iraniennes qui ne manqueraient pas de suivre une offensive israélienne. Le gouverneur de la Banque d'Israël, Stanley Fischer, reconnaît l'existence d'un plan d'urgence pour l'économie en temps de guerre. Quant à Benyamin Nétanyahou, le chef du gouvernement, et Ehoud Barak, le ministre de la Défense, ils multiplient les déclarations martiales sur une «option militaire» à laquelle l'État hébreu pourrait recourir dès cet automne, sans le feu vert explicite des Américains.
Cette brusque montée de tension se reflète dans les sondages: 37 % des Israéliens estiment qu'un nouvel Holocauste est possible si l'Iran parvenait à se doter de l'arme nucléaire. Les médias relaient, il est vrai, des informations ayant de quoi sérieusement inquiéter la population. Un exemple: le quotidien Haaretza cité récemment des estimations de responsables du ministère de la Défense prévoyant qu'une attaque de missiles de l'Iran et du Hezbollah libanais, allié de Téhéran, provoquerait la mort de quelque 300 civils.

Construction d'installations souterraines

Les militaires sont sur le qui-vive. «Nous devons nous préparer à combattre sur plusieurs fronts à la fois», affirme le général Benny Gantz, le chef d'état-major. Détail important: le plus haut gradé est, selon tous les médias, hostile à une offensive israélienne contre l'Iran, de même que les dirigeants actuels du Mossad, et Shimon Pérès, le président.
Pour contrer ces oppositions, Benyamin Nétanyahou proclame haut et fort que «dans une démocratie, c'est aux dirigeants politiques de décider et aux militaires d'exécuter». Il a également rappelé qu'en 1981 Menahem Begin, premier ministre de l'époque, avait rejeté les objections des militaires et des services de renseignements et donné l'ordre de détruire une centrale nucléaire construite par la France près de Bagdad.
Sur le terrain, l'armée met effectivement les bouchées doubles. Les batteries de missiles antimissile disséminées sur le territoire israélien vont être équipées dans les prochaines semaines d'un nouveau système améliorant leurs capacités d'interception en vol. Par précaution, les militaires ont décidé de répartir les stocks de munitions dans un plus grand nombre de bases afin que les pertes soient limitées en cas d'attaques ciblées de missiles. L'armée a également emmagasiné dans des usines civiles des dizaines de milliers de rations alimentaires de combat et d'autres équipements.
Les militaires ont aussi amélioré le réseau de routes logistiques afin que les troupes sur le front, notamment le long de la frontière avec le Liban et la Syrie, puissent être ravitaillées à temps. Pour compléter le tout, le ministère de la Défense a donné son feu vert à la construction de trois installations souterraines qui abriteront des stocks d'armes, de munitions, de carburants et des pièces détachées. L'ensemble sera fortifié afin de résister à des explosions de missiles.

Benyamin Nétanyahou, dimanche à Jérusalem.
Benyamin Nétanyahou, dimanche à Jérusalem. Crédits photo : POOL/REUTERS

L'algorithme miracle a-t-il été découvert ?

Un chercheur affirme avoir mis au point un système mathématique permettant d'identifier l'origine de tout événement.

Photo d'illustration. Photo d'illustration. © AFP

Un chercheur portugais de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) a mis au point un système mathématique permettant d'identifier l'origine d'une information circulant sur un réseau, d'une épidémie, voire d'un attentat, a annoncé vendredi l'EPFL. Le chercheur Petro Pinto, qui travaille pour le Laboratoire de communications audiovisuelles de l'EPFL, a mis au point un système "qui pourrait s'avérer un précieux allié" pour ceux qui doivent mener des enquêtes criminelles ou qui recherchent l'origine d'une information sur la toile.
"Grâce à notre méthode, nous parvenons à remonter à la source de tous types d'informations circulant dans un réseau et ce en n'écoutant qu'un nombre restreint de membres", a expliqué Pedro Pinto. À titre d'exemple, il indique être en mesure de retrouver l'auteur d'une rumeur circulant entre 500 membres d'un même réseau, en observant les messages de 15 à 20 contacts seulement. "Notre algorithme est capable de refaire à l'envers le chemin parcouru par l'information, et de remonter à la source", a-t-il dit.
Le chercheur a aussi testé son système pour retrouver l'origine d'une maladie infectieuse en Afrique du Sud. "En modélisant les réseaux de circulation d'eau, rivières ou transports humains, nous avons pu retrouver l'endroit où se sont déclarés les premiers cas", a-t-il expliqué. Le chercheur a aussi testé son système sur les communications téléphoniques liées aux préparatifs des attentats du 11 septembre 2001. "En reconstruisant le réseau de ces terroristes uniquement sur la base des informations parues dans la presse, notre système nous a livré trois suspects potentiels, dont l'un était le leader avéré de ces attaques, selon l'enquête officielle". Les détails de cet algorithme sont publiés ce vendredi dans la revue Physical Review Letters. Pedro Pinto a travaillé sous l'autorité de deux professeurs suisses de l'EPFL, MM. Patrick Thyran et Martin Vetterli.


IBM serait prêt à racheter certaines activités de RIM

IBM se serait dit prêt à racheter le réseau de serveurs sécurisés qu'utilise le canadien pour ses terminaux. Et si une rumeur laissait entendre que Samsung et RIM collaboreraient pour le prochain OS du canadien, le sud-coréen a réfuté en bloc.

RIM est en grande difficulté. BlackBerry 10, sa planche de salut, est repoussé à l'année prochaine.
RIM est en grande difficulté. BlackBerry 10, sa planche de salut, est repoussé à l'année prochaine.
REUTERS/Mark Blinch
Le canadien RIM est en grande difficulté. A tel point que l'on peut se demander s'il parviendra à redresser la barre. Sur son premier trimestre décalé, le groupe a vendu 7,8 millions de smartphones, contre 11,1 millions un mois plus tôt. Sur le trimestre, le canadien a perdu 518 millions de dollars. Sans parler des milliers d'emplois supprimés.
>>> A lire : Cinq raisons de penser que RIM ne s'en sortira plus
En mai dernier, le groupe avait chargé deux banques d'affaires de le conseiller sur ses options stratégiques, ce qui avait définitivement lancé les rumeurs de partenariats, mais surtout de rachat. Parmi les plus persistantes, la reprise de la division smartphone par Facebook. Une rumeur qui ne s'est pas concrétisée. La firme a dans tous les cas indiqué qu'elle attendrait le déploiement de ses smartphones tournant sous son nouvel OS Blackberry 10 pour envisager une telle opération.
Mais RIM pourrait quand même se séparer de l'une de ses activités. L'américain IBM se serait positionné de façon informelle pour le rachat de son réseau de serveurs utilisé pour ses téléphones, a indiqué le site internet Bloomberg, sans dévoiler ses sources.
Les rumeurs se multiplient décidément pour le canadien. L'une des dernières en date, une possible collaboration avec Samsung pour l'élaborration du nouvel OS de RIM. Contacté par le site Cnet, Le sud coréen a néanmoins réfuté en bloc une telle démarche. "Samsung Electronics n'a pas considéré l'acquisition de RIM ou d'une licence BlackBerry 10". Difficile de faire plus concis.

Haut débit : la France 30e au classement Akamai

© Nmedia - Fotolia.com

La vitesse moyenne mondiale de connexion à Internet a été estimée à 2,6 Mbit/s au premier trimestre 2012. C’est en Corée du Sud que l’on surfe le plus vite à 15,7 Mbit/s.
La vitesse moyenne mondiale de connexion à Internet a été estimée à 2,6 Mbit/s au premier trimestre 2012, soit une hausse de 11 % sur un trimestre et de 25 % sur un an. Un constat dressé par le spécialiste américain du CDN (Content Delivery Network) Akamai dans le cadre de son État des lieux trimestriel.
Dans ce rapport, le haut débit se caractérise par une vitesse de connexion de 4 Mbit/s minimum, tandis que le très haut débit est  réservé au lignes d’au moins 10 Mbit/s. Elles concernent désormais 10 % des connexions au niveau mondial (+19 % sur un trimestre).
Une fois de plus, la Corée du Sud arrive en tête avec un débit moyen de 15,7 Mbit/s. Outre la Corée du Sud, deux autres pays d’Asie, le Japon (10,9 Mbit/s) et Hong Kong (9,3 Mbit/s), occupent le trio de tête en termes de débits. Font également partie du Top 10, les pays européens suivants : Pays-Bas (8,8 Mbit/s), Lettonie (8,8 Mbit/s), Suisse (8,1 Mb/s), Irlande (7,3 Mbit/s), République tchèque (7,1 Mbit/s), Belgique (7,1 Mbit/s), Finlande (6,9 Mbit/s).

Le haut débit à moins de 5 Mbit/s

Alors que les États-Unis occupent la 12e place du classement avec une moyenne de 6,7 Mbit/s, la France (30e) se positionne bien loin derrière les pays les plus avancés avec un débit moyen en réception de 4,9 Mbit/s au premier trimestre, selon Akamai.
Toutefois, la France a gagné 15 places par rapport au quatrième trimestre 2011 en enregistrant au premier trimestre 2012 une des plus fortes progressions de son débit moyen de connexion (+20 %), aux côtés notamment du Danemark et de l’Allemagne. A noter que cette dernière propose la vitesse de connexion mobile moyenne la plus rapide, environ 6 Mbit/s.

L’Asie passe à l’offensive

Au premier trimestre 2012, plus de 42 % des attaques de trafic ont eu pour origine un pays de la région Asie-Pacifique/Océanie. L’Europe n’est pas en reste, avec près de 35 % des attaques, tandis que le continent américain est à l’origine de près de 21 % des attaques.
Lorsque l’on considère les pays d’où partent ces attaques, la Chine domine (16 % des attaques perpétrées, +3 points sur un an). Elle est suivie par les États-Unis (11 %) et la Russie (7 %). Enfin, sur le trimestre, 77 % des attaques de trafic se sont concentrées sur 10 ports (42 % pour le seul port 445, Microsoft-DS), contre 62 % au quatrième trimestre 2011.
À noter : le rapport d’Akamai est établi à partir des données issues de l’Akamai Intelligent Platform, infrastructure en mode cloud à laquelle se seraient connectées plus de 666 millions d’adresses IP uniques au premier trimestre 2012 depuis 238 pays et régions. Ce chiffre est en hausse de 6 % sur un trimestre et de 14 % sur un an.

Le « sexting » est très répandu

Le sexting est très répanduLe « sexting », l’acte d’envoyer électroniquement des photographies ou des textes sexuellement explicites, surtout entre téléphones portables, est un phénomène relativement récent. Principalement utilisé par les jeunes adultes et les adolescents, ils pourraient être plus nombreux encore à s’y adonner.
Une étude menée par « JAMA Network » de l’Association Médicale Américaine réalisée récemment vient de livrer ses résultats. Ainsi, pas moins de 28% des lycéens interrogés avouent avoir déjà envoyé des photos d’eux-mêmes nus par smartphone. 31% déclarent avoir demandé de telles photos alors que 57% ont déjà été sollicités au moins une fois pour participer à ce genre de pratique.
Les garçons semblent plus enclins aux sextos, 45% d’entre eux ont déjà réclamé des photos. Ils sont deux fois plus nombreux que les filles, à peine 20%, qui déclarent, elles, à 70% avoir déjà reçu des demandes de photos nues.
Résultats du sondage
La « logique comportementale » semble donc respectée dans ces résultats, mais l’étude va plus loin. D’après JAMA Network, les jeunes qui s’adonnent au sexting sont davantage enclins à avoir des rapports sexuels alors les filles qui envoient des photos d’elles-mêmes nues ont plus de chances d’avoir des rapports non protégés.
Et vous, le sexting, ça vous botte ?

mercredi 8 août 2012

Tunisie : Un ingénieur de l’INSAT révolutionne la production d’énergie écolo dans le monde

Une révolution dans le domaine de la production d’énergie grâce à «Saphonian». Une invention qui permet de produire de l’énergie électrique issue du vent, et donc une énergie propre, a été développée entièrement par la société tunisienne Saphon Energy sise à El Manar 2, dans la banlieue de Tunis.
La problématique de la génération du courant électrique n’est pas née hier. Depuis des années, de nombreuses recherches ont été établies pour développer de nouvelles sources d’énergie non polluantes, qui pourront substituer aux générateurs thermiques. Fonctionnant au pétrole, ces derniers sont en effet extrêmement nocifs pour l’environnement et ne seront plus fiables dans le futur. Le nucléaire, grandement utilisé durant le 20ème siècle, subit un déclin récemment à cause du grand danger que représentent les déchets radioactifs. C’est donc surtout l’énergie éolienne et l’énergie solaire qui se sont imposées comme les énergies du futur.
Tunisie : Un ingénieur de l’INSAT révolutionne la production d’énergie écolo dans le mondeMalgré une propreté reconnue, l’énergie issue des vents n’est pas exempte de critiques. En effets, la rotation des pales -qui sont géantes pour la plupart- peuvent causer quelques gênes aux habitants, telles que la nausée, les insomnies ou les maux de têtes. La faune est également menacée, un grand nombre d’oiseau est chaque année tué par ces pales. Enfin, les éoliennes classiques restent très coûteuses, sans pour autant offrir un rendement efficace, en raison des limitations techniques qui font que l’efficacité ne dépasse pas, en théorie, 59% (Limite de Betz). Sur le plan pratique, cette efficacité chute à 35% si on inclut différents facteurs influents. C’est à cause de cette limitation que Saphon Energy a essayé de révolutionner l’industrie des éoliennes en axant sa recherche. Non pas sur l’amélioration des turbines existantes, mais dans le développement d’un nouveau modèle totalement différent.
Une efficacité maximale de 35% pour les éoliennes classiques
Une efficacité maximale de 35% pour les éoliennes classiques
En effet, le Saphonian rejette totalement l’ancien système à pales rotatives, et le remplace par un nouveau système non rotatif, largement inspiré par les voiliers. La société explique qu’au lieu de faire tourner les pales, le vent est capté par un voile cylindrique immobile fixé au top d’un pied métallique. Quand le vent souffle, tout le pied s’incline et un système de piston le rétabli à sa position initiale. Un tel mouvement suit un trajet en nœud et permet la conversion de la majorité de l'énergie cinétique en énergie mécanique (à l'aide des pistons). Cette même énergie serait ensuite convertie par pression hydraulique stockable, ou en énergie électrique.
Une forme inspirée des voiliers pour les éoliennes Saphonian
Une forme inspirée des voiliers pour les éoliennes Saphonian
Un système nouveau qui risque de chambouler grandement l’avenir de l‘énergie éolienne. Selon les études menées, le Saphonian est 2 fois plus efficace que les éoliennes à pales et 45% moins cher. Supprimant aussi tous les effets indésirables, tels que les maux de têtes, les insomnies, nausées, meurtre d’oiseaux ou encore le brouillage des signaux hertziens.
Une technologie propre, sans aucun effet nocif sur l’environnement et la santé humaine
Une technologie propre, sans aucun effet nocif sur l’environnement et la santé humaine
Le Saphonian est donc un projet très ambitieux, dont tous les Tunisiens peuvent être fiers. Néanmoins, son inventeur, Anis Aouini, de formation ingénieur à l’Insat et fondateur de Saphon Energy est encore à la recherche d’un partenaire industriel pour rendre ce rêve une réalité. Deux ou trois ans devraient suffire pour voir l’efficacité de cette technologie, surnommée la Zero Blade Technology. Une invention donc qui prouve la possibilité de quiconque à inventer et à être ingénieux, comme l’indique M. Aouini, qui déclare que «L’innovation n’est pas une question d’intelligence, mais plutôt une observation profonde et différente de l’évident».

Dieu est-il de gauche et le Diable de droite ?

L'extrême-droite a une fonction primordiale dont on mésestime le danger : donner bonne conscience à ceux qui la combattent.
L'extrême-droite a une fonction primordiale dont on mésestime le danger : donner bonne conscience à ceux qui la combattent. Crédit Flickr / coincoyote

Il est commun de penser que les valeurs de gauche, humanistes et sociales, sont plus honorables que celles de droite, beaucoup plus individualistes. Mais en réalité, les extrêmes qu’ils soient de gauche ou de droite ont engendré des monstres et la même menace, celle d’une vision totalitaire du monde.
L’extrême-droite a une fonction primordiale dont on mésestime le danger : donner bonne conscience à ceux qui la combattent. Un peu comme cet enfant à problèmes désigné d’« enfant symptôme » par les psychiatres : en détournant l’attention sur lui, il évite à chacun de douloureuses introspections. Le « petit diable » soulage du poids du doute.
Pour l’extrême droite, pas question de diminutif : rien de « petit », elle est « le » diable lui-même. Un de mes amis universitaire, pourtant laïc et éclairé par les Lumières, s’est montré catégorique à propos du récent vote : jamais il n’aurait donné sa voix à un parti qui a pactisé avec le diable.
Bien. Mais puisqu’on donne dans les références religieuses, peut-on savoir où se trouve dieu ? Existe-t-il un diable sans dieu ? Ne sont-ils pas, dans la Bible comme dans la représentation populaire, deux faces du même absolu ?

L’extrême-droite a une fonction primordiale dont on mésestime le danger : donner bonne conscience à ceux qui la combattent. Un peu comme cet enfant à problèmes désigné d’« enfant symptôme » par les psychiatres : en détournant l’attention sur lui, il évite à chacun de douloureuses introspections. Le « petit diable » soulage du poids du doute.
Pour l’extrême droite, pas question de diminutif : rien de « petit », elle est « le » diable lui-même. Un de mes amis universitaire, pourtant laïc et éclairé par les Lumières, s’est montré catégorique à propos du récent vote : jamais il n’aurait donné sa voix à un parti qui a pactisé avec le diable.

Bien. Mais puisqu’on donne dans les références religieuses, peut-on savoir où se trouve dieu ? Existe-t-il un diable sans dieu ? Ne sont-ils pas, dans la Bible comme dans la représentation populaire, deux faces du même absolu ?
D’ailleurs n’est-ce pas cet absolu lui-même – quand on l’applique aux affaires courantes – qui  provoque tant de dégâts ?

Certes, l’extrême droite a une particularité. Elle a engendré Hitler, l’incarnation du mal. Mais du malin ? Pas précisément : Hitler n’est pas le diable. Pour notre plus grand malheur, il n’est qu’un homme... Un homme comme bien d’autres, presque « normal ». Et même, à  beaucoup d’égard, plus « convenable » que Churchill : sobre en toutes choses, esthète amateur d’Opéra, vertueux végétarien souffrant de la façon dont on traite les bêtes à l’abattoir, âme sensible exigeant l’occultation des fenêtres de son wagon face aux dégâts des bombardements, cœur tourmenté désireux de s’unir à son aimée avant de mourir. Son tort est d’avoir identifié le diable : ce dernier avait pris pour lui, comme on le sait, l’apparence des Juifs.

Les dieux de la gauche, qu’ils s’appellent Staline, Mao, Pol Pot, ont fait également d’innombrables morts. Mais ils n’ont pas l’éclat noir du diable. Sans doute parce qu’ils cherchaient la lumière. Guider les hommes dans le sentier lumineux produit autant de ravages que de vouloir les guérir du diable… Mais la lumière éblouit tous ceux qui ont un grand cœur -ou s’en attribuent un - au point d’oublier que Dieu et Diable, lorsqu’ils descendent sur terre, se ressemblent. Ils écrasent l’homme au nom de l’absolu.

De droite comme de gauche, les extrêmes représentent la même menace : celle d’un absolu autour duquel s’ordonne une vision totalitaire. Cette menace est sans gravité pour un peuple averti. Elle n’est que la marge d’un déploiement où chacun trouve sa place. Elle borne le débat, et l’enrichit par des interrogations critiques - comme ces marginaux auxquels les sociologues attribuent un rôle bienfaisant pour la société, en relativisant les normes. Rien de nocif dans les extrêmes, tant qu’ils nourrissent le dialogue. C’est ce qu’on a bien compris à gauche. Pourquoi la droite s’en prive-t-elle ?
Question de bonne conscience ? Gare, en ce cas, à un autre phénomène bien connu des psys : le retour du refoulé. Qui pourrait faire de la vague Marine un tsunami.


Jean-Paul Mialet

Jean-Paul Mialet est psychiatre, ancien Chef de Clinique à l’Hôpital Sainte-Anne et Directeur d’enseignement à l’Université Paris V.
Ses recherches portent essentiellement sur l'attention, la douleur, et dernièrement, la différence des sexes.
Ses travaux l'ont mené à écrire deux livres (L'attention, PUF; Sex aequo, le quiproquo des sexes, Albin Michel) et de nombreux articles dans des revues scientifiques.




JO : les médaillés d’or sur 100m à travers le temps

Le New York Times a eu la bonne idée de comparer la vitesse des rois du 100 mètres aux JO, de 1896 à 2012.


 
 Bolt a toujours une longueur d'avance

Usain Bolt détient le record du monde sur la distance reine du 100 mètres en 9'58. De nouveau couvert d'or durant les JO de Londres, le sprinteur jamaïcain est monté sur la plus haute marche du podium en établissant un nouveau record olympique en 9'63.
Ce dernier 100 mètres masculin a d'ailleurs été désigné comme le plus rapide de tous les temps. Pour bien se rendre compte de l'évolution de la puissance des sprinteurs à travers les années, "The New York Times" a décidé de nous rafraîchir la mémoire.
Dans cette vidéo en 3D, vous apprendrez notamment que le sprinteur le plus rapide aujourd'hui dans la catégorie des "moins 8 ans", aurait décroché la médaille de bronze, s'il avait participé aux JO d'Athènes en 1896 !

Retrouvez la vidéo explicative du New York Times en cliquant ici.

mardi 7 août 2012

Quand prier contre Poutine est un «péché»


Misha Japaridze/Associated Press Les artistes du collectif Pussy Riot en prison
À la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, elles chantèrent une «prière punk» contre Vladimir Poutine. Dans une cage vitrée, elles comparurent souriantes à leur procès. Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Samoutsevitch risquent à présent sept ans de prison.
Un tel châtiment est un peu trop sévère, reconnaît le président russe. Il semble soudain se montrer magnanime à l’égard des trois jeunes femmes de Pussy Riot, même s’«il n’y a rien de bon dans ce qu’elles ont fait». En février, encagoulées, elles ont chanté et dansé au son de guitares électriques pour demander à la Vierge Marie de chasser Poutine du Kremlin, où il est retourné en mai.
Les cinq membres du groupe féministe et écologiste – deux ont pu prendre la poudre d’escampette – avaient également dénoncé les liens trop étroits entre l’église orthodoxe et le pouvoir. C’est là un crime de lèse majesté.
En mettant fin à l’Union soviétique il y a 21 ans, les Russes ont rejeté Marx pour retrouver Jésus. Bondées, les 30 000 églises orthodoxes de la «Sainte Russie» ne répondent plus à la demande. La ferveur religieuse est certes réelle, mais l’orthodoxie a toujours été dans l’âme et la vie des Russes, même sous l’ère communiste. Elle ne faisait qu’hiverner.
Alexandre Soljenitsyne, prix Nobel de littérature, l’avait bien compris : «Si nous, les Russes, en venions à tout perdre, territoires, populations, gouvernement, il nous resterait encore et toujours l’orthodoxie.»
Les Pussy Riot ont donc commis un «péché mortel» en s’exhibant dans un lieu sacré, d’autant que la cathédrale du Christ-Sauveur, dynamitée sur ordre de Staline en 1931, est devenue un symbole national depuis sa reconstruction.
Même si le groupe s’était manifesté en dehors de l’imposante église blanche située près du Kremlin, le résultat aurait été le même. Dénoncer les liens trop étroits entre l’église orthodoxe et le régime Poutine est en soi blasphématoire.
Dans le procès des Pussy Riot (une manifestation de soutien a eu lieu à Montréal la semaine dernière), il y a fort à parier que la décision du tribunal de Moscou dépendra davantage du Kremlin et du patriarche Cyrille que de la loi.
Dans la Russie «très orthodoxe» de Poutine, s’attaquer à la hiérarchie, peu importe laquelle, c’est s’en prendre à Dieu. Peu importe lequel.

Cloud computing et mobilité: consolider le réseau est prioritaire

Selon une étude de Forrester Research, consolider le réseau est un préalable prioritaire pour tous projets de Cloud computing, de mobilité ou de solutions analytiques.

Plus de la moitié des décisionnaires informatiques (54% en France) considèrent que le renforcement de leur infrastructure réseaux est un préalable incontournable et, donc, une priorité en termes d’investissement. Selon un rapport de Forrester en date du 2 août (sur la base d’un sondage Forrsights), « les investissements dans les réseaux sont la base des projets de Cloud computing, de mobiles et solutions analytiques. Ils s’avèrent nécessaires – sinon indispensables- pour faire de l’entreprise connectée une réalité ».
46% des décideurs interrogés (Europe et Amérique du Nord) déclarent que la consolidation est une de leurs premières priorités. En Europe, ce pourcentage est encore plus élevé, avec une moyenne de 50% de réponses similaires (54% pour la France, 48% pour le Royaume Uni et 47% pour l’Allemagne).

Le cloud, une réelle priorité

L'entreprise connectée améliore l'expérience des utilisateurs, clients, fournisseurs
L'entreprise connectée améliore l'expérience des utilisateurs, clients, fournisseurs
Les équipements mobiles et l’administration des applications restent des étapes cruciales pour venir à «l’entreprise connectée», mais, un peu paradoxalement, seulement un tiers des responsables réseaux & télécoms considèrent les investissements y afférant comme stratégiquement importants.
L’enquête montre également que près de 40% des sondés, tous pays confondus, déclarent que déplacer les applications de communication vers le Cloud est une réelle priorité, et 25% prévoient d’adopter les « Communications-as-a-Service » (CaaS). Ce que l’on retient de ce sondage est qu’en France, à la deuxième question, le résultat est légèrement plus élevé, avec 32%.

La L4G LTE moins prioritaire que le Wifi

Améliorer et renforcer les capacités des réseaux sans fil est également une priorité. Mais la mise à disposition de la connectivité mobile 4G LTE n’est prioritaire que pour moins de 20% des entreprises interrogées. En Europe, le pourcentage tombe à 13%, car la connexion locale sans fil Wifi reste, de loin, le choix le plus prisé dans les entreprises : elle est citée comme très utile pour 85% des sondés.
Etude Forrecter Research Consolidation Réseaux_Chart 3_
La consolidation du réseau, une priorité pour les entreprises selon Forrester Research (08/2012)
«La mobilité, la connectivité intelligente et le réseau, ainsi que les modèles de cloud-as-a-service sont les grandes initiatives technologies que mobiliseront les directeurs des systèmes d’information, afin de mieux gérer les réseaux sociaux, de modifier l’expérience utilisateur, la « consumérisation », et les services ‘over-the-top’, souligne Dan Bieler, analyste chez Forrester Research, responsable de cette étude. Une entreprise connectée renforce profondément son propre réseau et ses outils de collaboration pour améliorer ses activités internes, centrées sur le client, ses relations commerciales et avec ses partenaires.»
La plupart des entreprises ont tout juste commencé à évaluer les multiples possibilités et le potentiel du modèle machine-to-machine (M2M), « qui est étroitement lié à la vision de l’entreprise connectée ». En Europe, 13% des sondés estiment que les initiatives M2M sont une stratégie télécom prioritaire (soit plus que dans le reste du monde : 11%).

Steve Wozniak voit l’avenir du cloud, et ce sera horrible !


DropboxSteve Wozniak, le co-fondateur d’Apple, ne voit pas le cloud et son avenir d’un très bon oeil. Plus précisément, il imagine déjà cet avenir. Et de son aveu, ce sera « horrible ».

Dropbox, iCloud, SkyDrive, Google Drive : à l’heure actuelle, nombreuses sont les solutions capables de stocker vos données dans le Cloud, ou plutôt, dans les nuages, en bon français. Ceci dit, cette technologie a beau avoir ses (nombreux) avantages, elle traîne également quelques boulets. Par exemple, le fait qu’elle soit en proie à des « chutes de tension », empêchant les utilisateurs d’avoir accès à leurs données un temps donné. Le dernier exemple marquant en date nous vient de chez microsoft, lorsque sa solution windows Azure tomba en rade 2 heures durant, laissant ses utilisateurs loin de leurs données.

Steve Wozniak voit d’ailleurs la chose arriver, et s’est exprimé sur le sujet il y a peu :
« Je m’inquiète vraiment du fait que toutes les données soient amenées à aller dans les nuages. Je pense que ça va mener à une situation horrible. Je pense que de nombreux problèmes vont apparaître dans les 5 années à venir. [...] Avec le cloud, rien ne vous appartient vraiment. Vous avez déjà tout délégué. [...] Plus nous allons envoyer des données sur la toile, et moins nous aurons de contrôle sur ces mêmes données. »
Partagez-vous cette manière de voir les choses ? Avez-vous déjà stocké vos données importantes dans les nuages ? Le cas Megaupload, sur l’impossibilité de récupérer ses données (légales, qui plus est…) vous a t-il échaudé sur la question ?

lundi 6 août 2012

Jeux Olympiques et Politique



Mexico 1968
Quelques jours avant l’ouverture des XIXèmes Olympiades, des manifestations étudiantes font l’objet d’une sanglante répression dans les rues de Mexico. Durant toute la durée des Jeux, les étudiants de la capitale mexicaine ne cesseront de protester contre le pouvoir en place. Du côté des sportifs, Tommie Smith et John Carlos,  1er et 3ème du 200m, montent sur le podium avec un gant noir pour protester contre les discriminations raciales. L’Histoire retiendra l’image des deux champions noirs, tête baissée et poings levés lors de l’hymne américain.

Munich 1972
Quatre ans plus tard, à Munich, la revendication est de toute autre nature. Des terroristes palestiniens du groupe Septembre noir prennent en otage des athlètes de la délégation israélienne. Le commando réclame la libération de plusieurs prisonniers palestiniens. Après l’exécution de deux otages, la police allemande lance l’assaut. L’attaque fait 17 victimes et laisse le monde entier en émoi.

Moscou 1980 et Los Angeles 1984
Outre une présence policière accrue autour des compétitions pour éviter un nouveau Munich, les Jeux olympiques des années 80 sont marqués par le combat idéologique de la Guerre froide. En 1980, Washington décide de boycotter les Jeux de Moscou suite à l’invasion de l’Afghanistan par les troupes russes. Au total, une cinquantaine de pays refuseront de se rendre dans la capitale russe. L’URSS riposte en 1984 et boycotte à son tour, avec plusieurs pays du bloc de l’Est, les Jeux de Los Angeles. Bien souvent, les athlètes subissent ces choix politiques. Certains sont même utilisés par la propagande de leur pays.

Atlanta 1996 et Pékin 2008
En 1996, un extrémiste religieux fait exploser une bombe au Centennial Olympic Park d’Atlanta. La compétition continue mais les drapeaux olympiques sont mis en berne. Douze années plus tard, les JO de Pékin font l’objet de vives critiques. En France,  l’ONG Reporter sans frontières dénonce les entraves aux droits de l’homme et à la liberté d’expression sur le sol chinois. Le dossier tibétain est au cœur des contestations. Plusieurs manifestations pacifistes sont réprimées par le sang et Lhassa réclame le boycott. Bien que les Jeux soient un symbole de fraternité et de paix ; derrière le sport, se cachent des enjeux politiques et économiques. Retour en images avec Ina.fr.

vendredi 3 août 2012

Harcèlement de rue: comment aborder le problème sans tomber dans le racisme?

Le harcèlement-marathon que subissent les femmes au quotidien est le résultat parfait d'une société sexiste, où «l'autre» sert d'origine du mal bien pratique.

Crowded Street / villes via Flickr CC License By - Crowded Street / villes via Flickr CC License By -
L’équation un film + un hashtag = une prise de conscience a encore frappé ces jours-ci sur Twitter. Le film: Femme de la rue, d’une étudiante bruxelloise, Sofie Peeters.
En caméra cachée, elle se promène simplement dans les rues de Bruxelles et fait entendre (enfin?) les commentaires que certains hommes portent sur elle, en tant que femme, en tant qu’objet.




La réaction immédiate sur Twitter a donc été la création d’un hashtag, #harcèlementderue, ayant pour but de libérer la parole des femmes qui subissent, quotidiennement, ces pressions de la part d’inconnus à peine croisés dans la rue.
De là ont découlé un certain nombre de remarques et questions qui m’ont donné envie de réagir, plus d’un an après mon précédent article sur le même sujet.
La prise de conscience a donc eu lieu ces deux derniers jours, chez les hommes comme chez les femmes: le harcèlement de rue, c’est constamment, peu importe le physique des femmes, peu importe l’origine des hommes, peu importe l’endroit.
Après, on retrouve (évidemment) des invariants: on dit ici harcèlement de rue, mais harcèlement dans les lieux publics serait tout aussi juste —on ajoute ainsi les transports en commun, ce qui n’est pas négligeable.
Parler de harcèlement «de rue» porte la première question de la rue. Le Larousse dit «Voie publique, aménagée dans une agglomération». Espace public entre deux lieux privés: une rue. Lieu de passage: une rue.

Un harcèlement marathon

Le harcèlement de rue est assez particulier, en ce sens qu’il est très diffus. Il est assez rare de croiser dix fois dans la même journée la même personne qui nous harcèle: c’est un harcèlement-marathon, cela se passe comme si tous les hommes qui harcèlent une même femme en une journée se passent le relais.
Le harcèlement de rue, c’est un inconnu que tu croises, que tu ne reverras plus jamais, mais qui t’a déjà proposé de tirer un coup, puis t’a insultée quand tu l’as ignoré ou que tu as refusé. Si certain-e-s s’évertuent à lire ici une sorte de «flatterie» envers les femmes, mon argument en réponse sera tout simplement qu’ils ont complètement intériorisé les normes dans lesquelles nous sommes socialisés dès notre plus jeune âge.

Éviter le piège de l’essentialisation des comportements

Parmi les nombreux commentaires lus sur Twitter, une interrogation m’a interpelée: parler des causes du harcèlement de rue, est-ce possible sans sombrer dans le racisme (ethnique ou social)? Le film de Peeters montre principalement des hommes «d’origine étrangère» dans un quartier «populaire». Est-ce à dire qu’il n’y a que les étrangers et les pauvres qui harcèlent dans la rue?
Première piste que je souhaite apporter, déformation d’étudiante en sciences humaines oblige: il est impossible d’apporter des réponses à cette question tant qu’aucune étude sociologique ou anthropologique ne sera menée. Tant qu’on ne dispose pas de solide pour s’exprimer, cela reste du «on dit», de l’empirisme bas de gamme, du «j’ai vécu donc je conclus»: bref, du parfait matériau pour construire et consolider des préjugés.
Notons en outre que parler de l’ethnique, en France, même en 2012, revêt un caractère un peu extra-terrestre: comme si passer par le filtre ethnique supposait nécessairement des a priori stigmatisants. Les chercheurs français ont longtemps nié le critère de l’ethnicité, fondant de force, dans les discours, ce qui semblait différent dans le mythe de l’Unité nationale, restant par là même fidèle à son Histoire: l’unité nationale (une seule langue, une seule mythologie commune, une seule école) est chère aux cœurs des Français depuis au moins la Révolution.
Depuis les années 1980, les minorités locales (Bretons, Basques, Corses…) commencent timidement à être reconnues, ouvrant sans doute la porte (un jour) à une plus grande tolérance envers les différences culturelles.

«L'autre» comme origine du mal

En ce qui concerne l’ethnique et les violences faites aux femmes, une chose est remarquable: l’autre est toujours pointé du doigt, dénoncé comme l’origine du mal. Les violences conjugales? Une affaire d’hommes «d’origine étrangère» et de «classes populaires»! Le viol? Une affaire d’hommes «d’origine étrangère» et de «classes populaires»!
Pour argumenter cela, souvent on peut trouver les exemples du fameux voile (encore des «étrangers», n’est-ce pas) ou de l’excision. Cela tend à prouver, pour certaines personnes, l’essence «violente» des hommes d’origine étrangère.
Pourquoi alors viser les «classes populaires»? Question d’habitus, a envie de répondre la bourdieusienne qui sommeille en moi, ajoutant qu’il s’agit également d’un «racisme vertueux». Il arrive pourtant que des personnes appartenant aux groupes supposés dominés (origine étrangère) marient plusieurs capitaux (culturel, social, économique), qui leur permettent de passer inaperçues dans les classes dominantes ici (à peu près).
On peut en plus remarquer une certaine «occidentalisation» chez certaines personnes, dans les loisirs, les traditions réaménagées, les choix de scolarité, l'absence d'accent... qui est alors interprétée comme un bon pas vers la «civilisation». Alors est-ce vraiment le fait d’hommes d’origine étrangère issus des quartiers populaires, ou est-ce une stigmatisation nécessaire pour éviter de se remettre en question?
— Une fois la question posée, je laisse néanmoins la porte ouverte à une réponse positive: il est tout de même possible que ce soit effectivement le fait d’hommes d’origine étrangère et de modeste condition. En ce cas, la question du pourquoi devra se poser nécessairement: comment ces mécanismes se mettent-ils en place? Des récurrences s’observent-elles dans tous les pays où des personnes de mêmes origines sont installés? Est-ce une question d’«intégration», de «culture», d’ «éducation»?

L’aboutissement d’une société sexiste

Il n’est pas ici question de faire preuve d’angélisme et de blâmer les institutions responsables de l’intégration des migrants en France ou en Belgique. Comment le font remarquer Éric Macé et Nacira Guénif-Souilamas, dans Les Féministes et le garçon arabe, cela peut être un retournement identitaire: intériorisant le rôle dans lequel on (la société, les médias, les voisins) les enferme, ils le jouent parfaitement.
Ainsi, tant qu’on ne dit pas «Tous les Noirs/Arabes/mecs de banlieue» agissent ainsi, ce n’est pas du racisme, c’est un constat. Et ce n’est pas parce que la personne est bronzée qu’il ne faut pas la dénoncer. Par contre, il est également contre-productif de ne s’attarder que sur ces personnes: cela permet de mettre un pudique voile sur ce que les autres hommes font aussi subir aux femmes.
Bien sûr, ce ne sont pas tous les hommes, mais le harcèlement de rue, comme toutes les violences faites aux femmes (et il faut le répéter jusqu’à la lie), ne connaît ni groupe social, ni critère économique, ni origine ethnique. Cela peut toucher n’importe quelle femme, par n’importe quel homme, n’importe où, à n’importe quel moment: voilà la joie de vivre dans une société sexiste (ne le niez pas).
Le harcèlement de rue est d’ailleurs, avec le viol, un des fruits les plus parfaits, les plus aboutis, de cette société sexiste. D’un côté les filles sont socialisées, dès leur plus jeune âge, à se comporter en princesses, à attendre le prince charmant («attendre» est ici un mot-clé), à bien se tenir, bien s’habiller, ne pas attirer le regard, parfois encore à servir les hommes, s’effacer pour eux.
Les filles sont socialisées aux jeux d’intérieur alors que les garçons sont invités à découvrir le monde extérieur, à faire du sport, à se salir, à être libre entièrement de leur corps. Le corps de la fille ne lui appartient déjà plus: afin de la protégér du grand méchant loup, les parents et l’école lui apprennent à se vêtir, à ne pas sortir tard non accompagnée, à ne pas trop boire.
Les garçons, eux, on ne leur apprend ni à se protéger (à l’exception du «N’accepte pas de bonbons des inconnus»), ni à agir de manière non dangereuse. Autorisés à être libres. Et ce, oui oui, indifféremment selon les groupes sociaux, ethniques, économiques.

La rue, territoire des hommes

Évidemment, aucune règle n’est immuable et surtout aucune fatalité ne plane sur nos têtes: dans tout cela on trouvera toujours des exceptions, des arrangements. Il ne faut pas ici chercher l’histoire individuelle mais le tempérament global de la société. Société qui, finalement, donne la rue comme territoire aux hommes.
Alors, est-ce étonnant que les femmes, qui viennent envahir ce territoire, se fassent harceler? Et alors, si on te demande une pipe dans la rue, qu’est-ce que tu y faisais, toute seule, avec un pantalon (UN PANTALON!!), et ton regard de salope! Tu l’as bien mérité!
Comme avec le viol, on retrouve encore cette culpabilisation des femmes, au détriment de celle des hommes: la finalité de l’histoire, c’est que les jupes, les débardeurs, le maquillage, les cheveux, les sourires, tout … disparaisse. Que d’ailleurs les femmes ne sortent plus de chez elles, tiens! Cela me rappelle une histoire relatée par Virginie Despentes dans King Kong Théorie:
«Été 2005, Philadelphie, je suis en face de Camille Paglia, on fait une interview pour un documentaire. Je hoche la tête avec enthousiasme en écoutant ce qu’elle dit. “Dans les années 60, sur les campus, les filles étaient enfermées dans les dortoirs à dix heures du soir, alors que les garçons faisaient ce qu’ils voulaient. Nous avons demandé “pourquoi cette différence de traitement?” on nous a expliqué “parce que le monde est dangereux, vous risquez de vous faire violer”, nous avons répondu “alors donnez-nous le droit de risquer d’être violées.»
Est-ce que le harcèlement de rue est une fatalité? Est-ce que tous les hommes, partout…? Eh bien non: selon les époques, selon les endroits du monde, les femmes sont plus ou moins prises en compte. Et on l’a toutes vécu: lors d’une escapade à l’étranger, découvrir l’étrange silence (ou le brouhaha, au contraire) quand on se promène dans la rue: oui, il arrive que, dans des grandes villes, même dans les quartiers «populaires», même face à des hommes «d’origine étrangère», on ne se fasse pas traiter comme un bout de viande.
Ah oui: le respect, ça existe. Et surtout: ça s’apprend. Alors que le législateur s’empare de la question pour faire une loi: oui, merci! Parce que c’est par la reconnaissance que l’on passera pour déculpabiliser et se réapproprier l’espace public.
Stéphanie Khoury
Cette tribune a d'abord été publiée sur Regardailleurs.fr

jeudi 2 août 2012

Les Femen manifestent seins nus à Londres



MONDE - Les féministes souhaitaient attirer l'attention des médias sur la participation aux Jeux olympiques de pays qu'elles considèrent comme des «régimes islamistes sanguinaires»...

Deux membres de l'association féministe ukrainienne Femen ont manifesté les seins nus au pied de l'hôtel de ville de Londres, ce jeudi, pour attirer l'attention des médias sur la participation aux Jeux olympiques de pays qu'elles considèrent comme des «régimes islamistes sanguinaires».

>> Pour lire l'interview des féministes de Femen, cliquez ici

Leur corps était badigeonné des inscriptions «honte olympique» et «No charia». «Ces régimes sont les fascistes de notre époque, ils traitent les femmes comme des citoyens de troisième zone», a lancé Reza Moradi, sans donner plus de précisions sur les pays en cause. Les militantes, qui arboraient des couronnes de fleurs, ont couru pendant une dizaine de minutes devant l'entrée de l'hôtel de ville avant d'être rhabillées et emmenées par la police.
L'association Femen est connue pour avoir organisé plusieurs coups d'éclat sur le même mode en Europe, en particulier lors de l'Euro 2012 en Ukraine et en Pologne.

>> Regardez  une vidéo de la manifestation des Femen:




Pédophilie : tu ne parleras point

L'affaire est embarrassante pour la communauté des béatitudes. L'un de ses membres, le moine Pierre-Etienne avoue des faits d'agression sexuelle sur des enfants de la communauté... pendant plus de 20 ans, pierre-etienne aurait donc abusé d'une cinquantaine d'enfants, âgés de 5 à 13 ans. conscient de sa pathologie, il avait pourtant averti sa hiérarchie et demandé de l'aide mais durant, toutes ces années, il n'a jamais été dénoncé, arrêté, ou même éloigné des enfants... a travers le témoignage exclusif de pierre-etienne, de ses victimes, mais aussi de membres de la communauté, ce documentaire met en lumière un scandale.



Le 30 novembre 2011 débutait le procès de l’ancien frère Pierre-Etienne Albert pour agressions sexuelles aggravées sur mineurs. Procès très médiatisé à cause de l’ampleur des méfaits — en vingt ans, le religieux a abusé de cinquante-sept enfants âgés de 4 à 10 ans — et en raison de la personnalité déroutante de l’accusé, qui n’a cessé de clamer sa volonté de repentir sans avoir jamais un seul mot pour les victimes.
Criminel honteux avide de rédemption ou prédateur cynique et calculateur ? La question est finalement anecdotique pour les auteurs de cette enquête sobre et terrifiante. Ceux-ci placent leur focale sur la responsabilité des dirigeants de la com­munauté des Béatitudes, à laquelle Pierre-Etienne Albert appartenait, qui regroupe familles laïques et religieux. A plusieurs reprises, le moine pédophile a alarmé ses supérieurs de son penchant sexuel, lesquels ont continué de le laisser évoluer librement au contact d’enfants, sans avertir les familles ou la justice. Certains hiérarques du clergé français, plus soucieux de l’ima­ge de l’Eglise que de la protection de poten­tielles victimes, ont eux aussi couvert les agissements criminels de cet ex-toxico converti, considéré comme un miraculé.

Fort de nombreux témoignages, le film dénonce la position que l’Eglise a longtemps tenue, et tient encore souvent, sur la pédophilie de certains de ses membres.

D’ici quelques mois, le Vatican va reconnaître officiellement une petite communauté religieuse très discrète fondée en 1973, les Béatitudes. Pourtant à bien des égards, cette communauté de quelques milliers de membres sent le souffre.
Ephraïm, fondateur des Béatitudes Ces fidèles vivent ensemble, comme les premiers disciples du Christ, des laïcs, des familles avec enfants, des prêtres et des sœurs consacrées. Les Béatitudes ont été fondées par Gérard Croissant, qui se fait depuis appeler frère Éphraïm. Ce diacre est un personnage charismatique, il a des visions et Jésus a même réalisé devant lui plusieurs miracles « des multiplications de pains et de yaourts au chocolat », etc. Il a aujourd’hui disparu de la circulation, suspendu par le Vatican pour des dérives de mœurs (des liaisons avec plusieurs religieuses). D’ailleurs sur bien des aspects cette communauté ne semble pas « très catholique ». Georges Fenech Président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), est même formel : les dérives sectaires sont claires et avérées : emprise psychologique, dérives financières, soumission au berger, abus sexuels. En quelques années, les béatitudes sont pourtant parvenues à bâtir un « Empire » : une constellation de 77 communautés dans 26 pays sur les 5 continents. Éphraïm a placé tous ses proches aux postes clés, notamment la gestion des finances. La communauté est souvent citée parmi les dix « sectes » les plus riches du monde. Elle possède un patrimoine immobilier important (châteaux, gites, maisons, parcs) qu’elle gère grâce à de nombreuses associations ou sociétés écran. François Bayrou compte parmi les sympathisants de cette étrange communauté.


PARIS, 26 nov 2011 (AFP) - Du laïc portant l’habit monastique au "consacré" vivant comme un laïc, la Communauté des Béatitudes, fondée en 1973, a longtemps pratiqué une confusion des genres à laquelle le Vatican a décidé de mettre un terme.
Le procès pour pédophilie qui s’ouvre le 30 novembre à Rodez est l’un des plus douloureux avatars de ce mouvement issu du Renouveau charismatique, forme d’expression joyeuse de la Foi née dans la mouvance de Vatican II.
Ce n’est pas le seul.
Récemment, Mgr Michel Santier, évêque de Créteil, a soulevé la chappe de plomb qui pesait sur certaines communautés religieuses en stigmatisant leurs "thérapies psycho-spirituelles", citant explicitement les Béatitudes.
Les pratiques "psy-spi", issues du New Age et du pentecôtisme, consistent à rechercher dans le passé d’une personne, voire dans sa généalogie, les causes traumatiques à l’origine de son mal-être.
Elles reposent sur les "souvenirs induits" par un thérapeute autoproclamé. Il faut prier Dieu de visiter cette mémoire afin de couper les mauvaises branches du passé familial, de libérer ses aïeux qui sont au purgatoire.
"Le risque, soulignait l’évêque de Créteil, est qu’une personne en proie à des difficultés psychologiques peut imaginer, affabuler et se retourner en accusatrice contre sa famille. Les plaintes qui sont remontées de ces pratiques, nous proviennent de parents complètement catastrophés."
Devant l’ampleur des plaintes reçues, le Centre Contre les Manipulations Mentales (CCMM), a créé en 2010 un "collectif des victimes du psycho-spirituel".
Dans une démarche de "repentance et de purification de (la) mémoire" des Béatitudes, le Frère Henri Donneaud, dominicain et nouveau responsable, a promis "un processus d’assainissement et de restructuration".
Frère Ephraïm Il reconnaît "les fragilités, les défauts, les dérives qui ont gravement affecté sa croissance : des pratiques psycho-spirituelles mal équilibrées, une confusion dans la vie commune des différents états de vie, des problèmes de gouvernance, de graves délits commis par certains de ses membres".
Une enquête de Canal+, "Les Béatitudes : une secte aux portes du Vatican", dénonçait ce mois-ci des conditions de vie plus que précaires de communautaires -froid, nourriture avariée-, qui, ayant fait voeu de pauvreté, léguait tous leurs biens à la Communauté.
Laquelle disposerait d’un très confortable patrimoine immobilier en France et à l’étranger : une vingtaine de châteaux ou monastères, de nombreux lieux de culte.
"La Communauté ne possède pas un tiers des maisons dans lesquelles elle vit", s’est défendu auprès de l’AFP un porte-parole des Béatitudes.
Comment les Béatitudes, nées dans l’élan du Renouveau charismatique avec un idéal de rayonnement spirituel et apostolique, capable de toucher jusqu’aux incroyants, a pu en arriver à se faire accuser de "dérive sectaire" par la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) ?
"La Miviludes a lancé un appel sérieux de mise en cause (...). Sous la conduite énergique du Saint-Siège, la Communauté a mis fin à ce qui pouvait donner prise aux critiques de dérives sectaires. C’est du passé", a confirmé à l’AFP le porte-parole des Béatitudes.
Le fondateur des Béatitudes, Gérard Croissant, dit "Frère Ephraïm", a été évincé en 2008. Un de ses bras droits, Bernard Dubois, pédiatre et psychothérapeute autoproclamé, a également quitté les Béatitudes, mais dispense de coûteuses sessions d’"agapéthérapie" au Puy-en-Velay (Haute-Loire) et dans les carmels.
Avec 150 prêtres, 400 religieux et laïcs, plusieurs milliers de fidèles et de donateurs, la Communauté est présente dans 70 établissements, sur 5 continents.
Source : AFP

Plusieurs responsables de la communauté ont reconnu avoir été au courant des agissements du chantre, qui "n’est ni prêtre ni diacre" selon la communauté, entré aux Béatitudes à l’âge de 25 ans, et n’ont rien dit : tel le fondateur de la communauté, Gérard Croissant, alias frère Ephraïm. Ils devraient être entendus comme témoins.
TOULOUSE, 26 nov 2011 (AFP) - Le frère Pierre-Etienne Albert, ancien membre de la communauté des Béatitudes qui a reconnu des attouchements sur une cinquantaine d’enfants, se retrouvera mercredi face à neuf de ses victimes, des femmes et des hommes, devant le tribunal correctionnel de Rodez.
Poursuivi pour agressions sexuelles sur mineurs, Pierre-Etienne Albert, 60 ans, comparaît libre. Il était le chantre de la communauté, en charge des chants et de la liturgie. Il avait un ministère itinérant qui l’amenait dans les dizaines de "maisons" de la communauté, qui revendique en avoir fondé 70 sur cinq continents.
Il a multiplié attouchements, caresses, baisers sur une cinquantaine d’enfants de 5 à 14 ans, dans toute la France, entre 1985 et 2000. Mais nombre d’entre eux ne peuvent pas le poursuivre en justice, en raison des délais de prescription pour ce type de délit.
Seuls 38 dossiers peuvent être instruits.
Ce procès "arrive très tard" alors que les faits ont été dénoncés dès 2000, déplore Stéphane Mazars, l’avocat d’une des plaignantes, Solweig Ely : saisi cette année-là, le tribunal d’Avranches (Manche) s’était déclaré incompétent et le dossier est resté dormant jusqu’en 2008.
"Les faits ne sont pas gravissimes", estime l’avocate du frère Pierre-Etienne, Me Elisabeth Rudelle-Vimini, qui parle de "gestes déplacés" pour lesquels son client risque dix ans de prison. "Il est conscient du mal qu’il a fait et il a des regrets", ajoute-t-elle.
Pour Me Mazars, dont la cliente vient de publier un livre intitulé "Le silence et la honte" sur sa "vie brisée", Solweig Ely veut savoir "pourquoi il y a eu dysfonctionnement de la justice, pourquoi certains ont su et n’ont rien fait..."
"Mon client veut arriver à déterminer pourquoi ces faits ont été commis sur tant de victimes et si quelqu’un savait", note également pour sa part l’avocat d’une autre victime, Me François-Xavier Berger, qui a cité comme témoin l’ancien archevêque d’Albi de 2000 à 2010, Pierre-Marie Carré.
Son client, aujourd’hui âgé de 24 ans, a été victime d’attouchements à une seule reprise, et ne s’en est pas rendu compte parce qu’il dormait. Il l’a appris quand son nom est apparu sur la liste rédigée par le prévenu lui-même, et "s’est senti sali", selon Me Berger.
Les parents hébergés dans les centres des Béatitudes "déléguaient leur autorité parentale pour se consacrer à la dévotion", note Me Elisabeth Rudelle-Vimini. Beaucoup ont eu "une enfance fracassée par leur famille, ils ne peuvent pas faire retomber sur le frère Pierre-Etienne l’origine de tous leurs malheurs", estime-t-elle.
A la veille du procès, la communauté "reconnaît" dans un communiqué que "des actes très graves ont été commis" par "cet ancien frère consacré, qui n’est ni prêtre ni diacre (...) très proche du fondateur Ephraïm". Elle "tient à exprimer aux victimes et à leur famille sa douleur, son regret, sa honte devant de tels abus".
Mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, en février 2008 à Rodez, l’accusé vit "isolé, entouré de proches, sans contact avec des enfants", et "il est dans une démarche de soins et de repentir", selon son avocate.
Le procès devrait durer deux jours.
Source : AFP Par Guy CLAVEL





JUSTICE - A 62 ans, il comparaissait pour des agressions sexuelles sur de nombreux enfants entre 1985 et 2001...

Cinq ans de prison pour le religieux pédophile. C'est la peine qui a été prononcée ce jeudi à l'encontre du père Pierre-Etienne Albert, accusé d'agressions sexuelles contre des enfants de sa communauté religieuse. La peine maximale de dix ans de prison avait été requise plus tôt dans la journée.
>>Lire ici le témoignage d'une ancienne victime
Ce prêtre, aujourd'hui âgé de 62 ans et revenu à la vie civile, comparaissait depuis mercredi devant le tribunal correctionnel de Rodez (Aveyron) pour une série d'agressions sexuelles commises entre 1985 et 2001 sur 38 anciens pensionnaires mineurs de sa communauté, les Béatitudes.

«Cet homme est un véritable pédophile, un prédateur dangereux»

Dans son réquisitoire, le procureur Yves Delpérié a demandé à la cour la peine maximum prévue par la loi «parce que cet homme est un véritable pédophile, un prédateur dangereux». «Vos actes terribles, monsieur, vous les avez commis grâce à votre robe de bure qui incitait les enfants à la confiance, au silence. C'est une circonstance aggravante. Vous les avez salis à vie», a déclaré le magistrat.
«Alors partez en prison pour dix ans, monsieur. C'est le maximum. Et emmenez avec vous votre longue liste de victimes. Quant à vos pleurnicheries, vos excuses, vos remords à la barre, sachez qu'elles m'ont écoeuré», a conclu Yves Delpérié. L'avocate de l'ancien prêtre, Elisabeth Rudelle-Vimini, avait entamé sa plaidoirie en évoquant «la solitude, les remords, les demandes de pardon» de son client.