samedi 8 octobre 2011

IBM buys Q1 Labs to expand in security software

(Reuters) - IBM Corp (NYSE:IBM - News) will buy security software provider Q1 Labs as it looks to expand in a market which has seen recent high-profile cyber attacks on victims from Sony Corp (Tokyo:6758.T - News) to the British police.

Last year, Intel Corp (NasdaqGS:INTC - News) paid $7.68 billion for data security firm McAfee Inc, and Hewlett-Packard (NYSE:HPQ - News) bought security software company ArcSight Inc for $1.5 billion.

Also on Tuesday, McAfee said it would buy NitroSecurity, a privately-owned provider of security information and event management tools. NitroSecurity and Q1 Labs, which is also privately owned, make software to help businesses analyze security logs and spot hacking threats and attacks.

IBM, which did not say how much it was paying for Q1 Labs, sees the security software and services business as a $94 billion market opportunity and has been buying analytics companies to beef up its security offerings.

In five years, it has spent more than $14 billion on 25 deals focused on analytics to help customers deal with the huge volumes of unstructured data from sources such as social media, biometrics and criminal databases.

In August, it bought British security analytics software firm i2, also for an undisclosed sum, and last month acquired Toronto-based risk analytics software firm Algorithmics for $387 million in cash.

Symantec Corp (NasdaqGS:SYMC - News), with a 19 percent share, dominated the global security software market -- worth $14.7 billion by revenue -- last year, according to research firm Gartner. McAfee followed with about a 10 percent share, ahead of Trend Micro (Tokyo:4704.T - News) and IBM, with 5 percent.

Waltham, Massachusetts-based Q1 Labs -- which provides software for collecting, storing, analyzing and querying log, threat, vulnerability and risk-related data -- will become part of IBM's newly-formed security systems division.

Q1 Labs, founded in 2001, has more than 1,800 clients globally, and counts Polaris Venture Partners, Menlo Ventures, BDC Venture Capital and Globespan Capital Partners among its investors.

Q1 Labs CEO Brendan Hannigan will head up the new IBM division, helping clients tackle corporate security breaches, growing mobile security concerns and advanced security threats.

IBM shares were down 1.3 percent at $171.04 on Tuesday on the New York Stock Exchange, underperforming the broader share market (DJI:^DJI - News), which was down 1 percent.

IBM prévoit des acquisitions ciblées dans le logiciel

Big Blue prévoit de mettre la main sur plusieurs cibles non révélées pour des montants pouvant aller jusqu'à 300 millions de dollars.

Après la grosse opération de croissance externe réalisée par HP sur Autonomy pour plus de 10 milliards de dollars, IBM ne pouvait pas rester bien longtemps les bras croisés. Par le biais de Steve Mills, son vice-président senior, IBM a indiqué être actuellement en recherche d'acquisitions ciblées dans le secteur logiciel pour des montants compris entre 100 et 300 millions de dollars.

Cette annonce s'inscrit dans la poursuite de la stratégie de croissance externe dans laquelle IBM s'est engagée en prévoyant par ce biais générer d'ici 2015 environ 22,5 milliards de dollars de chiffre d'affaires supplémentaires. Mais à l'inverse d'HP, IBM semble avoir choisi la voie de la croissance ciblée sur de plus petits acteurs que sur un très gros (HP avec Autonomy). Les plus grosses acquisitions d'IBM remontent à 2009 avec SPSS (1,2 milliard de dollars) et 2007 avec Cognos (5 milliards de dollars).



CEO@HP.com

Over the last decade or so, an amazing number of high profile executives and directors have been fired from their roles at Hewlett-Packard. Leo Apotheker was basically booted for incompetence. Mark Hurd got the axe after getting entangled in an expense accounting scandal tied to sexual harassment allegations. In Carly Fiorina‘s case, she was canned amid investors unhappiness with her management of the company.

And there are plenty of other ex-HPers where those came, including a variety of former execs who got the axe after the company was caught spying on journalists in an attempt to find the source of various boardroom leaks.

Details on these and other HP firings in the attached infographic, which is reproduced from the current issue of Forbes magazine. (To see a larger version of the chart, click anyway below.)

Companies Buying Back Shares Are Outperforming

It has been some time since I last reported on the performance of companies that buy back their own equity shares. With a number of companies sitting on large amounts of cash and announcing share buybacks, including Berkshire Hathaway (BRK.A), one way to track the performance of companies buying back shares is to review the performance of the PowerShares Buyback Achievers Portfolio (PKW). The PowerShares Buyback Achievers Portfolio will normally invest at least 90% of its total assets in common stocks that comprise the Share BuyBack Achievers™ Index.

The PowerShares Buyback Achievers Portfolio is based on the Share BuyBack Achievers™ Index. To become eligible for inclusion in the Index, a company must be incorporated in the U.S., trade on a U.S. exchange and must have repurchased at least 5% or more of its outstanding shares for the trailing 12 months.The Share Buyback Achievers™ Index is a trademark of Mergent® and currently consists of 142 companies.

As the below chart and table detail (click to enlarge), the Buyback Portfolio (PKW) has a recent history of outperforming the broader market S&P 500 Index. Over the last two years ending 9/30/2011, PKW has generated a return of 21.87% versus the broader market S&P 500 Index return of 7.03%.


Investors should be aware of the fact that the Buyback Achievers Portfolio does contain sector concentrations. Additionally, the Portfolio does not contain any energy stocks at this time. Click to enlarge:
From The Blog of HORAN Capital Advisors

The top 10 holdings in the Index are (click to enlarge):

Chine : vers un nouvel enlèvement des Sabines ?

Géopolitique et démographie. L’analyse du déficit de filles en Chine montre qu’il peut, en interne, contribuer à des troubles sociaux ou à des difficultés sociales car, dans toutes les hypothèses, les comportements des deux sexes subissent les conséquences de ce déficit qui est une source d’instabilité sociétale. En outre, il peut conduire à des choix de politique extérieure pouvant occasionner des tensions internationales ou aller jusqu’à des conflits violents.

Dans le cadre de ses synergies géopolitiques, le diploweb.com est heureux de vous présenter cet article du recteur G.-F. Dumont, initialement publié dans la revue Géostratégiques, n°17, septembre 2007, pp. 69-86.

LES FAITS, l’enlèvement des Sabines , sont rapportés par Tite-Live dans son Histoire de Rome écrite il y a vingt siècles. Elle a inspiré de nombreux artistes, qu’il s’agisse de sculpteurs ou de peintres . Dans ces temps anciens, « déjà Rome était assez puissante pour ne redouter aucune des cités voisines ; mais elle manquait de femmes ; sans espoir de postérité au sein de la ville, les Romains étaient aussi sans alliances avec leurs voisins » (I,9). Romulus envoya des émissaires dans les villes voisines pour proposer des traités d’alliance reconnaissant le droit de mariage. Mais ces propositions étant rejetées, Romulus « dissimule son ressentiment et prépare, en l’honneur de Neptune équestre, des jeux solennels » auxquels furent conviées les tribus voisines de Rome, dont les Sabins qui « y accourent en foule » « aussi avec les femmes et les enfants ». Profitant du fait que l’attention des hommes était accaparée par les jeux, les Romains enlevèrent leurs femmes et leurs filles. Les Sabins retournèrent dans leur pays en dénonçant la violation des lois de l’hospitalité par les Romains.

Un peu plus tard, les Sabins attaquèrent Rome pour récupérer leurs femmes. Mais les Sabines, partagées entre leurs sentiments pour leurs maris et celui pour leurs pères, s’interposèrent dans la bataille, s’exposant aux lames des deux parties. Sabins et Romains s’en émurent et finirent par conclure un traité de paix. Selon Tite-Live, « une paix si heureuse, succédant tout à coup à une guerre si déplorable, rendit les Sabines plus chères à leurs maris, à leurs pères, et surtout à Romulus. » (I, 12)

Cet épisode, considéré comme mythique, peut-il aider à réfléchir sur les conséquences géopolitiques des déséquilibres démographiques que connaît la Chine, particulièrement son déficit de filles ? Mais d’abord, comment en est-on arrivé à ce déficit ? Il convient pour cela de rappeler la politique démographique mouvante de la Chine depuis l’instauration du pouvoir de Mao.

Les premières utopies maoïstes

L’histoire démographique de la Chine des dernières décennies se présente comme un film à rebondissements, sous l’effet des politiques changeantes et des chocs vécus depuis la prise de pouvoir par Mao Zedong en 1949. Il faut rester humble et reconnaître une certaine difficulté à reconstituer précisément les chiffres démographiques, car les autorités chinoises n’ont livré aucune information détaillée sur leur population pendant plus de vingt ans : les résultats du recensement de 1953 n’ont été publiés qu’en 1957 et aucune statistique n’était alors fournie sur les décès et les naissances. En 1980, il s’est confirmé que les rumeurs sur l’existence d’un recensement en 1964 étaient fondées, mais la Chine n’a donné qu’un dénombrement de la population totale. La diffusion des statistiques s’est enfin améliorée depuis 1979, et les recensements de 1982 et 1990 sont jugés de bonne qualité.

Les tribulations de la démographie chinoise peuvent être reconstituées selon un calendrier très heurté. Les années 1949-1956 sont celles de l’utopie révolutionnaire. La caractéristique de cette première période suivant l’instauration du communisme est une assez grande homogénéité géographique du niveau de fécondité, au-dessus de six enfants/femme. Le taux de natalité est de l’ordre de 35 pour mille habitants. En théorie, cassant le pouvoir des nantis et des anciens dans la famille, la Révolution chinoise instaure l’égalité entre hommes et femmes, affirmant (1950) le principe de l’union par consentement mutuel et l’obligation de la monogamie. Mais le collectivisme se met en place. Dans l’immense Chine rurale, chaque famille paysanne doit donner à la commune populaire à laquelle elle est rattachée son mobilier et ses ustensiles de cuisine. Les époux sont séparés, hommes et femmes dormant dans des dortoirs distincts. Les enfants sont élevés par la communauté, les repas sont servis collectivement. Le nouveau régime considère qu’il n’y a pas de question démographique à laquelle le communisme ne puisse apporter automatiquement de réponse. Dans le même temps, il interdit les migrations des ruraux vers les villes, et prend même des mesures pour contenir, voire diminuer la population urbaine. La proportion de celle-ci dans la population totale reste en conséquence à un très faible niveau (encore 14,2 % en 1955).

Simultanément, la première étape de la transition peut s’accélérer car le retour à la paix intérieure imposée par la force permet de diffuser des règles élémentaires d’hygiène, via les institutions du nouveau régime. Le taux de mortalité s’abaisse de 18 pour mille habitants en 1949 à 11 pour mille en 1956. En conséquence, l’excédent naturel annuel s’élève progressivement, passant de 10-11 millions d’habitants en 1950 à 13-14 millions en 1956, année où l’on dénombre 582 millions d’habitants. Survient alors un premier revirement politique, et le régime entreprend une première campagne de limitation des naissances, qui fait long feu.

Le déficit des naissances des « années noires »

Suivent les « années noires » 1958-1961 : les campagnes se sont appauvries en raison de la priorité donnée à l’industrie lourde aux dépens de l’agriculture et des biens de première consommation. Pour lutter contre ces difficultés, le gouvernement lance les programmes dits du “ Grand bond en avant ” et de “ la marche sur les deux jambes ”, dont l’objectif est d’augmenter simultanément les productions agricole et industrielle en accentuant le caractère collectiviste du régime. Des décisions improvisées sont mises en œuvre en hâte, et conduisent à une véritable disette dont le paroxysme se situe au printemps 1961, sous l’effet supplémentaire de calamités naturelles (inondations, sécheresses, typhons). Compte tenu de la sous-alimentation, les “ années noires ” (découvertes ex post car la famine avait été masquée par l’absence de liberté de l’information) sont marquées par un abaissement des naissances dû à une moindre fertilité (aménorrhée notamment), par une nette hausse des décès et par une stagnation, voire une dépopulation dans certaines provinces. Elles ont un coût démographique équivalant en valeur relative à la Première Guerre mondiale pour la France. Puis, après le désastre du Grand Bond en avant (1961) et la grande famine, les familles se reforment. Les femmes sont moins infériorisées et davantage d’enfants vont à l’école.

De la mise en place d’une politique coercitive…

Ensuite, en 1964-65, après les années noires, qui ont connu 15 à 30 millions de morts et une forte sous-natalité, un fort rattrapage des naissances se produit dans les familles ressoudées. La période 1962-1966 donne donc l’impression d’un phénomène de rattrapage, comme on en connaît après les guerres, avec un taux de natalité élevé poussant le taux d’accroissement naturel à la hausse, d’autant que la baisse de la mortalité reprend. Dans le même temps, quelques tentatives de programmes publics de planification familiale sont conduites, surtout dans le dessein de retarder l’âge au mariage. Au milieu des années 1960, la fécondité commence à baisser dans les villes.

En 1966, la Révolution culturelle, nouvelle tentative de “ voie chinoise vers le socialisme ”, interrompt les évolutions précédentes, et se désintéresse de la planification familiale. Parallèlement, l’idéologie de la révolution culturelle (1966-70) considère la sexualité et les liens familiaux comme contre-révolutionnaires. Vers 1970, la fécondité, estimée à 5,8 enfants/femme, commence à accentuer sa baisse.

Mais le régime est apeuré par la natalité des années 1960 qui n’est essentiellement qu’un phénomène de rattrapage. Après la fin des interventions des gardes rouges et le retour progressif au calme, Zhou Enlai peut édicter, en 1971, une directive faisant de la limitation des naissances “une politique nationale fondamentale”. Elle repose sur le slogan “wan, xi, shao” (tard, espacé, peu) préconisant le mariage tardif, l’espacement et la réduction des naissances, surtout pour les urbains. Les trois axes de la politique de contrôle des naissances que lance Zhou Enlai, avec l’appui du Parti, sont les suivants : des quotas de naissances sont fixés jusqu’aux unités de base, chargés de désigner les femmes autorisées à concevoir un enfant ; des normes de procréation sont fixées (élévation de l’âge légal au mariage, nombre d’enfants, avortement obligatoire en cas de grossesse hors plan, intervalle minimum entre la première et la deuxième naissance) ; enfin, la planification des naissances devient une tâche politique, qu’il serait contre-révolutionnaire de ne pas pratiquer.

La fécondité en Chine

JPEG - 50.9 ko
La fécondité en Chine (1965-2007)

L’indice de fécondité s’abaisse de 5,44 enfants par femme en 1971 à 3,57 en 1975, puis à 2,75 en 1979. Faut-il attribuer cette diminution à la nouvelle politique ? Les spécialistes sont sceptiques. D’une part, la baisse de la fécondité commence chez les femmes nées au milieu des années 1930, avant tout programme de limitation des naissances. D’autre part, l’appareil administratif des décisions de 1971 n’est installé qu’en 1974, alors que la fécondité connaît déjà une évolution descendante. Selon les spécialistes de la Chine, le plan de 1971 n’a pas provoqué de tendances baissières de la fécondité, car il s’est greffé sur la réduction de la famille en cours ; accompagnant l’évolution, il a sans doute entraîné sous la contrainte une accélération de la baisse.

Le mouvement naturel en Chine

JPEG - 49.9 ko
Le mouvement naturel en Chine (1978-2004)

...à la politique de l’enfant unique

Les nouvelles décisions prises à partir de 1978 semblent confirmer cette analyse puisqu’il s’agit de corriger le plan de 1971, dont les résultats sont jugés insuffisants par le Parti. Pourtant, le taux de natalité a diminué de moitié, passant de 43,8 naissances pour mille habitants par an dans les années 1950-1955 à 21,5 par an en 1975-1980, et le retard de l’âge au mariage améliore la situation des jeunes filles et des femmes. Mais, devant l’arrivée à l’âge fécond des générations nombreuses nées après la famine, le parti juge cette baisse insuffisante, radicalise sa politique démographique et instaure la norme, terrible pour les familles chinoises, de l’enfant unique (1979). Le gouvernement, dans le cadre de la politique des Quatre modernisations (de l’agriculture, de l’industrie, de la science et des techniques, et de la défense), révise à la baisse ses objectifs démographiques : 1,2 milliards en l’an 2000 et un taux d’accroissement nul. Au plan des familles, cela signifie l’élimination des naissances de rang trois ou plus, et des proportions très élevées de couples à enfant unique, d’où la dénomination courante de politique de “ l’enfant unique ”. La limitation des naissances devient une obligation légale des époux (texte de 1980, Constitution de 1982). Elle est mise en œuvre avec toute une panoplie d’avantages pour ceux qui la respectent et des sanctions pour les autres. Son application se déploie par le recours à des méthodes coercitives, avec notamment la campagne de stérilisations et d’avortements forcés de la fin 1982.

Les gouvernements de province sont chargés d’édicter les conditions et contraintes, plus ou moins strictes selon les régions, de son application. En milieu rural, la résistance est forte. Dans les provinces les plus prospères, les “lignées” familiales puissantes rappellent les grands principes : ”Le manque de piété filiale se manifeste sous trois formes et ne pas avoir de descendant est la plus blâmable”. On défie directement le pouvoir : dans les années 1980, 30% des filles sont mariées avant l’âge légal (20 ans) ; des possibilités pour les femmes d’aller accoucher d’un second ou d’un troisième enfant dans une autre commune que la leur existent ; l’obligation de contraception n’est pas respectée. En avril 1984, le Comité central doit concéder des autorisations à avoir 2 enfants, surtout en milieu rural et pour les minorités ethniques. La politique souvent dénommée “ de l’enfant unique ” montre donc ses limites dès 1984. Elle est certes officiellement maintenue, comme l’ont à nouveau déclaré à Pékin les responsables politiques, lors de la conférence 1997 de l’Union internationale pour l’étude scientifique de la population. Mais, dès le milieu des années 1980, le pouvoir renonce officiellement à cette politique pour de nombreuses minorités ethniques qui se sentent menacées, puis l’abandonne de facto dans des zones rurales, où la coercition administrative devient de plus en plus incompatible avec les réformes économiques. En privatisant de nombreuses parcelles agricoles, le gouvernement peut plus difficilement lier par contrat les niveaux de production agricole et la planification des naissances. Et le nombre moyen d’enfants par femme dans le riche Guangdong reste supérieur à 3... Enfin, en 1978, les réformes de Deng Xiaoping introduisent un système de responsabilité dans la production agraire et le retour à l’économie familiale fait resurgir les structures, les valeurs et les rites de la famille traditionnelle. Le culte des ancêtres, l’obligation sacrée envers les parents, la volonté acharnée d’avoir au moins un fils et l’infériorisation des femmes et des filles redeviennent les valeurs fondamentales.

Malgré la deuxième loi sur le mariage (1980), la plupart des mariages se font sur présentation avec approbation des parents. Les jeunes ménages vivent avec les parents. L’assistance matérielle fonctionne dans les deux sens : des parents aident leurs enfants adultes, des enfants adultes remettent leur salaire à leurs parents quand ils vivent chez eux. Les ressources mises en commun sont employées pour les besoins de la famille élargie : culte des ancêtres, activités financières, établissement des fils mariés, écolage des enfants. Les rôles par sexe sont tranchés : nam zhu wai, nü zhu nei (les hommes s’occupent dehors, les femmes s’occupent dedans) - encore que leurs quatre heures quotidiennes de tâches ménagères ne libèrent pas les femmes des travaux agricoles. La pression parentale s’exerce sur les jeunes mariés pour appeler la venue du petit-fils.

Pendant ce temps, les familles rurales, traditionnellement fécondes (6 enfants par femme en 1950), résistent à la politique de limitation à l’enfant unique et l’indice de fécondité parmi elles est encore de 2,5 enfants par femme en 2003, sachant que l’enjeu est de s’assurer d’un descendant mâle : yang’er fang lao (“élever un fils pour préparer sa vieillesse”) sachant que ses familles ne disposent d’aucun système de retraite.

Entre les troisième et quatrième recensements (1982-1990), la population chinoise s’accroît plus vite que les objectifs arrêtés par le gouvernement, passant de 1 012 à 1 134 millions d’habitants. Mais le suivi précis des réalités démographiques devient difficile, car la dégradation de l’enregistrement des naissances, due à la dissimulation des naissances hors plan par les parents, et à la falsification par les cadres qui veulent donner l’impression à leurs supérieurs d’avoir respecté leur quota, est constante.

Néanmoins, une loi de 2002 « sur la population et la limitation des naissances » réaffirme le principe d’un enfant par couple. Les résultats d’une quarantaine d’années d’application de la politique démographique coercitive chinoise sont surprenants : la fécondité, certes abaissée en dessous du seuil de remplacement des générations, reste plus élevée que dans des pays qui, comme Taiwan ou la Corée du Sud, n’ont pas mis en place une telle politique contraignante. En outre, les différences de taux de natalité selon les régions mettent bien en évidence que d’autres éléments interfèrent avec la politique démographique coercitive chinoise.

Les effets régionaux différenciés de la politique démographique chinoise : d’importants écarts de taux de natalité selon les provinces

GIF - 10.9 ko
Les effets régionaux différenciés de la politique démographique chinoise

Le déficit de filles

En fait, la politique démographique officielle atteint des résultats fort différents selon les régions. Mais, partout, elle génère des effets pervers, en raison de la préférence traditionnelle pour les garçons, justifiée par l’absence généralisée de retraite et par le fait que les filles, en se mariant, quittent la famille. Diverses pratiques se sont développées, tels l’avortement sélectif des fœtus féminins après identification de leur sexe au moyen de l’échographie, l’infanticide de bébés de sexe féminin, l’abandon préférentiel des filles.

Les conséquences démographiques de ces effets pervers se constatent avec des rapports de masculinité à la naissance particulièrement élevés allants jusqu’à 122 pour les naissances de rang deux, et une surmortalité importante des filles avant l’âge de cinq ans.

Pourtant, quand fut promulguée la politique de l’enfant unique (1980-84), les paysans y résistèrent parfois violemment. Le gouvernement comprit qu’il fallait être plus indulgent dans les régions pauvres, essentiellement agricoles, où les paysans eurent droit à 2 enfants si le premier bébé était de sexe féminin. En 1989, une naissance sur 2 en milieu rural était “non planifiée”. Et même dans les provinces qui s’enrichirent, comme le Guangdong et le Fujian, les clans et chefs de famille négocièrent de puissance à puissance et obtinrent des dispenses. Duo zi duo fu : “plus on a d’enfants, plus on est heureux”, dit leur adage. Surtout des garçons : yang’er fang lao : “élever un fils pour préparer sa vieillesse” car, rappelons-le, il n’y a pas de retraite pour les paysans, et la fille part dans la famille de son mari. S’il faut réduire sa descendance, on cherche donc à avoir moins de filles. En milieu rural, on observe vite un inquiétant déficit de filles.

Dans le monde entier , il naît environ 105 garçons pour 100 filles, et ce même rapport de masculinité à la naissance était constaté en Chine dans les années 1960 et 1970. Mais, dans les années 1980, il monte à 113,8 et atteint 115,6 en 1995. Dans nos années 2000, il est surtout dû à des avortements sélectifs consécutifs à des échographies ou des analyses du liquide amniotique, pourtant prohibés par la loi en 1991. Il atteint 132 garçons pour 100 filles pour les naissances de rang 3 - dernières tentatives pour avoir un fils. Si l’infanticide, sévèrement puni, semble rare, le taux de mortalité des filles de 0 à 5 ans reste préoccupant, anormalement élevé : 40,8 ‰ en 1995 contre seulement 30,5 ‰ pour les garçons, alors que, dans le monde entier, on observe toujours une surmortalité infantile masculine. En outre, l’écart en défaveur des filles s’accroît avec les années. Les nourrit-on moins bien ? S’abstient-on d’aller chercher le médecin pour elles ?

Le taux de masculinité en Chine

JPEG - 52.3 ko
Taux de masculinité des naissances en Chine

Pour les femmes, la période de la politique drastique de l’enfant unique n’est pas favorable, surtout en milieu rural : elles sont massivement contraintes de se faire poser un stérilet ou surtout de se faire stériliser (méthodes dites “de longue durée”, que les autorités peuvent mieux contrôler que la prise de pilule). Les filles deviennent indésirables, car elles privent leurs parents de la possibilité de mettre au monde un fils. En résumé, toute une panoplie peut être utilisé pour écarter la venue redoutée d’une fille (avortements sélectifs touchant seulement les fœtus féminins, infanticides, sous-déclarations, les abandons) , et, quand une fille est là, nourriture et soins lui sont souvent mesurés - ce qui s’est traduit par une surmortalité infantile des filles en vive croissance. Le déficit de filles dans les générations nées après 1980 s’élève, en 1990, à 5 millions. En 1992, le gouvernement édicte une loi “interdisant les noyades et abandons de fillettes”.

Au total, au début du XXIe siècle, la composition par âge et par sexe de la Chine se trouve particulièrement heurtée du fait des bouleversements politiques et des secousses nées de politiques démographiques changeantes .

Le déséquilibre entre les sexes en Chine

JPEG - 34.4 ko
Le déséquilibre entre les sexes en Chine en 2005

La pyramide des âges de 2005 met en évidence des écarts considérables entre les sexes, nettement supérieurs à ce que l’on constate généralement. Dans la tranche 0-4 ans, la Chine compte un nombre de garçons supérieur de plus de 5 millions à celui des filles, soit 114 garçons pour 100 filles ; dans la tranche 5-9 ans, l’écart est de plus de six millions, avec la même proportion de 114 garçons pour cent filles ; dans la tranche 10-14 ans, l’écart est de plus de cinq millions, avec une proportion de 111 ; dans la tranche 15-19 ans, l’écart est également de 5 millions.

De tels chiffres ont diverses conséquences, à commencer par celles de nature démographique et sociétale.

La population de la Chine

JPEG - 50.4 ko
Population de la Chine : évolution depuis 1950 et projection moyenne pour 2050

Conséquences démographiques et sociologiques

Le déficit de filles semble accentué par une politique sanitaire qui profite aujourd’hui davantage aux garçons qu’aux filles. Contrairement à la norme assez générale dans le monde, le taux de mortalité infantile, qui a baissé chez les garçons dans les années 1980 et 1990, aurait augmenté pour les filles, notamment en raison d’une moindre attention portée à leur alimentation comme à leur santé.

Les conséquences sont multiples et variées La relative rareté du sexe féminin provoque diverses réactions psychologiques chez des hommes qui peuvent se sentir négligés et qui ne voient de réponse à leur frustration que dans des rencontres avec des prostituées. Une autre réponse consiste à rechercher des femmes à l’étranger – c’est déjà le cas, notamment vers le Vietnam – tout particulièrement pour les Chinois disposant de moyens financiers. La peur de perdre une femme, alors que leur rareté est attestée, peut aussi inciter à des violences conjugales. Le déficit de femmes peut enfin favoriser des comportements adultérins.

Au plan démographique, le simple remplacement des générations peut être remis en cause puisque, dans une population où le taux de masculinité est élevé en raison d’un déficit de filles, il nécessite pour être atteint une fécondité plus élevée. Or, la fécondité est estimée en Chine à 1,6 enfant par femme en 2006 alors que le seuil de remplacement nécessiterait dans ce pays une fécondité de 2,2 à 2,3 enfants par femme. La population de la Chine pourrait en conséquence voir son vieillissement intensifié par le déficit des filles. Les projections moyennes, une fois épuisés les effets de vitesse acquise, envisagent d’ailleurs un plafonnement de la population chinoise puis sa diminution à partir de 2030.

Des risques géopolitiques internes

En géopolitique interne, la politique démographique coercitive du régime chinois n’a cessé de susciter des oppositions : opposition par souci de pérennité démographique, opposition au nom de la solidarité sociale et culturelle entre les générations, opposition aux amendes fiscales instaurées par la loi et à la méthode parfois brutale de perception utilisée, opposition en raison des inégalités ressenties à l’égard de certains territoires ou de catégories aisées de la population qui se trouvent écartés, de jure ou de facto, des contraintes de cette politique démographique coercitive.

Comme évoqué ci-dessus, le souci de pérennité démographique s’est manifesté dès les premières années de la politique malthusienne auprès des minorités ethniques, qui ont vite compris que les règles de limitation des naissances pouvaient entraîner leur déclin, voire leur disparition démographique. Le régime a rapidement dû reculer et accepter des aménagements spéciaux pour les minorités.

L’application de la politique démographique coercitive symbolise les risques de désordre sociaux existant en Chine dans la mesure où diverses réalités sont mal acceptées, comme l’écart croissant de revenus entre les ruraux et les citadins ou la corruption endémique de fonctionnaires provinciaux. En juin 2007, l’agence officielle de presse Chine nouvelle a dû admettre, aveu assez rare, que des révoltes contre le contrôle autoritaire des naissances avaient bien eu lieu dans la province du Guangxi, au moment où le régime venait de décider de renforcer l’application de la loi, devant la peur d’un nouveau « rebond » démographique . Selon Le Monde, « Quelque 50 000 paysans ont manifesté dans le Guangxi, les 18 et 19 mai, contre les fortes amendes et les avortements infligés par les fonctionnaires du planning familial. Des dizaines de milliers de paysans ont violemment manifesté, en fin de semaine dernière, dans plusieurs districts de la région autonome du Guangxi (sud de la Chine) pour protester contre la politique de contrôle des naissances. Dans une ville au moins, cette manifestation aurait dégénéré en confrontation avec des centaines de policiers, ont raconté des témoins cités par l’Agence France-Presse. Des véhicules officiels ont été brûlés ainsi que des bâtiments publics. La colère de ces agriculteurs a été provoquée par l’envoi de fonctionnaires chargés de faire payer des amendes à tous ceux qui avaient eu trop d’enfants. Le souci d’assurer ses vieux jours pour des paysans dépourvus de retraite et des traditions patriarcales ancrées dans les mentalités font souvent préférer les garçons aux filles » .

Les ruraux pourraient un jour s’interroger sur les conséquences de la politique démographique coercitive en matière de déficit de filles. Si, en outre, comme constaté dans des pays développés, l’émigration vers la ville est plus féminine que masculine, le déficit de filles dans les zones rurales pourrait être nettement supérieur à la moyenne nationale.

Par ailleurs, les Chinois peuvent aussi s’interroger sur la politique démographique lorsqu’ils constatent qu’elle ne touche guère plus ceux qui se sont enrichis et qui ont les moyens de payer les amendes ou qu’elle n’est pas appliquée dans l’ancienne colonie britannique de Hong Kong, malgré son rattachement à la Chine en 1997. On a constaté depuis cette date un fort « tourisme d’accouchement » des Chinoises du continent, Hong Kong étant en outre synonyme d’avantages sociaux, d’une meilleure éducation et de facilités de déplacements à l’étranger. Depuis février 2007, les autorités de Hong Kong tentent, par des mesures indirectes, de limiter le nombre des Chinoises du continent qui viennent y accoucher .

Les différentes raisons précisées ci-dessus susceptibles de créer des désordres internes peuvent s’additionner. Si, pour le moment, le déficit de jeunes femmes n’a pas donné lieu expressément à des manifestations, il peut nourrir implicitement d’autres mécontentements économiques ou sociaux. Il doit donc être considéré comme une question de géopolitique interne en raison des discordes sociales qu’il peut stimuler. Mais cela peut être aussi une question de géopolitique externe, comme il convient désormais de le montrer.

Conséquences géopolitiques

En effet, dans un territoire connaissant un déficit de filles et donc, a contrario, un surcroît d’hommes, différentes réactions sont possibles.

Une première réaction peut consister à susciter l’émigration d’hommes escomptant trouver ailleurs des compagnes devenues rares dans le territoire d’origine. À supposer que la Chine ait une émigration masculine accentuée pour cette raison, cela aurait pour effet de diminuer sa population active et, sans doute, une partie de sa population active la plus dynamique, car c’est souvent parmi ces personnes que le courage de migrer est le plus grand, sachant que la migration est toujours une aventure.

Une deuxième réponse à un surcroît d’hommes consisterait à déployer des activités dans lesquelles on a davantage recours à des hommes qu’à des femmes . Parmi celles-ci figurent évidemment les activités militaires sous leurs différents aspects. Entreprendre une large mobilisation pour le service militaire ou allonger ce dernier serait un moyen de distraire, au sens premier du terme, le sexe masculin de ses préoccupations dues au manque de femmes. Et comme il faut occuper les armées, on peut imaginer de nombreuses façons d’utiliser les soldats pour des opérations à l’intérieur du pays ou sur des territoires dont l’appartenance à la Chine n’est pas reconnue (Paracel, Spratley), ou encore sur d’autres territoires.

Une autre solution consiste à mettre en place une politique migratoire favorisant la venue de femmes, avec des avantages économiques et juridiques spécifiquement octroyés aux immigrantes par la politique migratoire ou par la politique de naturalisation. Comme il n’est pas sûr que les pays d’origine de ces femmes apprécient de telles décisions, des inimitiés géopolitiques pourraient s’ensuivre.

Enfin, si la Chine avait besoin, pour calmer son opinion publique, de se procurer des femmes par tous les moyens, cela pourrait aboutir, si nous voulions pousser jusqu’au bout notre parallèle historique, à un nouvel « enlèvement des Sabines » qui ne serait plus mythique, comme on le pense pour l’histoire romaine, mais réel. Pourrait-il se produire en août 2008, à l’occasion des Jeux Olympique de Pékin, équivalent contemporain des jeux romains solennels en l’honneur de Neptune ? En tout état de cause, si le parti unique est aussi habile que Romulus, un équilibre géopolitique pourrait être trouvé in extremis, mais après une guerre. Si le parti se révèle moins habile que Romulus, c’est tout de suite le risque de guerre, avec toutes les conséquences qu’il faut envisager.

Dans tous les cas, et même sans aller jusqu’au scénario du précédent paragraphe que certains lecteurs considéreront, comme de pures divagations, il apparaît qu’un déséquilibre incontestable entre les sexes dans un État ne peut être considéré comme neutre vis-à-vis des évolutions géopolitiques internes et externes, car il s’inscrit dans cette loi de la géopolitique des populations que j’ai dénommée « la loi du genre » .

***

Disposant de la population la plus nombreuse des États du monde et étant la seule milliardaire en habitants avec l’Inde, la Chine bénéficie de ce que nous avons appelé « la loi du nombre » . Mais la géopolitique des populations énonce d’autres lois, notamment cette « loi du genre » qui pose que la répartition par sexe dans une population peut influencer les évolutions géopolitiques. Le déséquilibre des sexes, qui s’accentue en Chine, ne peut être sans effet mais aura au contraire des conséquences quantitatives et qualitatives. Par exemple, du point de vue quantitatif, le seuil de remplacement des générations, que l’on fixe à 2,1 enfants par femme dans les pays à haut état sanitaire, doit évidemment être rehaussé si les générations féminines sont nettement moins nombreuses que celles des garçons. Toujours sur le mode quantitatif, on peut s’interroger sur le concept de polyandrie, si le déficit de filles subsiste. Une autre hypothèse consiste à compenser le déficit de filles par des écarts d’âge croissants entre homme et femme dans les couples. Enfin, existe la solution consistant à atteindre cet objectif de compensation par l’émigration (l’« exportation » ?) d’hommes ou par l’immigration (l’importation ?) de femmes, mouvements démographiques qui ne peuvent qu’avoir des conséquences géopolitiques.

Au plan qualitatif, l’analyse du déficit de filles en Chine montre qu’il peut, en interne, contribuer à des troubles sociaux ou à des difficultés sociales car, dans toutes les hypothèses, les comportements des deux sexes subissent les conséquences de ce déficit qui est une source d’instabilité sociétale. En outre, il peut conduire à des choix de politique extérieure pouvant occasionner des tensions internationales ou aller jusqu’à des conflits violents.

En Chine, des détenus obligés à jouer à World of Warcraft

Le Guardian a retrouvé un prisonnier chinois du nom de Liu Dali qui a passé cinq ans (2004-2009) dans le camp de Jixi dans la province du Heilongjiang. Agé d'une cinquantaine d'années, Liu était derrière les barreaux pour avoir fait des "pétitions illégales". Outre la lecture répétée de textes communistes, de rudes tâches manuelles lui étaient imposées : casser des pierres, creuser des trous dans le paysage minier du nord-est de la Chine, tailler des baguettes et des cure-dents ou encore assembler des couvertures de sièges de voiture.

Plus improbable, Liu Daliu, et ses camarades détenus, étaient également obligés à jouer quotidiennement pendant des heures au jeu en ligne World of Warcraft.

Les chefs de la prison gagnaient plus d'argent en forçant les détenus à jouer en ligne qu'en les obligeant à faire du travail manuel. Près de 300 prisonniers étaient obligés de jouer. Nous travaillions pendant 12 heures d'affilée. J'ai entendu dire qu'ils pouvaient gagner jusqu'à 570 livres par jour. Nous ne voyions jamais l'argent. Ils n'éteignaient jamais les ordinateurs. (...) Si je ne pouvais pas atteindre mon quota, ils me punissaient physiquement. Ils m'obligeaient à rester debout avec les mains en l'air, puis me frappaient quand je revenais dans les dortoirs. On continuait à jouer jusqu'à ce qu'on puisse à peine voir l'écran.

Ce témoignage accablant vient encore une fois rappeler les dérives des jeux en ligne, particulièrement en Chine. Le phénomène du gold farming, ou "fermes d'or", consiste à employer des dizaines de joueurs assis pendant des heures pour accumuler des biens virtuels. Ces biens virtuels sont ensuite revendus en monnaie sonnante et trébuchante dans des sites de ventes en enchères en ligne ou sur le marché noir.

La Banque mondiale estime qu'environ 100 000 personnes travaillent pour l'industrie du "gold farming", dont 80 % en Chine.

Le gold farming n'est pas nouveau. Il existe depuis la création des premiers jeux en ligne, comme Everquest, au début des années 2000. A partir de 2005, la presse s'est également emparée du sujet pour décrire les conditions déplorables des "joueurs professionnels", sous-payés, qui produisent artificiellement l'or qui sera revendu à des clients plus fortunés. La Banque mondiale estime qu'environ 100 000 personnes travaillent pour cette industrie virtuelle, dont 80 % en Chine. Le témoignage de Liu Dali laisse entendre que la récolte de biens virtuels se fait maintenant sous la contrainte, et à grande échelle. "Beaucoup de prisons dans le nord-est de la Chine obligent les détenus à jouer en ligne, assure-t-il. Cela doit encore continuer aujourd'hui".

Comment la Chine domine-t-elle le marché du solaire ?

Elle est connue comme "l’usine solaire du monde". La Chine a beau être l’une des économies les plus polluantes de la planète, engloutissant des barils de pétrole et carburant aux centrales à charbon, elle conforte aussi chaque jour davantage sa position dominante dans le secteur de l’énergie solaire.

Pékin, c’est le premier producteur mondial de panneaux photovoltaïques, avec désormais 70 % des parts de marché du secteur. Huit des douze plus gros fabricants mondiaux de cellules photovoltaïques, comme Suntech Power, JA Solar ou Yingli Green Energy, sont en effet originaires de Chine ou de Taiwan.

Une performance obtenue en moins de dix ans, grâce essentiellement à une tarification très agressive. Les prix des panneaux solaires chinois ont ainsi récemment chuté à 1,2 dollar par watt généré, contre 1,7 dollar l'an dernier, soit un coût nettement plus faible que la moyenne mondiale, qui s’élevait à environ 2 dollars en 2010. Les entreprises chinoises peuvent en effet compter sur le soutien de Pékin, en obtenant des prêts intéressants auprès des banques d'Etat. Le pays, qui vient d’inscrire les énergies renouvelables dans son nouveau plan quinquennal, a par ailleurs mis en place des subventions pour les grandes installations solaires, couvrant ainsi une partie de leurs coûts d’installation.

Le boom du photovoltaïque est tel que dans de nombreuses régions, comme dans le Qinghai, à l'ouest du pays, le bassin d'emploi local a été asséché par les développeurs de projets solaires qui se bousculent pour obtenir davantage de travailleurs. China Power Investment Corp a par exemple demandé l'aide de l'armée, employant deux mille soldats pour installer des panneaux solaires.

Conséquence : les entreprises chinoises sont parvenues à écarter un à un leurs principaux concurrents étrangers. Ces derniers mois, ce sont encore trois grosses entreprises américaines qui ont fait faillite, victimes de la guerre des prix dans le solaire : le fabricant de panneaux Solyndra – qui avait pourtant lui aussi profité d’une aide d’Etat, avec le plan de relance de l'administration Obama en 2009 - Evergreen Solar, qui a été coté au Nasdaq, et SpectraWatt.

Mais en réalité, cette politique des bas coûts qu’elle a initiée, la Chine en paye aussi le prix. Nombre d’entreprises chinoises peinent à dégager des marges de profit, tant les prix sont tirés vers le bas et l’écoulement des stocks rendu difficile par l’âpreté de la concurrence. D’autant que Pékin est confronté à un affaiblissement de la demande, alors que l’Italie, la France ou d’autres pays européens, qui achetaient jusqu’à présent près de 80 % des panneaux solaires chinois, ont décidé de moins subventionner ces énergies renouvelables encore coûteuses à l’achat.

Pour soutenir son industrie, Pékin a alors mis en place des garanties gouvernementales aux prix d'acquisition pour les équipements électriques fonctionnant au solaire. La Chine, qui jusqu’alors exportait 95 % de la production à l'étranger, est en train de devenir un important consommateur de sa propre énergie solaire. Le marché du photovoltaïque domestique double ainsi chaque année et on estime qu’une maison sur dix est pourvue d’eau chaude solaire dans le pays. Le pays, qui compte pour l’instant une puissance installée de "seulement" 1 GW, vise 10 GW en 2020.

Par ces mesures, la Chine cherche aussi à réduire l’intense pollution qui touche ses villes ainsi que sa dépendance au charbon, pétrole et gaz, d’autant plus que, depuis l’accident nucléaire de Fukushima, elle ne souhaite plus investir massivement dans le nucléaire.

Le secteur du solaire devrait donc croître encore très rapidement dans les années à venir. Seul risque, selon les analystes : que le réseau électrique, encore peu développé, ne suive pas le rythme des raccordements, comme cela avait été le cas lors du boom de l’éolien, il y a trois ans.

Berlusconi invité à la boum des 59 ans de Poutine

Ami de longue de Vladimir Poutine, le Président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a fait le déplacement en Russie pour fêter les 59 ans du Premier ministre russe.

Ami de longue de Vladimir Poutine, le Président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a fait le déplacement en Russie pour fêter les 59 ans du Premier ministre russe.

Vladimir Poutine fête ses 59 ans vendredi soir, entouré de ses illustres amis. Le Premier ministre russe a notamment invité en Russie le président du Conseil italien, , et l'ancien chancelier allemand, Gerhardt Schroeder, deux amis de longue date. « M.Berlusconi arrivera ce soir en Russie pour une visite privée à l'invitation du premier ministre Poutine.Il restera ici, aux environs de Saint-Pétersbourg, pendant à peu près deux jours », a précisé le porte-parole du Premier ministre, Dimitri Peskov.

Ce n'est pas la première fois que le dirigeant italien s'accorde un peu de répit en Russie. Le porte-parole l'assure, cette visite amicale n'empêchera pas les deux hommes de discuter « de la coopération économique entre les deux pays ». Une petite fête est prévue dans la soirée dans « une des résidences » du pouvoir russe, dans les environs de Saint-Petersbourg.

«Je veux embrasser l'heureux élu !»

Comme chaque année, de jeunes Russes ont déclaré leur flamme à pour son anniversaire dans une vidéo mise en ligne vendredi. Pour ses 59 ans, elles ont félicité le Premier ministre et homme fort du pays pour son retour annoncé au Kremlin dans six mois. Il y a quasiment un an, une brochette de bimbos posaient nues rien que pour lui, dans un calendrier destiné à fêter... ses 58 ans.

Ces jeunes filles, étudiantes d'une université de Moscou pour la plupart, n'ont pas hésité à brandir des messages plus qu'évocateurs sur un air des Beatles : «Bon anniversaire, Vladimir Vladimirovitch !», «59 ans, un très bon âge pour être président !», «Je veux embrasser l'heureux élu !» «Vous avez la classe !», «Homme de mes rêves !», «Comment faites vous pour avoir l'air aussi fort à cet age ?», clamaient d'autres pancartes dans ce vidéo-clip tourné dans les rues de la capitale et dans le métro.

Déposer un baiser sur une photo de Poutine

Dans une autre vidéo postée par une organisation baptisée «Armée de Poutine», d'autres jeunes femmes préparent en petite tenue un gâteau d'anniversaire pour leur héros, goûtant au passage la crème chantilly avec des poses équivoques. D'autres devaient se manifester sur une place de Moscou de manière encore plus explicite en établissant le «barème du sex-appeal» de l'homme fort du pays. Elles devaient «déposer un baiser sur les parties du corps de Poutine sur une photographie qu'elles considèrent comme les plus attirantes», selon un communiqué de cette «armée».

Ces jeunes femmes avait récemment appelé leurs concitoyennes à «se déchirer pour Poutine», montrant l'exemple en déchirant leur t-shirt et dévoilant leur poitrine.

L'ex-agent du KGB, sportif accompli (ceinture noire de judo), cultive soigneusement une image d'homme d'action, se montrant tantôt aux commandes d'un avion, tantôt traquant les bêtes sauvages dans la taïga. Les initiatives de jeunes Russes lui déclarant leur flamme se sont multipliées ces dernières années, avec une spontanéité mise en doute par certains médias et l'opposition. L'organisation de jeunesse Nachi (les Nôtres), dont près de 2.000 membres ont participé jeudi soir près du Kremlin au tournage d'une vidéo anniversaire, est ainsi ouvertement pilotée par les stratèges du pouvoir.

27. Robert S. Kaplan (1940 –) David P. Norton (1941 –)


La mesure de la performance par le système du tableau de bord

Tableau de bord prospectif ou Balanced Business Scorecard

Système de mesure des performances et des coûts, méthode ABC (activity based costing)
David Norton, Nolan Norton racheté par Peat Marwick, puis Renaissance Solution Inc.

The balanced scorecard : translatting strategy into action 1996
BSCol : The Balanced Scorecard Collaborative
Alignment, 2006
Office of strategic Manager
Strategy Maps : converting intangible assets into tangible outcomes, 2004