jeudi 22 septembre 2011

Leo Apotheker débarqué, Meg Whitman est le nouveau CEO de HP

Après 36 heures de rumeurs, Leo Apotheker a bien été débarqué de son poste de CEO de HP et remplacé Meg Whitman. Ancien CEO d'eBay et candidate républicaine malheureuse au poste de gouverneur de Californie en novembre 2010, Meg Whitman était annoncée depuis plusieurs heures au poste de CEO de HP. Ray Lane, membre du conseil d'administration, a été nommé président exécutif (executive chairman).

La nomination de Meg Whitman semble pour le moins précipitée et fort curieuse. Ce chef d'entreprise - un court moment égaré dans la politique - a laissé un eBay figé et n'a jamais dirigé une entreprise aussi complexe et diversifiée que Hewlett-Packard.

Facebook, Google, Microsoft et Yahoo s'affrontent dans vos ordis et mobiles. Le but ? Etre omniprésent dans votre vie numérique.

Certes, leurs bureaux sont très chouettes, leurs employés sont jeunes et ont l'air détendus, et ils se défendent de vouloir dominer le monde comme la première compagnie pétrolière venue. Pourtant, la guerre économique que se livrent Google, Facebook, Microsoft, Apple et Yahoo est sans merci, et les marchés qu'ils veulent conquérir se chiffrent en milliards de dollars.

Qu'il s'agisse des téléphones mobiles, des moteurs de recherche ou des réseaux sociaux, ils nouent des alliances avec de plus gros qu'eux, rachètent les plus petits qu'eux et attaquent en justice tout le monde. Même méthodes et mêmes enjeux sur le secteur des tablettes, des systèmes d'exploitation, des navigateurs ou encore du « cloud computing ».

Le départ de Steve Jobs d'Apple, le rachat de Motorola Mobiliy par Google, le licenciement de la PDG de Yahoo Carol Bartz… cet été encore, les annonces se sont succédées à un rythme effréné.

Pour vous aider à vous y retrouver et mieux comprendre les stratégies de groupes toujours plus présents dans notre quotidien, Rue89 vous propose cette application La Guerre du web, réalisée par son fidèle partenaire Upian. Attention : après l'avoir lancée, vous ne regarderez plus jamais votre souris du même œil.

Coup de piston historique pour la Cour des comptes, signé Sarkozy

Et une entorse de plus au slogan de campagne de Nicolas Sarkozy, qui promettait une « République irréprochable » : le Président a nommé à la Cour des comptes une de ses conseillers, Cécile Fontaine, en s'asseyant à la fois sur l'avis défavorable du chef de la juridiction et sur ses usages historiques.

Rue Cambon à Paris, où siège l'institution comptable suprême de la France, ce double camouflet – absolument légal – n'est pas passé du tout. Au point que l'association des magistrats et anciens magistrats de cette Cour plutôt discrète a publié un communiqué, révélé par Marianne2.fr.

Pour comprendre ce qui pèche dans l'arrivée de Cécile Fontaine, énarque de 40 ans, jusqu'ici « conseillère défense, finances publiques et réforme de l'Etat » à la présidence de la République, il faut revenir sur le processus de son arrivée.

« Les avis défavorables sont extrêmement rares »

Quand l'exécutif souhaite nommer quelqu'un à la Cour des comptes, il utilise le « tour extérieur », qui l'oblige à soumettre cette nomination à l'avis du patron de l'institution.

Le premier président Didier Migaud a donc sollicité l'avis du procureur général, puis ceux des huit présidents de chambres. Migaud a ensuite décidé de rendre un avis défavorable. Négatif donc, mais seulement consultatif, ce dont a profité l'Elysée.

Tenu au devoir de réserve, l'ancien député socialiste ne s'exprimera pas sur cette nomination controversée. Le président de l'association des magistrats, Jean-Luc Lebuy, rappelle à Rue89 que « les avis défavorables sont extrêmement rares » :

« A ma connaissance, le dernier remonte à 1999, quand Pierre Joxe était premier président. L'exécutif l'avait respecté en nommant finalement le candidat au Conseil d'Etat. »

Il s'agissait du chiraquien Patrick Stefanini, ex-directeur adjoint du cabinet de Juppé à Matignon, condamné plus tard dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.

Elle gagne dix à quinze ans d'avance sur ses collègues

L'avis de Didier Migaud n'a pas à être officiellement motivé ; il figure simplement dans le décret de nomination de Cécile Fontaine. Officieusement, cette décision rarissime de s'opposer à l'exécutif a été prise pour deux raisons :

  • la nouvelle magistrate comptable pourrait être amenée à contrôler des dossiers qu'elle a gérés quand elle était à l'Elysée ou dans les six cabinets ministériels (tous à Bercy) où elle a successivement travaillé entre 2004 et 2007 ;
  • elle arrive directement au grade de conseiller-maître, six jours après avoir fêté ses 40 ans.

Soit six jours après l'âge minimum légal. Mais ce niveau, les magistrats l'atteignent normalement autour de 45 ans quand ils ont rejoint la Cour des comptes à leur sortie de l'ENA, et entre 50 et 55 ans quand ils sont nommés au tour extérieur, comme l'ex-conseillère de Sarkozy.

Selon un magistrat qui requiert l'anonymat, il ne faut pas voir dans cette règle une coquetterie corporatiste :

« C'est une question d'expérience. Normalement, un conseiller-maître est soit un magistrat de la Cour ayant fait ses preuves, soit un haut-fonctionnaire ayant au minimum dirigé une administration centrale.

Je n'ai rien contre Cécile Fontaine, mais elle est loin d'avoir l'expérience requise. »

Un projet de loi, issu d'un travail de Philippe Séguin et validé par le gouvernement, prévoyait de porter l'âge minimal pour atteindre le grade de conseiller-maître à 45 ans. Heureusement pour Sarkozy et Fontaine, il n'a pas abouti.

« Je veux que les nominations soient irréprochables »

A la Cour des comptes et ailleurs, on s'amuse à reprendre l'un des slogans phares de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 : « Je veux une République irréprochable. » Moins de trois semaines après la nomination d'une autre conseillère de l'Elysée, Catherine Pégard, à la tête du château de Versailles.


Dans le cas de Cécile Fontaine, trois phrases sont particulièrement appropriées :

  • « Je veux que les nominations soient irréprochables. »
  • « Je veux changer la pratique de la République. »
  • « Au fond, je souhaite, si vous me faites confiance, être le Président d'une démocratie moderne, qui sera exemplaire au regard du monde. »

Sur ce dernier point, notons que si elle est bien une autorité indépendante de l'exécutif, la Cour des comptes ne peut pas imposer ses avis au pouvoir. « C'est une règle que nos homologues des juridictions étrangères, où c'est le contraire, ne comprennent pas », regrette Jean-Luc Lebuy.




BNP, Crédit agricole, Société générale : ça sent le gaz !

Non seulement contente de lâcher l'industrie nucléaire si chère à notre pays, l'entreprise allemande Siemens aurait joué un tour cantonesque à une grande banque française. En retirant de ses guichets 500 millions d'euros – en liquide ! – pour les planquer au chaud de la Banque centrale européenne.

Le motif invoqué par le Financial Time ayant révélé la manipulation : l'inquiétude sur la solvabilité de la banque en question. Et on apprend que la Bank of China aurait suspendu des opérations avec trois établissements bancaires français :

  • la BNP,
  • le Crédit agricole,
  • la Société générale.

Les rats quittent le navire…

Comme on l'avait prévu, les rats ne pouvaient manquer de quitter le navire. Et comme on le voit, les plus gros semblent n'avoir pas tardé.

Pour l'heure, on ne connaît pas le nom de la banque en question, mais à voir la montée de boucliers immédiate des capitaines de rafiots devant la révélation, on se dit qu'il y a sacrément péril en la demeure. Michel Pébereau, président du conseil d'administration de la BNP, sur RTL, ce mardi matin :

« Nous n'avons pas besoin aujourd'hui d'aides quelles qu'elles soient. »

Michel Pébereau parlait prudemment de l'ensemble des banques françaises, et nous n'aurons pas l'imprudence d'incriminer la seule BNP. Mais essayez donc d'aller retirer tout de suite 500 millions en liquide au guichet de votre agence. Vous allez voir si elle ne se met pas à hurler au secours !

… et les souris continuent de danser

Pendant ce temps-là, que se passe-t-il sur les entreponts envahis par des déferlantes de plus en plus alarmantes (la baisse de la note de confiance de l'Italie par Standard & Poors, par exemple) ?

Rien, la routine ! Dans les coursives boursières, les yoyos de l'équipage ressemblent de plus en plus à des embardées incontrôlées. Et dans leur carré de plus en plus cerné, les officiers continuent de faire donner leurs improbables orchestres pour tenter d'apaiser les souris dansant sur les ponts inférieurs.

Dernière ritournelle entonnée en date : le retrait de Siemens deviendrait une simple opération de pure spéculation. En liquide ? Normal. Et qu'importe si les craquements sinistres se multiplient. AFP, 20/09/2011, 16h10 :

« Le nouveau propriétaire américain du site Meetic, Match.com, veut que le portail de rencontres place son argent dans une banque américaine et non française, a indiqué mardi le fondateur du groupe français, Marc Simoncini, sur la radio BFM Business. »

Psycho canine et idées reçues : le chien, cet éternel incompris

Les clébards sont mal connus par l'homme. Ce triste constat est la conclusion des travaux menés par l'anthrozoologue John Bradshaw, de l'université de Bristol, dans son ouvrage « In defence of dogs : why dogs need our understanding » (« Pourquoi les chiens ont besoin que nous les comprenions »).

Pourquoi donc s'entêter à comprendre les chiens alors que les hommes peinent déjà à s'entendre entre eux ?

Pour les non-propriétaires de chiens, sceptiques quant à l'intérêt fondamental des clébards, le sujet n'en est pas un.



En plus de supporter leur museau dégoulinant dans le creux de nos mains parce que leurs maîtres sont des potes ; en plus de les freiner tant bien que mal lorsque, en chaleur, ils assaillissent les cuisses charnues de notre copine sur la plage ; on devrait donc faire preuve de psychologie ?

En tout cas, les anthrozoologues comme John Bradshaw y consacrent leur vie, que ça nous plaise, ou non.
Tristes chiens pour cause d'idées reçues

Le sens populaire croit que le chien, lointain cousin du loup, est un animal de meute. Il serait mû par des pulsions de domination et de hiérarchie tant parmi ses pairs que vis-à-vis de son maître. Les rapports d'autorité sont donc à la base de l'élevage canin. Si le maître ne se positionne pas d'emblée comme dominateur, son chien risque de l'envoyer sur les roses et de semer terreur dans la maisonnée.

John Bradshaw s'oppose vigoureusement à cette idée reçue :

« L'idée la plus répandue, et la plus pernicieuse, qui sous-tend les méthodes de dressage est que le chien cherche constamment à établir une hiérarchie de domination, où qu'il se trouve. »

Cette « mécompréhension » originelle rend tristes de nombreux chiens, prétend Bradshaw. Car elle régit le modèle d'interaction et d'élevage qui prévaut dans nos sociétés. Les directives avec lesquelles nous assommons nos chiens tendraient uniquement à les isoler de nous et à brimer leur instinct de jeu et de chasse.

Alors, que ne faut-il pas faire ?

En gros, il faudrait éviter tout ce qu'un site web de dressage de chien vous enseigne. Bradshaw est catégorique sur certains points :

* en finir avec l'ordre de distribution des gamelles. En soi, si le chien a faim avant le chat ou avant le gamin, laissez-le manger ;

* laisser le chien se coucher sur votre lit ou sur le sofa, comme s'il était l'un d'entre vous (sous-entendu, puisqu'il est l'un d'entre vous) ;

* ne pas éviter de le regarder dans les yeux, par crainte de provoquer son instinct dominant.

Le chien, selon Bradshaw, n'est pas non plus une peluche altruiste et bien intentionnée. Ses comportements seraient circonstanciels. Un chien rassasié ne sautera pas sur l'os d'un de ses congénères systématiquement. Il le fera, en revanche, s'il a faim. Il est un être opportuniste ; il aime donner du plaisir et en recevoir, comme un homme. C'est d'ailleurs pour cela qu'il a été sélectionné pour devenir notre compagnon.
L'homme qui conseille de prendre son chien pour un cheval

L'avis de Bradshaw ne fait pas l'unanimité. Cesar Millan, un enragé de psychologie canine, fait un tabac aux Etats-Unis et au Canada avec sa série TV « Dog Whisperer » (en français : celui qui murmurait à l'oreille des chiens), diffusée sur National Geographic. Le Mexicain d'origine y livre à son public les secrets d'une relation harmonieuse avec les chiens. (Voir la vidéo en anglais)

Nucléaire : les « trois secrets » de l'accident de Marcoule

Un cercueil blindé, des déchets mystérieux, un blessé soigné par l'armée : un journal espagnol dénonce les silences français.

Selon le quotidien espagnol Publico, les autorités françaises cherchent à cacher l'origine radioactive de l'accident qui a eu lieu lundi 12 septembre sur le site de Marcoule, faisant un mort et quatre blessés. Selon leurs informations, la victime a été contaminée : le cercueil, mis en terre samedi, est protégé par un blindage spécial et la famille n'a pas pu voir le cadavre.

Le quotidien croit également savoir qu'aucune autopsie n'a été effectuée. Et seuls les gendarmes, équipés de combinaisons de protection, ont eu accès au hangar où a eu lieu l'explosion.
Selon l'ASN, des blessés « pas contaminés »

L'employé mort était d'origine espagnole, âgé de 51 ans et il est mort brûlé par des métaux en fusion alors qu'il tentait d'ouvrir la trappe du four à la barre à mine.

Dans un premier communiqué, l'ASN (Autorité de sureté nucléaire) affirmait qu'il n'y avait pas de rejet à l'extérieur de l'installation. Sans préciser s'il s'agissait du site ou du hangar.

Dans un deuxième communiqué, l'ASN assurait que « aucune contamination n'a été constatée : les blessés ne sont pas contaminés ».
« Un accident industriel, pas nucléaire »

Le jour même de l'accident (qui a eu lieu dans le centre nucléaire Centraco, appartenant à Socodei, une filiale d'EDF), EDF s'était montré rassurant :

« C'est un accident industriel, pas nucléaire. Il n'y a pas de rejet radioactif et a priori, il n'y en aura pas. »

La Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) avait confirmé que selon ses relevés, tout était normal.

Mais les gendarmes français auraient raconté aux journalistes espagnols :

« Par chance, notre commandement nous a protégés en nous empêchant de rentrer dans le secteur et d'attendre les unités du risque nucléaire-radiologique-bactériologique-chimique (NRBC). »

Les sources judiciaires qui ont ouvert une information pour « homicide et blessures involontaires » ont indiqué au quotidien espagnol que le cadavre de José Marin est resté 48 heures dans le hangar avec le métal radioactif dans le corps. Ils ont confirmé que le cercueil était équipé d'une « protection anti-radioactive légère ».

Et selon un enquêteur, si le corps n'a pas pu être présenté à la famille, c'est parce qu'il ne pouvait pas être décontaminé.
Des incertitudes qui dérangent

Pour le journal, trois « secrets » posent problème :

* EDF n'a donné aucune information sur l'état du corps de l'employé décédé ;
* le deuxième blessé grave, un jeune employé (un apprenti selon Greenpeace) qui lui aussi a été touché par le métal en fusion à 1 300 °C, se trouverait entre la vie et la mort, brûlé au troisième degré sur 85% du corps. Il était soigné dans un hôpital civil (CHU de Montpellier) et a été transféré dans un hôpital militaire, celui de Percy-Clamart, « l'un des meilleurs de France, certes » note le quotidien, « mais qui dépend du ministère de la Défense » ;
* le refus de Socodei-Centraco de révéler qui étaient les clients dont les déchets radioactifs étaient alors incinérés. Comme le refus des autorités de rendre publics les résultats des analyses des filtres et capteurs situés sur la cheminée du four qui a explosé.

Des déchets provenant d'activités militaires locales ?

Pour les Espagnols, il semble absolument anormal de ne pas pouvoir connaître la nature des métaux qui auraient contaminé les victimes, et notamment savoir s'ils sont d'origine militaire ou civile.

Selon le quotidien, qui cite un rapport de l'Office parlementaire de l'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) datant de 1997, le four accidenté était destiné, lors de sa construction, à incinérer principalement des déchets provenant d'activités militaires locales :

* trois réacteurs produisant du plutonium pour les bombes G1, G2, G3 ;

* une usine de retraitement de combustible usé, émanant des réacteurs militaires (UP1) ;

* et des réacteurs produisant du tritium pour les bombes (réacteurs Celestin).

Selon l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, (IRSN) ce n'est pas le four en cause dans l'accident. Thierry Charles, son directeur de la sûreté des installations, nous apporte les informations suivantes :

* le site de l'accident étant sous scellés de la justice, ils n'ont pas accès à une partie des installations ;

* la Socodei-Centraco a pour mission de traiter les déchets civils provenant principalement d'EDF et Areva ;

* la Socodei est tenue de respecter la limitation de becquerels dans les matériaux qu'elle traite et de rejets. Ces informations sont transmises et vérifiées par l'ASN.

* la radioactivité présente dans les métaux en fusion dans le four était faible, 63 000 becquerels pour 4 tonnes.

Ces mesures sont contestées par Roland Desbordes, physicien, qui dirige le laboratoire de la Criirad, qui met d'ailleurs en doute la plupart des éléments de communiqués par les autorités et les opérateurs.
Greenpeace troublé par des contradictions

Sophia Majnoni, en charge du nucléaire à Greenpeace, se montre troublée par ces informations :

« Ou bien le mort n'était pas contaminé et dans ce cas il n'y a aucune raison d'utiliser un cercueil spécial, ou bien seuls les blessés n'ont pas été contaminés et à ce moment-là, la communication de l'ASN est ambiguë en laissant entendre qu'il n'y a eu aucune contamination à l'extérieur du four. »

Dans tous les cas, Greenpeace demande que toute la transparence soit faite sur les circonstances exactes de l'accident. Sur le versant « militaire » de la discrétion des autorités françaises :

« Que les déchets fondus dans le four proviennent d'une zone militaire ou civile ne donne pas d'indication sur leur nature, ça ne signifie notamment pas qu'ils sont forcément plus radioactifs. »

Le four n'aurait pas explosé

Pour Michèle Rivasi, députée européenne Europe Ecologie, professeure agrégée de biologie et fondatrice de la Criirad :

« Les Espagnols sont confrontés au secret qui est la culture et la maladie génétique française. »

Selon les explications fournies par l'Autorité de sureté nucléaire, que nous ont rapportées deux sources, le four n'aurait pas explosé. L'ouvrier qui est mort aurait soulevé la trappe du four, et un geyser de métaux en fusion a jailli, le tuant et blessant son collègue. « Du métal contaminé », rappelle Michelle Rivasi, « et on ne sait pas par quoi. On ne sait pas d'où vient cette ferraille. Si elle provient des bombes, il peut y avoir, par exemple, du plutonium ».

Le Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) devrait rapidement mettre en ligne le compte-rendu de la réunion qui a porté sur ce sujet. Il y aura aussi des photos du four. La réunion a eu lieu jeudi. Selon son dernier « point », il n'y avait rien à signaler.

Le jeu en ligne au secours de la recherche

Des joueurs en ligne résolvent l'une des énigmes du virus du sida

Le Point.fr - Publié le 19/09/2011 à 14:29

Des adeptes d'un jeu vidéo en ligne ont réussi à décoder une énigme qui tenait en échec depuis dix ans les plus éminents scientifiques.

Des joueurs en ligne résolvent l'une des énigmes du virus du sida

Trouver la configuration exacte d'une protéine est souvent vital pour comprendre comment une maladie se développe au sein de l'organisme. © Salk Insitute / Sipa

Plus fort que Second Life et le Rubik's Cube réunis : les adeptes d'un jeu vidéo sur l'Internet ont réussi en trois semaines à décoder la structure d'une enzyme proche de celle du virus du sida, une énigme qui tenait en échec depuis dix ans les plus éminents scientifiques. Et pour célébrer cet exploit, la revue scientifique Nature Structural & Molecular Biology, qui a publié dimanche cette découverte, fait exceptionnellement figurer les joueurs de Foldit comme coauteurs de l'étude.

Foldit (littéralement "plie-le") est un jeu vidéo expérimental développé en 2008 en collaboration entre les départements d'informatique et de biochimie de l'université de Washington (États-Unis), accessible à tous sur Internet (http://fold.it). Son but : faire résoudre par les joueurs humains un problème auquel se heurtent toujours les ordinateurs, en l'occurrence comment une molécule se "plie" pour former une structure en trois dimensions et donner ainsi naissance à une protéine.

Les joueurs plus forts que les ordinateurs

"Les gens ont des capacités de raisonnement dans l'espace bien supérieures à celle des ordinateurs", explique Seth Cooper, l'un des créateurs de Foldit. "Les résultats publiés cette semaine montrent qu'en combinant les jeux, la science et l'informatique, on parvient à des avancées qui n'étaient pas envisageables jusqu'alors", estime-t-il. Trouver la configuration exacte d'une protéine est souvent vital pour comprendre comment une maladie (infection, cancer, etc.) se développe au sein de l'organisme et surtout pour élaborer un médicament capable de la stopper. Malheureusement pour les biologistes, un microscope ne fournit qu'une image "écrasée" de la protéine. L'une des tâches les plus ardues pour les scientifiques est donc de démêler cet écheveau pour reconstruire la molécule en 3D et identifier les zones où les médicaments pourraient agir.

Pendant plus d'une décennie, les chercheurs se sont cassé les dents et les méninges sur une enzyme utilisée par un rétrovirus, famille à laquelle appartient le VIH. Ce type d'enzymes, appelées protéases rétrovirales, joue un rôle fondamental dans la manière dont le virus du sida prolifère. Les médecins sont convaincus qu'en les inhibant ils pourraient efficacement lutter contre la maladie, mais, faute de connaître la structure exacte de cette enzyme, il leur était très difficile de trouver les substances capables de la bloquer. Ils ont donc fini par faire appel à l'ingéniosité des joueurs de Foldit.

Équipes concurrentes

Répartis en équipes concurrentes, des milliers de joueurs du monde entier, collégiens ou retraités, ont manipulé dans le cyberspace des chaînes d'acides aminés - les briques élémentaires qui composent les protéines -, les pliant et les repliant dans toutes les combinaisons imaginables pour tenter d'aboutir à une structure viable. Pour les aider dans leur tâche, ils bénéficient de l'assistance d'un programme informatique baptisé Rosetta, d'après la pierre de Rosette qui avait permis à Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens. Les modèles de protéines transmis par les joueurs via Internet étaient tellement proches de la réalité qu'il n'a fallu que quelques jours aux chercheurs pour les affiner et établir la structure exacte de l'enzyme. "Foldit est la preuve qu'un jeu peut transformer un novice en un expert capable de faire des découvertes de premier ordre. Nous sommes en train d'adopter la même approche dans la façon d'enseigner les maths et la science à l'école", souligne Zoran Popovic, professeur d'informatique à l'université de Washington.

Mill Touch

Plus vite que la lumière ?

Des neutrinos qui vont plus vite que la lumière ? C'est ce que que semblent indiquer les mesures effectuées par une équipe de chercheurs menée par Dario Autiero, chercheur du CNRS, dans le cadre de l'expérience internationale OPERA. Ce résultat étonnant sera publié vendredi 23 septembre 2011 à 2h (heure de Paris) sur ArXiv et présenté ce même jour à 16h lors d'un séminaire au CERN, à Genève, retransmis en ligne.


Avec la théorie de la relativité restreinte énoncée en 1905, Einstein avait notamment prouvé que rien ne pouvait dépasser la vitesse de la lumière dans le vide. Pourtant, plus d'un siècle après, au terme de trois années de mesures de très haute précision et d'analyses complexes, l'expérience OPERA(1) fait état d'un résultat totalement inattendu : les neutrinos arrivent au Gran Sasso avec une petite mais significative avance par rapport au temps que la lumière aurait pris pour faire le même parcours dans le vide.

L'expérience OPERA est dédiée à l'observation d'un faisceau de neutrinos produit par les accélérateurs du CERN à Genève et détecté 730 km plus loin depuis le laboratoire sous-terrain de Gran Sasso en Italie. Cette distance, la lumière la parcourt en 2,4 millisecondes. Pourtant, l'expérience OPERA a pu mesurer des neutrinos arrivant à Gran Sasso 60 nanosecondes plus tôt. Autrement dit, sur une « course de fond » de 730 km, les neutrinos franchissent la ligne d'arrivée avec 20 mètres d'avance sur des photons hypothétiques qui auraient parcouru la même distance.

« Nous avons mis en place un dispositif entre le CERN et le Gran Sasso nous permettant une synchronisation au niveau de la nanoseconde et mesuré la distance entre les deux sites à 20 centimètres près. Ces mesures présentent de faibles incertitudes et une statistique telle que nous accordons une grande confiance à nos résultats », explique Dario Autiero, chercheur du CNRS à l'Institut de physique nucléaire de Lyon (IPNL). « Nous avons donc hâte de confronter nos mesures avec celles en provenance d'autres expériences, car rien dans nos données ne permet d'expliquer pourquoi nous semblons observer des neutrinos en excès de vitesse. » Ces résultats reposent sur l'observation de plus de 15000 neutrinos.

« Ce résultat est totalement inattendu », affirme Antonio Ereditato, de l'Université de Berne et porte-parole de l'expérience OPERA. « De longs mois de recherche et de vérifications ne nous ont pas permis d'identifier un effet instrumental expliquant le résultat de nos mesures. Si les chercheurs participant à l'expérience OPERA vont poursuivre leurs travaux, ils sont impatients de comparer leurs résultats avec d'autres expériences de manière à pleinement évaluer la nature de cette observation ».

Jusqu'ici, la vitesse de la lumière a toujours été considérée comme une limite infranchissable. Si ce n'était pas le cas, cela pourrait ouvrir des perspectives théoriques complètement nouvelles. Compte tenu de l'énorme impact qu'un tel résultat pourrait donc avoir pour la physique, des mesures indépendantes s'avèrent nécessaires afin que l'effet observé puisse être réfuté ou bien formellement établi. C'est pourquoi les chercheurs de la collaboration OPERA ont souhaité ouvrir ce résultat à un examen plus large de la part de la communauté des physiciens.

L'expérience OPERA a été inaugurée en 2006 afin d'étudier les rares transformations (oscillations) des neutrinos du muon en neutrinos du tau. Une de ces oscillations a été observée en 2010, témoignant de la capacité unique de cette expérience en matière de détection des signaux quasi insaisissables des neutrinos tau.

Quatre laboratoires du CNRS sont impliqués dans l'expérience OPERA :

- l'Institut de physique nucléaire de Lyon (CNRS/Université Claude Bernard-Lyon 1),

- l'Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (CNRS/Université de Strasbourg),

- le Laboratoire de l'accélérateur linéaire (CNRS/Université Paris-Sud 11) qui a participé jusqu'en 2005,

- le Laboratoire d'Annecy le Vieux de physique des particules (CNRS/Université de Savoie).

Portrait

© CNRS Photothèque/IPNL/FRESILLON, Cyril

Dario Autiero à l'IPNL, Lyon, septembre 2011. Au terme de trois ans d'analyses complexes, l'expérience OPERA dédiée à l'observation - depuis le laboratoire INFN du Gran Sasso (Italie) - du faisceau de neutrinos CNGS en provenance du CERN, à 730 km de distance, a permis de conclure que les neutrinos parvenaient à destination plus rapidement que prévu. D'après les calculs, les neutrinos ont en effet 60 nanosecondes d'avance sur les 2,4 millisecondes qui devraient leur être nécessaires pour parcourir la distance séparant le CERN du Gran Sasso à la vitesse de la lumière.


Schéma

© CNRS Photothèque / FADAY, Jean-Marc

Schéma du faisceau de neutrinos CNGS entre le CERN et Gran Sasso. Au terme de trois ans d'analyses complexes, l'expérience OPERA dédiée à l'observation - depuis le laboratoire INFN du Gran Sasso (Italie) - du faisceau de neutrinos CNGS en provenance du CERN, à 730 km de distance a permis de conclure que les neutrinos parvenaient à destination plus rapidement que prévu. D'après les calculs, les neutrinos ont en effet 60 nanosecondes d'avance sur les 2,4 millisecondes qui devraient leur être nécessaires pour parcourir la distance séparant le CERN du Gran Sasso à la vitesse de la lumière.


Labo

© CNRS Photothèque/IPNL/ILLE, Bernard

Laboratoire de Gran Sasso en Italie (INFN). Détecteur de l'expérience OPERA de 1 800 tonnes. Au terme de trois ans d'analyses complexes, l'expérience OPERA dédiée à l'observation - depuis le laboratoire INFN du Gran Sasso (Italie) - du faisceau de neutrinos CNGS en provenance du CERN, à 730 km de distance a permis de conclure que les neutrinos parvenaient à destination plus rapidement que prévu. D'après les calculs, les neutrinos ont en effet 60 nanosecondes d'avance sur les 2,4 millisecondes qui devraient leur être nécessaires pour parcourir la distance séparant le CERN du Gran Sasso à la vitesse de la lumière.


Ces résultats sont publiés ce vendredi 23 septembre à 2h (Heure de Paris) sur le site d'archives ouvertes ArXiv : http://xxx.lanl.gov/list/hep-ex/

Ils seront présentés ce même jour à 16h lors d'un séminaire au CERN à Genève par Dario Autiero, chercheur du CNRS.

Le séminaire sera retransmis sur Internet à partir de 16h à l'adresse suivante : http://webcast.cern.ch.

Les journalistes pourront poser des questions au cours du séminaire par le biais de twitter à: @CERN.

La publication est disponible sur hal.archives-ouvertes.fr/in2p3-00625946

Photos disponibles sur http://phototheque.cnrs.fr/to.php?sessionId=506710**20110923.090626&obj=bngb}pkrmnzkxphogiueihnmuyfrnhzfshrhtpgbuocefom}iqhdtgjvzv

Reportage « Plus vite que la lumière ? » en français sur http://ccwebcast.in2p3.fr/cnrs/videos/webcnrs/presse/neutrino/PlusViteQueLaLumiere.mp4 et en anglais sur http://ccwebcast.in2p3.fr/cnrs/videos/webcnrs/presse/neutrino/FasterThanLight.mp4

Rushes vidéo sur http://ccwebcast.in2p3.fr/cnrs/videos/webcnrs/presse/neutrino/rushes.mp4

avec conducteur bilingue (français / anglais) des rushes sur http://www.cnrs.fr/cnrs-images/presse/neutrino/script.pdf

Notes :

(1)Le détecteur OPERA a été conçu et utilisé par une équipe de chercheurs basés en Allemagne, Belgique, Corée, Croatie, France, Israël, Italie, Japon, Russie, Suisse et Turquie. Cette expérience représente une entreprise scientifique complexe, menée à bien grâce à l'expertise d'un grand nombre de scientifiques, ingénieurs, techniciens et étudiants, et à la forte implication des différents acteurs de ce projet. Il convient notamment de mentionner le LNGS/INFN et les laboratoires du CERN, ainsi que l'important soutien financier de l'Italie et du Japon et les contributions non négligeables de l'Allemagne, de la Belgique, de la France et de la Suisse. Cette coopération scientifique réunit actuellement quelque 160 chercheurs de 30 institutions différentes à travers 11 pays.

Contacts :

Presse CNRS l Julien Guillaume l T. 06 75 74 02 22 l julien.guillaume@cnrs-dir.fr