jeudi 5 avril 2012

Time out

Ectac.Time Out Film de Andrew Niccol.03

En 21611, dans le ghetto de Dayton, Will Salas et sa mère vivent au jour le jour, afin de gagner du temps... littéralement. Le temps est la nouvelle unité monétaire mondiale, payant factures, péages, denrées alimentaires ou biens de consommation depuis que l'être humain a été génétiquement modifié afin de ne plus vieillir après l'âge de 25 ans. À partir de cet âge, un compteur intégré à l'avant-bras de l'Homme, crédité d'une année, se met en marche : s'il tombe à 13 zéros, l'individu meurt. Ce compteur est rechargeable grâce a de petits appareils qui se plaquent sur le bras ou par apposition d'un bras sur le bras d'un autre. Chacun gagne du temps sur ce compteur de bien des manières : par son travail, par la solidarité entre amis ou au sein de la famille, en volant dans le compteur d'un autre, par le jeu, par la charité, etc...

Quand Will Salas sauve la vie d'Henry Hamilton, un homme qui a un siècle au compteur, celui-ci lui offre cette durée de vie avant de se suicider. Will Salas n'aura pas le temps de faire profiter sa mère de ce cadeau inespéré, cette dernière mourant après n'avoir pu se payer le bus. Will Salas part alors pour la zone de New Greenwich, où les habitants sont nantis de centaines d'années au compteur, contrastant avec le ghetto où une semaine fait de quelqu'un une personne « riche ». Après une partie de poker dans un casino prestigieux où il gagne un millénaire, il se fait inviter à une soirée chez Philippe Weis, millionnaire en années. Il y fait connaissance de Sylvia Weis, sa fille, avant d'être rejoint par des gardiens du temps. Raymond Léon, leur chef, le suspecte d'avoir assassiné Henry Hamilton pour lui voler son siècle de vie. Will prend alors Sylvia Weis en otage pour s'échapper. Elle devient ensuite sa complice pour cambrioler des "banques" qui stockent des fortunes en appareils de recharge de temps, temps qu'ils vont ensuite distribuer à des pauvres, tels des "Robins des bois" du futur. Mais Raymond Léon les poursuit sans pitié...



Justin Timberlake et Amanda Seyfried dans le film américain d'Andrew Niccol, "Time Out".

Dans un futur proche (ou lointain... on ne sait pas vraiment), les hommes ont été génétiquement modifiés pour ne plus vieillir après 25 ans. Le temps, néanmoins, a remplacé l'argent et devient une donnée d'autant plus cruciale qu'en manquer signifie la mort assurée. Une sorte de compteur numérique, fonctionnant à rebours et intégré au poignet des individus, permet de mesurer celui-ci.

Un jeune ouvrier, contraint de gagner son temps, jour par jour, comme, semble-t-il, la plupart des individus, sauve un soir un inconnu richissime des griffes de voleurs. Celui-ci, avant de se suicider lui "injecte" tout son capital, soit des dizaines d'années.

Accusé du meurtre de son donateur, l'homme s'enfuit, s'installe dans le quartier chic de la ville et côtoie la très grande bourgeoisie, soit des gens dotés de la capacité de vivre, sauf accident, éternellement.

Traqué par la police, il enlève la fille d'un riche banquier. Celle-ci devient sa petite amie et se retourne contre son père. Les amants en fuite vont prendre conscience de l'inégalité de la société dans laquelle ils vivent et participent, en braquant des banques du temps, à une répartition plus équitable de minutes, des heures et des jours, déclenchant même une révolte d'"indignés" du futur.

Le Néo-Zélandais Andrew Niccol s'est fait un petit nom dans la science-fiction cinématographique "à concept" notamment avec des films comme Bienvenue à Gattaca en 1998, ou Simone en 2002. Les expériences génétiques dans le premier titre, les créatures virtuelles dans le second étaient au cœur d'un récit qui mêlait divertissement et soupçon de réflexion sur les conséquences éthiques de la science et de la technologie. Time Out ne changera pas l'image du cinéaste.

Derrière un récit finalement très classique (les aventures de Bonnie and Clyde du futur), c'est une allégorie, plutôt grossière mais amusante, du capitalisme sauvage et de ses effets dévastateurs. Les méchants sont d'immondes spéculateurs qui s'enrichissent scandaleusement alors que le reste de l'humanité est un prolétariat contraint de gagner péniblement le droit de vivre un jour, voire une heure de plus.

Ce qui est amusant, c'est que Time Out est uniquement interprété par de jeunes hommes et femmes (tout le monde y à l'apparence de ses 25 ans). Ce qui permet aussi au cinéaste de présenter un film un peu poseur, rempli d'objets chics et peuplé de créatures pour magazines de mode. Time Out dénonce donc les horreurs du capitalisme avec les moyens de sa séduction.

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