Les méthodes de collaboration, d’organisation et de gestion de la société 37 signals sont assez atypiques dans le monde formaté du développement informatique.
Nous avons toujours été sensible à leur approche et à la réussite qui en découle. Cette société est une agence web reconvertie en éditeur de solutions de collaboration (Basecamp, Backpack…). Elle est également à la base de Ruby On Rails, Framework de développement sur laquelle nous nous sommes spécialisés. Alors c'est vrai qu'on s'en inspire beaucoup à la fois dans la technologie mais aussi dans notre façon d'entreprendre et de travailler, c'est pourquoi nous souhaitions partager cette vision avec vous.
Les mots clés de leur stratégie : simplicité, confiance, transparence et bon sens. Réaliser qu’il y a d’autres façons de faire du business, de concevoir son entreprise et de travailler.
Les concepts sont tranchants, on y adhère ou on les rejette, voici les 14 trangressions que nous intégrons pour entreprendre autrement :
1) Decisions are temporary
Une décision n’est pas définitive. Il faut se laisser la possibilité d’y revenir. La souplesse stratégique est la clé dans un monde ou le changement est permanent. Cela n’empêche pas d’avoir une stratégie de long terme et de s’y tenir, la ligne directrice est même un facteur très important.
2) Learning form mistakes is overrated
Le précepte disant qu’il faut apprendre de ses erreurs est surfait, il vaut mieux apprendre de ses succès, c’est beaucoup plus efficace.
3) Why Grow ?
La croissance n’est pas une obligation, cela signifie souvent plus de problèmes et de contraintes car les économies d’échelle ne fonctionnent que dans l’industrie lourde : il est plus important de se concentrer sur la marge.
4) Outside Money is plan Z
En gros le concept est : gagner de l’argent avant d’en dépenser, c’est l’essence même du business.
S’autofinancer : être plus libre vis-à-vis d’investisseurs qui auront forcément des attentes bien précises. Cela oblige aussi à trouver des solutions pragmatiques qui doivent marcher tout de suite.
5) Embrace constraint
Moins (de temps, d’argent, de personne, d’expérience) est une vraie bonne chose. Cela force à être créatif et à éviter le gâchis. Less is more…
6) Workaholic are toxic
Il faut être capable de gérer le temps sans s’oublier : Les bourreaux de travail sont toxiques. Par exemple, ils s'arrangent pour que leurs collègues qui ne restent pas le soir se sentent mal à l'aise de travailler "seulement" de manière raisonnable. Cette mentalité engendre des sentiments de culpabilité et démoralise les employés. Personne ne prend des décisions éclairées sous l'effet de la fatigue.
Quand on ne fait que travailler, le jugement s'altère, les valeurs et la capacité décisionnelle sont faussées.
Les bourreaux de travail n'abattent pas plus de boulot que ceux qui travaillent normalement. Ils se disent perfectionnistes mais, en réalité, ils perdent du temps en s'attardant à des détails insignifiants plutôt que de passer à la tâche suivante. Ce ne sont pas des héros. Ils ne sauvent pas la situation, ils ne font que l'utiliser. Les véritable héros est déjà rentré chez lui parce qu'il a trouvé une manière plus rapide de faire les choses. »
7) Contracts are subjective
Côté contractuel, les documents classique et abstraits (contrat de réalisations, cahier des charges) créent souvent une illusion d’accord mais ils reposent toujours sur une interprétation, et celle-ci est à géométrie variable.
Il est plus efficace de travailler sur des livrables concrets (croquis, storyboard, prototypes…)
8) Make tiny decisions
Mieux vaut prendre un ensemble de petites décisions qu’une grosse décision. Grosse décision égale de grosses erreurs. Les petites décisions qui seront réparables. Cela n’empêche pas d’avoir de grosses idées et de grands objectifs, la meilleure façon de les réaliser, c’est par étapes.
9) Underdo your competition
Pour battre un concurrent, pas toujours besoin de faire plus : faire moins mais faire mieux est suffisant.
Finalement, mieux vaut ne pas trop se préoccuper des concurrents. Pourquoi ? Parce que cela tourne vite à l'obsession : Que mijotent-ils ? Que feront-ils ensuite ? Comment réagir ? On analyse et on dissèque le moindre petit changement. Cet état d'esprit néfaste engendre beaucoup de stress et d'anxiété, et tue la créativité dans l'œuf.
10) Emulate Chefs
Partager son expertise ne veut pas dire que les autres pourront nous copier plus facilement. (l’exemple des chefs cuisiniers étoilés)
11) Drug dealers get it right
Toujours donner la possibilité aux clients d’essayer un produit gratuitement (une dose) car s’il est bon les clients reviendront pour se le payer.
12) No-talks Thursdays
Toutes les interruptions qui fractionnent la journée de travail nuisent à la productivité. Un seul remède, se ménager des plages de solitude. Par exemple l’instauration de journées ou demi-journées silencieuses a des effets impressionnants sur les résultats.
Quelle que soit la formule, veillez à ce que ces plages de solitude soient rigoureusement respectée. Pour cela, il faut vaincre la dépendance à la communication. Une plage de solitude réussie exige de renoncer aux textos, aux appels téléphoniques, aux courriels et aux réunions : on ferme tout, on se tait et on travaille. Les résultats vous étonneront.
13) Bullshit Réunionite
1 H de réunion à 10 = 10 H de réunion…
Evitez les tempêtes de cerveaux interminables qui n’aboutissent pas à des actions concrètes à mettre en œuvre. La réunionite n’est pas souvent constructive.
Si vous convoquez 10 personnes à une réunion d'une heure, vous venez d'organiser une réunion de 10 heures. Vous échangez 10 heures de productivité contre une heure en réunion.
14) Learn to say NO
Apprenez à dire non.
Vous pouvez regretter d’avoir accepté un nouveau projet quand il se transforme en usine à gaz, mais vous ne regretterez jamais d’avoir refusé.
On évite de dire non parce qu'on redoute les conflits, mais dire oui a parfois des conséquences bien pires. Le principe est le même que dans une relation : rompre n'est pas facile, mais poursuivre une relation uniquement parce qu'on n'a pas le courage d'y mettre fin est encore pire.
Oubliez le vieil adage selon lequel le client a toujours raison. Si vous ne voulez ou ne pouvez pas accéder à la demande d'un client, expliquez-lui poliment pourquoi.
Les gens se montreront étonnamment compréhensifs si vous prenez le temps de leur expliquer votre point de vue. Peut-être même les convertirez-vous à votre façon de voir les choses. Dans le cas contraire, et si vous pensez qu'ils y trouveront ce qu'ils cherchent, recommandez-leur un concurrent. Mieux vaut des gens satisfaits d'un produit concurrent que des mécontents du vôtre.
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