samedi 14 septembre 2013

France-Telecom/Orange : panne géante, effet boomerang d’une politique d’harcèlement moral ?

Simple hasard, signe des dieux, retour de bâton, effet boomerang ?
Alors que le groupe France telecom  vient vendredi d’être mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur les suicides survenus en 2008-2009, le réseau mobile d’Orange est perturbé depuis ce vendredi après-midi au niveau national, impactant les 26 millions d’abonnés.
Les vieux de la veille comme on dit, ceux qui ont l’expérience, bref toute la richesse technique de l’opérateur auraient-ils fait les frais de la politique menée par France Telecom en vue de supprimer – en dehors de tout plan social – 22.000 emplois, sans capitaliser sur l’expérience acquise par ses collaborateurs  depuis de nombreuses années ? Qui sait … tel pourrait être bien le cas.
« L’entreprise va enfin pouvoir se défendre deux ans après l’ouverture de l’enquête. France Télécom conteste avoir mis en place un système destiné à créer des souffrances chez ses salariés« , a en tout état de cause déclaré Me Chemarin, avocate  de l’opérateur.
Pourtant le livre de Dominique Decèze, publié en 2004, intitulé « La Machine à  Broyer » faisait d’ores et déjà  état de conditions de travail mettant en péril l’intégrité mentale des salariés du groupe France Telecom. L’auteur avait alors indiqué que  plusieurs études avaient « établi un lien scientifique entre les restructurations et la souffrance physique et psychique des employés« .  De nouvelles méthodes de gestion ayant été alors brutalement introduites, selon lui  : recherche de la performance, compétition entre salariés, conquête des clients. « La direction a systématiquement cherché à  détruire tout collectif de travail qui pouvait faire obstacle à   la montée de l’individualisme«  ajoutait-il, déjà .
Plusieurs exemples avaient été cités à ce sujet : « Des personnes sans affectation parce qu’on leur refusait toujours des postes, un cadre muté six fois de suite en cinq ans sans raison, des couples séparés par mutation professionnelle ». « On a vu des services déménager à répétition dans un département, contraignant les employés à suivre ». Selon lui, « France Télécom a servi de laboratoire à   la première grande remise en cause de la fonction publique. Cela préfigure ce qui risque d’arriver à  La Poste ou à   EDF-GDF ».
Dans leur rapport annuel sur la santé au travail, présenté en mars 2007 au comité d’établissement de la direction régionale centre-est de France Télécom, des médecins du travail s’inquiétaient d’ores et déjà du « mal-être » existant dans les sites France Télécom de Rône-Alpes et Auvergne.
« Le stress, le désarroi, les troubles anxio-dépressifs liés aux transformations du travail ne cessent de s’accroître chez le personnel« , détaillent-ils, en évoquant des salariés qui « ont de plus en plus de mal à  se reconnaître dans ce qu’ils font ».
En mars 2010, Le Parisien/Aujourd’hui en France indiquait qu’ un rapport de l’Inspection du Travail sur les suicides à  France Télécom faisaitt état de faits  accablants pour la direction de l’entreprise.
Le terme  de « harcèlement moral » était ( enfin ?) lâché …
Bien évidemment le quotidien ne se basait pas sur des rumeurs ou des ragots pour ce faire, bien au contraire … Il publiait des extraits du document de 82 pages remis le 4 février 2010 au parquet de Paris.
Lequel évoquait une « mise en danger d’autrui du fait de la mise en oeuvre d’organisations du travail de nature à   porter des atteintes graves à  la santé des travailleurs » et des « méthodes de gestion caractérisant le harcèlement moral » . 
Pour l’inspectrice du travail Sylvie Catala, les tentatives de suicide qui « ne sont pas des cas particuliers » étaient  d’ores et déjà  liées à  « la politique de réorganisation et de management » menée dans l’entreprise.
Le Parisien indiquait alors que , trois personnes seraient mises en cause dans le rapport, notamment Didier Lombard , ancien P-DG du groupe, remplacé par Stéphane Richard, à la « faveur » si j’ose dire … des suicides des salariés …. et de la pression médiatique qui s’en est suivie. Selon le Figaro, Louis-Pierre Wenès, l’ancien directeur des opérations France, et Olivier Barberot, l’ancien directeur des ressources humaines, auraient également été pointés du doigt par l’Inspection du Travail.
S’appuyant sur l’enquête menée par le cabinet Technologia , auprès des salariés de France Télécom,  Sylvie Catala  soulignait alors que l’ex-direction a été alertée « à  maintes reprises » des effets produits par sa politique de management sur «la santé des travailleurs».
Médecins du travail, représentants syndicaux, caisses régionales d’assurance-maladie et «même la justice» auraient tiré la sonnette d’alarme depuis 2006. Chose que nous faisions ici-même dès 2007 … voire même 2006, nous alarmant de la méthode employée par la direction pour annoncer la « vague » de 22.000 suppressions d’emplois.

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