mercredi 20 août 2014

« La qualité de vie au travail ou l’art de se prendre les pieds dans le tapis », par Didier Pitelet (ACCE)

Les Echos |
  • Didier Pitelet  : « Jamais, les cadres comme les non cadres ne se sont sentis si peu considérés, si peu aimés dans leur entreprise ». - DR
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SERIE D’ETE « A dire d’expert » (4/4). Le vrai mal-être au travail est du domaine de la considération, de la reconnaissance et du sens au travail. Le coup de gueule de Didier Pitelet, président de l’ACCE (Association des conseils en communication pour l’emploi), partenaire du Cercle du leadership et président de Moons’ Factory.

Certaines évidences sont telles qu’elles peuvent devenir les labels d’une langue de bois établie permettant de se draper dans la vertu des beaux sentiments. Au moment où il n’a jamais été aussi important pour l’avenir des entreprises de redonner de la puissance et des moyens aux DRH, la mode du moment s’oriente vers le bonheur et la qualité de vie au travail !
Avec près de deux millions de jeunes exclus du système qui ne sont ni à l’école, ni en formation, ni en emploi (Ministère du Travail - juin 2014), un chômage record, un pouvoir d’achat en berne, une explosion du stress et du burn out au travail… La mode serait au bonheur selon les spécialistes ! De qui se moque-t-on ? La France est le pays où les acquis sociaux sont parmi les plus élevés allant jusqu’à créer une fracture inédite et indécente entre les grands groupes qui les cumulent comme de vrais somnifères, garants de la paix sociale, et les TPE/PME en survivance pour préserver leur emploi. Il faudrait, en écho au mal être général, réinventer le bonheur au nom de l’entreprise.
Après être tombée dans le piège caricatural du business partner, la DRH est donc destinée à devenir Sainte RH, prodiguant ses bienfaits à ses brebis plongées dans le désespoir ! Zola et Germinal, du moins en France, c’est terminé depuis longtemps ! Le vrai mal-être au travail, tout le monde le sait, est du domaine de la considération, de la reconnaissance et du sens au travail. Jamais, les cadres comme les non cadres ne se sont sentis si peu considérés, si peu aimés dans leur entreprise.
Arrêtons la tartufferie Google et « autres boîtes clichées à l’américaine » qui voudraient nous faire croire que parce qu’il y a un babyfoot et une salle de sport, les employés sont heureux au boulot ! Le vrai défi du bien-être est bien celui d’une union sacrée, qu’est ou pas capable, de créer une équipe dirigeante !
La crise sociale actuelle est l’échec des trente dernières années d’inconsistance managériale et du cynisme financier qui ont foulé du pied les fondamentaux de la culture d’entreprise, de la solidarité et du « faire ensemble », aboutissant au sacre du chacun pour soi, à commencer par les dirigeants eux-mêmes, pour beaucoup, véritables mercenaires des marchés financiers!
Avant de brandir les slogans à la mode, agissons sur l’origine du mal qui ronge la plupart des entreprises : le syndrome du toujours plus. Toujours plus de résultats, y compris en pleine crise économique ce qui est synonyme de licenciements, toujours plus de vitesse au détriment de la réflexion et du temps humain, toujours plus de matriciel pour déresponsabiliser au maximum…
Dis moi qui est ton DRH, je te dirai quel président tu es ! La fonction RH ne doit pas devenir le camelot du rêve d’entreprise ; elle partage avec la DG, un devoir moral, un devoir de transparence et d’éthique. Son rôle est de créer les conditions optimales de la performance et non de se soumettre aux injonctions économiques seules. Ses leviers et ses outils pour bâtir sont la motivation, l’adhésion, l’enthousiasme.

En savoir plus sur http://business.lesechos.fr/directions-generales/0203594738873-la-qualite-de-vie-au-travail-ou-l-art-de-se-prendre-les-pieds-dans-le-tapis-par-didier-pitelet-acce-101634.php?UgkvOAhdWkysoOAh.99

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