vendredi 21 mars 2014

Pourquoi nous voyons souvent nos patrons comme nos parents


La figure paternelle peut très souvent se fondre dans celle du patron
C'est la théorie d'une psychothérapeute britannique, qui explique que notre manière d'être au travail découle de la façon dont nous avons été éduqués.

«La plupart d'entre nous pensent que nous quittons le matin notre famille, pour passer la journée dans le cadre professionnel, qui est complètement différent», commence la psychothérapeute Naomi Shragai, dans un billet publié dans le Financial Times. Selon elle, les premières relations que nous avons avec nos parents et nos personnes proches sont essentielles pour décrypter la manière dont nous gérons ensuite notre vie au bureau, et comment nous appréhendons les relations sociales. Ainsi, les premières fois où nous nous sommes trouvés face à un conflit, à des amitiés, des trahisons, et nos premiers sentiments en société sont capitaux pour comprendre la suite.
«Lorsque nos familles ont échoué dans notre éducation, il est possible que cet échec soit la conséquence de difficultés à s'intégrer dans une entreprises, et à créer des liens avec nos collaborateurs», avance Naomi Shragai. Et effectivement, lorsqu'un employé a des soucis à respecter l'autorité de ses supérieurs, il est concevable que ce comportement cache des relations tendues avec le corps familial... «Il ne faut pas oublier que la relation avec les parents ne s'arrête pas une fois le cocon familial quitté! Elle continue. Et il est impressionnant de voir combien cela peut peser sur certaines personnes. Un de mes patients est venu me voir parce qu'il manquait de confiance en lui, et qu'il s'effaçait constamment sur son lieu de travail... La faute à un père oppressant, qui ne lui a jamais laissé la moindre liberté dans ses choix», raconte Hamid Aguini, directeur du cabinet Relation & Performance.

Quand les figures «familiales» se fondent dans les figures «professionnelles»

Parfois, il est possible que notre vision idéalisée des figures familiales se confondent avec les figures professionnelles que nous fréquentons. C'est cette confusion qui est dangereuse. On peut très bien idéaliser son patron ou son mentor à l'effigie de la figure paternelle que l'on connaît alors que ce sont deux personnages - et deux personnalités - bien distinctes. Lorsque l'on prend conscience de cela, la déception peut parfois s'avérer dramatique, comme pour ce consultant en informatique, dont le père - un jeune émigrant en Angleterre, a fait une brillante carrière... et placé la barre très haut à ses enfants en terme d'ascension sociale. «Je souffre énormément de l'absence de reconnaissance. Et lorsqu'elle vient, elle émane de la mauvais personne... C'est de l'approbation et du respect de mon père dont j'ai besoin», explique-t-il.
Ne jamais oublier, non plus, que la présence d'un mentor ne remplacera jamais celle d'un père. Même si, comme l'expliquait au Figaro Vanessa Saragaglia, directrice du cabinet Diane Exexcutives, plusieurs éléments des relations père-fils et mentor-élève (ou mentoré) peuvent se confondre: partage d'expériences, soutien professionnel, protection... «Même si, de manière générale, on peut dire qu'il y a aujourd'hui une vraise crise de l'autorité managériale comme parentale. Un enfant ou adolescent a de plus tendance à se débrouiller tout seul avec les outils qu'on lui offre - le web, par exemple - et à ne plus solliciter ses parents. Ce sont ces mêmes jeunes qui, en entreprise, agiront de la même manière en travaillant avec autonomie, et en trouvant les réponses à leurs questions eux-mêmes», analyse Hamid Aguini.

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