jeudi 10 avril 2014

Business & Digital: chaque semaine* , 4 à 5 “infos” ou “idées” chocs qui illustrent l’accélération de notre planète.

(* ou presque)
Il y a encore un an , le “Digital”, c’était pour beaucoup  Facebook et les Medias Sociaux.  En quelques mois, la vague digitale a recouvert l’Economie. Plus personne ne peut faire comme si rien n’allait changer. A chaque semaine son lot d’annonces , qui sonnent comme autant de “wake-up calls”. Jugez-en:

1- L’incroyable semaine d’Amazon.

En moins d’une semaine, Amazon entre dans nos salons via  la télévision et s’invite dans nos cuisines  avec la télécommande Dash,un outil connecté qui pourrait bien marquer un tournant dans la manière dont nous réapprovisionnons nos frigidaires. Même si, pour l’instant, ça se passe aux US, il faut comprendre l’ampleur du “séisme tranquille” auquel il faut s’attendre.

Amazon lance la Fire TV , une box pour la télévision. (Le Figaro)

Amazon Announces Set Top Video Device

“Amazon peut désormais livrer des films et des séries directement sur les écrans de télé, sans avoir à les expédier par la poste” (Benjamin Ferran) . Sans plus attendre, Amazon  annonce la diffusion en exclusivité sur internet en streaming (sans téléchargement) de l’intégralité de la série 24 heures chrono (2001-2010). Pour avoir accès aux épisodes des huit premières saisons, il faut préalablement s’abonner à la plateforme Prime d’Amazon. Cette convention de monopole a été élaborée en accord avec les studios 20th Century Fox. En ce qui concerne la saison 9, qui signe le grand retour à la télévision de la série le 5 mai 2014 aux Etats-Unis, elle sera diffusée « plus tard cette année » sur Amazon Prime, selon l’AFP.”

Avec sa télécommande Dash, Amazon veut révolutionner la manière de remplir son frigidaire 

image télécommande shopping Amazon
Ulrich Rozier en fait la description sur son blog FrAndroid:  ”La télécommande Dash est très simple, elle n’a rien de révolutionnaire d’un point de vue technologique. En effet, elle intègre un microphone, un laser et un module WiFi. Néanmoins, Amazon compte tout de même en faire la pierre angulaire de son hypermarché en ligne, Amazon Fresh. C’est l’équivalent de Ooshop, Auchan Direct, Houra… un cybermarché qui référence des milieux de produits alimentaires et non alimentaires.
Elle va vous permettre de scanner n’importe quel code barre ou de dicter oralement vos listes de courses (pour les produits génériques, comme une baguette de pain ou une pomme). Ensuite, la télécommande Dash se charge de concevoir une liste de course que vous pourrez valider directement depuis votre smartphone ou sur votre PC. Vous recevrez ensuite votre commande le jour même, ou le lendemain.”

L’analyse très “pointue” de Michel de Guilhemier, qui en connaît un “rayon” sur le sujet : Fresh Direct, Amazon Fresh, et la Menace Potentielle sur le Business Model des Hyper & Supermarchés !

(au passage, son billet est une remarquable démonstration de la VRAIE fracture numérique entre ceux qui apprennent et réfléchissent ensemble , à Très Grande Vitesse, et…les autres. On en redemande)
Michel de Guilhermier  nous explique que c’est en matière de produits frais que le modèle Amazon Fresh représente un vrai danger pour les super et hypermarchés français. Son raisonnement s’appuie sur 3  faits:
  1. Le rayon Produits Frais est le plus gros contributeur de marge (il précise qu’un hypermarché gagne très peu d’argent sur les grandes marques (10%), plus sur les “petites marques” et les marques de distributeur (30%) , et beaucoup plus sur les produits frais (50%).
  2. Le rayon Produits Frais est nécessairement à forte récurrence. “Le marchand qui sert ou livre une fois par semaine un client rentre dans sa tête mais aussi dans son coeur”
  3. Le problème crucial est celui de la livraison aux Particuliers. Et Amazon dispose de la masse critique, et a la capacité de de se concentrer sur des zones à maillage très serré.
Pour lui, Amazon a 3 atouts maîtres :  sa maîtrise de la logistique, le nombre de ses clients , et …c’est l’enseigne la plus appréciée de France, comme en témoigne le “chart ci-dessous extrait de son billet.

Amazon enseigne la plus appréciée des français

2- Avec Satya Nadella, Microsoft change de braquet…et de “Business Model”.


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Tous ceux qui enterraient Microsoft vont en être pour leurs frais. A peine arrivé, Satya Nadella “branche” Microsoft sur la mobilité et réjouit tous ceux dont l’iPAD et les smartphones ont révolutionné le quotidien, mais qui ne comptent pas se séparer d’Office parce que c’est leur culture , à la maison comme au bureau. 12 millions de téléchargements en une semaine pour la version iPAD de la suite Office lancée le 27 mars dernier. Microsoft se frotte les mains . Apple aussi , qui touchera 30% du montant des ventes sur l’AppStore.
“L’arrivée d’un nouveau PDG à la tête de l’empire, marque aussi  la volonté de renouveler son offre et de reprendre le train de la mobilité en marche. Car même si Microsoft est présent sur le mobile et les tablettes depuis un certain temps, il ne peut passer à coté des millions d’utilisateurs potentiels que représentent l’iPad, l’iPhone et les smartphone Android.” (Adrien Serres, Atlantico)
En offrant Windows gratuitement sur les mobiles ne dépassant pas 9 pouces, Microsoft passe d’une logique “licence” à un modèle “applications” . Vous imaginez ce que l’on peut faire quand on a une telle base installée avec Excel, Word, et Powerpoint ?   Moi, j’ai quelques idées…

3- Et si les Maires gouvernaient le Monde?


Benjamin-Barber _comp-rev-1-678x1024C’est le titre d’un livre de Benjamin Barber (If Mayors ruled the world. Dysfunctional Nations, Rising Cities)
“Face à la montée des périls-changements climatiques, terrorisme, pauvreté, trafics de drogue, d’armes- les nations semblent paralysées. Les problèmes sont trop lourds, enracinés, et ils divisent. La nation a été le plus grand espoir de la démocratie.Aujourd’hui, elle est obsolète. Elle ne fonctionne plus.”
Pour Benjamin Barber, les villes et leurs maires sont les forces les plus efficaces de la bonne gouvernance. Elles sont les ” phares” de l’économie globalisée.Elles hébergent plus de 50% de la population mondiale, une proportion qui ne cesse de croître. Elles sont le principal incubateur des innovations culturelles, sociales et politiques qui façonnent notre planète. Et, pour couronner le tout, elles sont “dispensées” de toutes les questions de frontières et de souveraineté qui empêchent les états-nations de collaborer efficacement.

Pourquoi les maires? Benjamin Barber démontre que quelle que soit la taille de la ville dont ils ont la charge et  leur  rattachement  politique , les maires affichent un style de gouvernance pragmatique et  non partisan qui fait défaut dans les allées du pouvoir national et international.
“Les maires ont la confiance de leurs concitoyens et  font de leurs villes  des exemples de  bonne gouvernance. Ils sont le fer de lance de la collaboration entre villes mondiales pour résoudre ensemble les problèmes communs à toutes les municipalités”.

Comment les villes sont devenues “SMART”.

Beagle Consulting, un conseil en innovation a récemment réalisé sur le modèle du Business Model Canvas d’ Alexander Osterwalder (appli  iPAD ici) une analyse du modèle économique des “Smart Cities Françaises”. (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

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Smart-Cities-Business-Model.001
Une bonne illustration des propos de Benjamin Barber…déclinable pour pratiquement toutes les entreprises et organisations. Un “must” si l’on veut réfléchir ensemble.

4- Les 45-55 ans seront-ils la prochaine génération “sacrifiée” ?


Il y a de grandes chances, si l’on en croit Edoardo Campanella, auteur d’un récent article “Europe: The Middle Age Trap” Pour lui, les évolutions technologiques, démographiques, et économiques entraînent , au niveau européen,  un risque de marginalisation des  ”quinquas”. Cela paraît surprenant, car au premier abord, c’est la génération qui “gagne”. Autour de la cinquantaine, on a un emploi stable, on fait souvent partie des réseaux qui tiennent le pouvoir , et on est moins menacé que ceux qui approchent de la retraite s’il faut serrer les écrous. Mais, par un effet mécanique, la rapide disparition d’entreprises traditionnelles et leur remplacement par des start-up  Technologiques , managées par des “moins de 40 ans” va    pousser vers la sortie tous ceux qui n’auront pas su actualiser leurs connaissances.” Dans un environnement aussi dynamique, on ne peut progresser que grâce à une actualisation permanente de ses connaissances, une mobilité professionnelle consentie, et un état d’esprit entrepreneurial. Et ceci donne un avantage compétitif déterminant aux jeunes générations.” Pour Edoardo Campanella, il est beaucoup plus difficile pour des “quinquas”  d’acquérir de nouvelles compétences, de s’arracher à une situation assise, ou d’assumer les risques  liés à l’entrepreneuriat.
Il est vrai  qu’un changement de culture, ça prend du temps, surtout quand on vit dans la dictature du court terme, comme  beaucoup d’entreprises aujourd’hui. Plus le temps de s’arrêter, de prendre du recul . C’est paradoxalement la très grande différence entre l’économie traditionnelle et l’économie digitale . Celle qui grandit très vite dans le “Cloud” sait prendre son temps  et , derrière sa façade technologique, mise tout sur l’Humain avec l’obsession de la création de valeur partagée pour maximiser les effets de levier . A l’inverse, dans l’économie traditionnelle, on a l’aversion du risque et  l’on cherche à répliquer et optimiser les savoir faire  en les intégrant dans des processus organisés autour des produits, et de la “shareholder value”. Un modèle bientôt dépassé? Probablement, Et aussi une formidable opportunité pour les “quinquas” : ils ont la “connaissance” , ils doivent simplement faire l’effort de se convertir au Digital, et s’habituer à écouter, partager, apprendre tous les jours, de plus en plus vite. Pas de temps à perdre, néanmoins.
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