samedi 12 avril 2014

Quand tout va trop vite… Les 3 étapes d’un engrenage à surmenage.

Quand tout va trop vite… Les 3 étapes d’un engrenage à surmenage.

  stress accélération de soi
Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC), un progrès empoisonné ? Elles qui laissaient présager une efficacité source de temps libéré, semblent au contraire nous plonger dans une accélération incontrôlée. Le monde de l’entreprise change : un nouveau rythme engendre des valeurs mutantes, elles-mêmes produisant de nouveaux comportements et des pathologies propres à notre temps. Nous vous présentons la spirale infernale de la contraction du temps.

On se dépasse, on s’accélère…

Durant l’Antiquité, on cherchait à « s’accomplir ». Puis la modernité et les grandes découvertes nous ont plongés dans la notion du « progrès de soi ». A la fin du XXème siècle, on a assisté à la transformation du « dépassement de soi » : d’idéal, il est devenu norme. Il a alors fallu se placer dans une perspective du toujours mieux, toujours plus vite… Impossible d’y échapper, sous peine de rester sur le bas-côté d’une vie professionnelle rondement menée. Le dossier « Tout va trop vite » de Cerveau & Psycho 1 montre l’envers du décor : l’accélération de soi. L’individu, vivant dans « un rapport compulsif à l’instant présent », ne peut ni ne veut plus « se projeter dans le futur ». « Il se brûle dans l’hyperactivité et développe des conduites extrêmes » (toxicomanie, sports dangereux, etc.) Une manière de retrouver des limites ? Pour exister, il doit exagérer. C’est du moins ce que préconisent sa vie professionnelle et le système sociétal dans lequel il évolue…

Dans l’entreprise, de nouvelles valeurs prennent le relais.

Textos, tweets, mails et autres messages en tous genres… Possibilité, aussi, de tout trouver très vite… Nous sommes piégés par la rapidité qu’exigent désormais nos vies professionnelles.
Cette accélération du rythme en entreprise, la nécessité d’être plus rapides que les concurrents, l’incertitude quant à la pérennité de nos emplois en pleine ère du zapping, y provoquent une véritable mutation de valeurs… : à l’heure de l’immédiateté et de l’urgence, ce ne sont plus la loyauté à l’employeur ni – dans une moindre mesure – les compétences ou l’expérience, qui sont mises à l’honneur, mais notre capacité à nous adapter et à réagir au quart de tour. Une source d’angoisse pour ceux qui se pensaient armés par leurs études et leur parcours à affronter une vie professionnelle qu’ils imaginaient, certes stressante… par les responsabilités qu’ils auraient, non par le rythme infernal auquel ils seraient confrontés. Car qu’est-ce qui prépare à cela ? Ni études, ni formation. Les nerfs, rien que les nerfs. Va-t-on bientôt recruter sur fond d’analyse neurologique préalable ?
Autre conséquence : la frustration. Celle de ceux que l’on oblige à fournir un travail médiocre sans les laisser aller au bout de leur soif de bien faire. Celle de ceux que l’on brime dans l’expression de leurs talents… parce qu’on n’a tout simplement pas de temps à leur laisser.

L’accélération… pathologique !

Le dossier « Tout va trop vite » fait état du développement de plusieurs types de pathologies directement liées à cette accélération du temps, ce stress et ces frustrations. Certains individus, nous l’avons évoqué, prennent sans cesse des risques inconsidérés, comme pour se prouver qu’ils peuvent, eux aussi, les surmonter…
D’autres tournent en rond ou, au contraire, explosent littéralement. « Tout se passe comme si, n’étant plus sollicitée au niveau de sa réflexion, ne pouvant plus prendre le temps du recul et de l’analyse, […], la personne finissait par fonctionner sur sa seule dimension « énergétique » ». Une machine, en quelque sorte… une machine en court-circuit.
Certains individus voient, quant à eux, leur caractère évoluer : ils deviennent nerveux, irritables, voire changent totalement de personnalité en fonction des circonstances.
L’épuisement professionnel, ici, s’installe facilement : nombre de psychiatres relèvent, chez des personnes soumise à trop de pression, fatigues extrêmes, anxiété, explosions de larmes, etc. « Tout se passe comme si l’organisme se mettait en panne, seule façon de sortir d’un tourbillon d’accélération mortifère » 1.
Comment lui échapper ? Vous pouvez consulter, pour cela, nos quelques articles sur ce thème :
- Gérer son sommeil
- Gérer son temps
- Gérer son stress
Cet article vous a interpellé(e) ? Vous souhaitez réagir ? Notre blog vous est, bien sûr, ouvert.
1 « Tout va trop vite », Cerveau & Psycho, n°61, février 2014

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