dimanche 25 mars 2012

Apple rétribuera ses actionnaires pour la première fois depuis 1995

Le dessin de François Cointe

Apple rétribuera ses actionnaires pour la première fois depuis 1995

La marque à la pomme a décidé de mobiliser près de la moitié de ses 97 milliards de dollars de trésorerie pour en faire cadeau à ses actionnaires, une première depuis 1995.

Par Sébastian SEIBT (texte)

Apple va redistribuer près de la moitié de sa trésorerie à ses actionnaires durant les trois prochaines années. La marque à la pomme a en effet décidé ce lundi de leur verser 45 milliards de dollars - sur un magot de 97 milliards de dollars -, une première pour le géant de Cupertino depuis l'année fiscale 1995/1996. La somme sera répartie entre le versement de dividendes pendant trois ans et le rachat d’actions dans la limite de 10 milliards de dollars d'ici à 2015.

Suite à cette décision, Apple devient l’”un des plus importants payeurs de dividendes aux États-Unis”, a assuré le PDG Tim Cook, lors d’une conférence téléphonique avec les investisseurs d’Apple le 19 mars. Les dividendes seront versées à partir du 1er juillet 2012 pendant trois ans, ce qui coûtera au groupe un peu plus de 30 milliards de dollars.

Pour les actionnaires, c’est la fin d’une longue attente. Le retour de Steve Jobs aux commandes de l’entreprise, en juin 1996, avait marqué l’arrêt du versement de dividendes, le fondateur d’Apple, décédé le 5 octobre dernier, étant “historiquement opposé à cette pratique”, comme le rappelle le Wall Street Journal lundi. Et auparavant, ce refus s’était expliqué par les difficultés financières de l'entreprise au bord de la faillite au moment du retour de Steve Jobs.

Incongrue

Grâce aux succès commerciaux de l’iPod en 2001, de l’iPhone en 2007 et enfin de l’iPad en 2010, les finances d’Apple se sont rapidement améliorées. À tel point que l’opposition de la direction aux versements de dividendes a commencé à paraître incongrue, d’autant plus que les concurrents de la marque à la pomme, Microsoft, Google ou encore IBM se montraient tous généreux avec leurs actionnaires.

Lors de son accession à la tête d’Apple en août 2011, Tim Cook, a reconnu "que le groupe était assis sur un ‘butin de guerre’ largement supérieur à ce dont il avait besoin pour fonctionner”, rappelle lundi la chaîne de télévision économique américaine Bloomberg. À partir de ce moment, les spéculations sur le retour d’une certaine géénrosité à l’égard des actionnaires ont refait surface dans la presse économique.

Lorsqu’Apple est devenu, en janvier 2012, la société la plus riche de Wall Street passant ainsi devant le géant pétrolier Exxon, et que le cours de son action a dépassé fin février les 600 dollars, l'absence de dividendes aux actionnaires s’est avérée de plus en plus difficile à justifier. “Il fallait qu’Apple entérine financièrement sa success story en rétribuant ceux qui l’avaient soutenu”, affirme l’analyste financier et spécialiste des nouvelles technologies Denis Howlett sur le site spécialisé dans l’actualité internet Zdnet.

Tim Cook a tenu toutefois à souligner, lundi, que la priorité d’Apple restait sa capacité à mobiliser rapidement beaucoup de liquidités en cas de besoin.

En dépit du versement des dividendes, il restera au géant de Cupertino plus de 50 milliards de dollars de trésorerie qui pourront “être dépensés en cas de changement stratégique d’orientation du marché”, comme l’a expliqué le pdg.

Ainsi, Apple veut avoir l’argent nécessaire, si une nouvelle start-up révolutionnaire venait à germer dans le paysage technologique, pour pouvoir alors la racheter.

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