lundi 26 mars 2012

Un reportage pointe du doigt la sécurité de la zone de fret de Roissy

Une émission de Canal+ diffuse ce 26 mars 2012 à 22h30 un reportage inquiétant pour la sécurité des voyageurs d’affaires qui prennent l’avion. Le film dévoile que le talon d’Achille de Roissy pourrait bien être sa zone de fret. Avec l’aide d’un salarié, le journaliste montre qu’il est possible d’introduire des armes dans les appareils via ces installations qui emploient plusieurs dizaines de milliers de personnes.


Un reportage pointe du doigt la sécurité de la zone de fret de Roissy
Le reportage «Terrorisme : les failles des aéroports français», réalisé par Haziz Faddel et diffusé ce 26 mars 2012 dans le magazine Spécial investigation de Canal +, fait un constat alarmant sur la sécurité des zones de fret de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle. Il montre que les mesures de sûreté obligatoires depuis l’arrêté du 1er septembre 2003 - soit la «présence de portiques de détection des masses métalliques» et «d'équipements d'imagerie radioscopique d'inspection des bagages de cabine» sur les plates-formes de plus de 70 000 passagers - ne sont pas entièrement respectées. La faille née de ce manquement permet à un employé d’une entreprise de la zone de fret filmé en camera cachée de passer à l'aide d'un sac à double fond plusieurs armes factices et ensuite les introduire dans un avion commercial.
Diffusion: lundi 26 mars à 22h30 dans l'émission "Spécial Investigation", sur Canal+.

La zone de fret de Roissy, l'un des dix premiers aéroports dans le monde, constitue une «faille béante» dans la sûreté des vols. C'est ce que démontre «Terrorisme: les failles des aéroports français», diffusé dans le cadre du magazine de Canal+ «Spécial investigation». Tourné en caméra cachée et réalisé par Haziz Faddel et Yvan Cerieix, ce reportage démontre, avec l'aide d'employés de sociétés travaillant dans l'immense zone de fret de Roissy (comme Chronopost), que les mesures de sûreté dans cette zone où travaillent des dizaines de milliers d'employés ne sont pas ou très peu respectées.

Un arrêté datant de 2003 rend pourtant obligatoire la «présence de portiques de détection des masses métalliques» et «d'équipements d'imagerie radioscopique d'inspection des bagages de cabine» dans les aéroports de plus de 70'000 passagers. Ce règlement concerne toutes les «zones réservées», dont les zones de fret, et son obligation a été rappelée en 2010 par la Communauté européenne.

Une fausse grenade sous le siège

Dans le reportage, on voit un employé d'une grosse société travaillant dans la zone de fret se rendre sur le tarmac avec une sacoche contenant dans un double fonds un pistolet non chargé et une grenade factice en métal. Le portique sous lequel il passe sonne, mais l'agent de sécurité qui fouille le sac ne découvre pas les deux objets d'autant qu'il ne dispose pas d'un appareil de rayons X.

Le sac avec le pistolet et la fausse grenade sont ensuite déposés sous le siège réservé par un journaliste dans un Airbus A380 d'Air France en partance pour New-York. Pour ne pas laisser le pistolet et la grenade dans l'avion avant son départ, une photo des deux objets est déposée dans le sac, toujours sous le siège du journaliste, qui l'ouvre pendant le vol dans les toilettes de l'appareil.

Auparavant, dans les mêmes conditions, trois pistolets avaient pu être glissés sous le siège du commandant de bord d'un avion de fret postal.

Des économies sur la sécurité

Selon des employés d'une société de fret de Roissy, les entreprises font des économies sur la sûreté. Le coût d'un portique, d'une machine à rayons X et des cinq agents de sécurité nécessaires à leur fonctionnement est de 250'000 euros par an.

Selon le reportage, le préfet délégué pour la sécurité et la sûreté de Roissy, les sociétés de fret et la Direction générale de l'Aviation civile n'ont pas souhaité donner leur point de vue.

Seul, le ministre des Transports Thierry Mariani a réagi en assurant qu'il croyait davantage, en matière de sûreté, aux enquêtes préalables faites par le police sur les futurs salariés des sociétés travaillant sur les zones de fret qu'aux «machines».

Mais, fait remarquer un employé, des milliers d'intérimaires dont le casier judiciaire n'a pas été vérifié travaillent chaque jour à Roissy.


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