samedi 17 mars 2012

Lyndon LaRouche

Lyndon Hermyle LaRouche, Jr. (né le 8 septembre 1922, à Rochester, au New Hampshire) est un homme politique, essayiste et polémiste américain. Il est le fondateur des revues Fusion et Executive Intelligence Review1. Bien qu'il n'ait aucun diplôme en économie, il se présente comme spécialiste de l'« économie physique »2 et défend un programme de réorganisation complète du système financier international. Les membres de son mouvement le considèrent comme un leader politique dans la tradition de Franklin D. Roosevelt3,4.

En France, ses idées sont défendues par Jacques Cheminade5, fondateur du parti Solidarité et Progrès après sa candidature à l'élection présidentielle de 1995. En Allemagne, le représentant de LaRouche est sa femme, Helga Zepp-LaRouche. Fondatrice et présidente de l'Institut Schiller voué à faire connaître la pensée de LaRouche outre-Rhin, elle fut candidate à la chancellerie allemande pour le Bürgerrechtsbewegung Solidarität (BüSo/Mouvement des droits civiques Solidarité, sorte d'équivalent allemand de Solidarité et Progrès)6.

Originaire d'une famille quaker7, LaRouche entre en politique comme militant trotskiste. Après avoir tenté de créer un « tiers parti » (l'US Labor Party) dont il sera le candidat en 1976, il se porte candidat à chaque investiture démocrate : 1980, 1984, 1988, 1992, 1996, 2000, 2004. Il n'obtient cependant jamais un seul délégué.

Pendant le premier mandat de Ronald Reagan, LaRouche prétend être à l'origine de l'Initiative de défense stratégique8, qu'il défend comme une alternative à la doctrine de la destruction mutuelle assurée (Mutual Assured Destruction ou MAD). Il prétend également avoir été chargé par le gouvernement américain de négociations non-officielles avec l'URSS sur ce sujet délicat9. Des officiers américains comme le général Daniel O. Graham ont explicitement démenti ces allégations10.

En décembre 1988, le tribunal d'Alexandria (Virginie) condamne LaRouche à quinze ans de prison pour « fraude postale » et « conspiration en vue de commettre une fraude fiscale », après qu'il s'est défaussé du remboursement de 30 millions de dollars empruntés à ses soutiens lors de la campagne présidentielle[réf. nécessaire]. Il continue cependant ses activités politiques pendant son incarcération, dont sa candidature présidentielle en 1992. Il est libéré sur parole en 199411.

Après la convention de Boston en 2004, il donne son soutien au candidat démocrate John Kerry, désigné par le parti[réf. nécessaire].

Depuis la publication par son mouvement en 1978 du livre-enquête Dope, Inc. 12 prétendant dévoiler les circuits politiques et financiers derrière le trafic de drogue international et son blanchiment offshore, Lyndon Larouche s'attaque régulièrement à ce qu'il appelle l'Empire britannique, une thèse que l'on retrouve notamment dans le livre Treasure Island (The Bodley head, 2011) du journaliste britannique Nicholas Shaxson ou le documentaire de Mathieu Verboud La City, la finance en eaux troubles (Zadig productions/France5, 2011). Il a aussi affirmé, après une contre-enquête menée par le magazine EIR, que la monarchie britannique est derrière la mort de la princesse Diana13. Il déclare aussi que l'arrivée d'Hitler et de Mussolini au pouvoir se sont faites avec l'approbation des milieux financiers de la City et de Wall Street14,15. Il tient aussi le gouvernement britannique pour responsable de l'organisation des attentats du 11 septembre, en liaison avec l'Arabie saoudite16.

Il pense que depuis le rapport Kissinger de 1965, où il était déclaré que l'Afrique risquait de ne pas pouvoir nourrir une population toujours croissante, les États-Unis ont tout fait pour empêcher le Tiers-monde en général de se développer économiquement et a même encouragé des politiques génocidaires en Afrique14.

LaRouche défend l'Inde et son droit à développer sa propre énergie nucléaire civile basée sur le cycle du thorium14 et non plus l'uranium qu'elle ne produit pas. Il prétend aussi que les États-Unis font tout pour barrer la route à l'Inde sur cette voie14.

Au sujet des guerres balkaniques des années 90, il déclare que les empires ont toujours sauvegardé leur prééminence en faisant éclater des conflits partout où ils le pouvaient, sans avoir l'intention le moins du monde de mener une guerre à terme ou même de la gagner. Dans la foulée, il juge très sévèrement le rôle de Madeleine Albright dans le conflit14.

Selon LaRouche les jeux vidéo auraient une influence grandissante et néfaste sur la jeunesse, car basés principalement sur la violence. En effet, les jeux vidéo sont vus comme des réducteurs de la créativité humaine, cible supposée des oligarchies impérialistes17.

Il ne croit pas à l'origine anthropique du réchauffement climatique dont il attribue la cause à un surplus d'activité solaire14.

Larouche a tenu des propos dénoncés comme homophobes par des associations homosexuelles18,19.

Dans sa politique de lutte contre le SIDA, en 1986, des activistes du mouvement de LaRouche proposèrent en l'État de Californie une loi consistant à tester d'office les personnes à risque, ce qui aurait eu pour conséquence de replacer cette maladie sur le registre des maladies publiquement communicables (alors qu'elle ne l'était plus). Cette loi fut refusée au motif des dangers que cela comportait pour les malades, en termes d'accès à l'emploi et aussi des risques potentiels d'isolement social20.

Larouche compare Barack Obama à Hitler car, selon lui, les réformes de santé proposées par Obama ressemblent aux réformes d'Hitler, l'action T421. Il crée la polémique en affichant Barack Obama avec la moustache d'Hitler22.

Bien que ne possédant aucun diplôme en économie, Lyndon Larouche défend une réorganisation du système financier international actuel. En effet, selon lui, un nouveau Bretton-Woods doit être mis en place ainsi qu'un retour à une politique, se voulant inspirée par le New Deal et basée sur des grands travaux (eau, énergie, transports, espace, santé, recherche) et des transferts de technologies vers les pays en voie de développement.

En matière de système bancaire, il réclame la nationalisation des banques centrales[réf. nécessaire]. En effet, dans le cas des États-Unis, selon Lyndon Larouche, les crédits doivent être émis sous contrôle du Congrès et non pas dans des buts spéculatifs.

Aux États-Unis, Larouche s'oppose catégoriquement à l'expulsion des propriétaires de biens immobiliers de leur propre maison suite à l'augmentation de leur taux hypothécaire les mettant dans l'insolvabilité, car il dit que ce n'est pas leur faute, mais celle du système qu'il faut réguler. Il propose d'ailleurs de mettre les gens concernés sous « protection fédérale de banqueroute »14.

Les écrits de LaRouche, et ceux de son mouvement, font montre d'une interprétation très particulière de l'histoire des sciences. LaRouche analyse les sciences comme historiquement sujettes à deux tendances :

La pensée logico-déductive en tant que processus intellectuel, dont la paternité est attribuée à Aristote, est stigmatisée et considérée par LaRouche comme un « système de contrôle mental »23 aux mains d'une oligarchie.

Selon LaRouche, la paternité de la théorie de la gravitation ne reviendrait pas à Newton, mais à Kepler24, l'attribution à Newton ayant été, toujours selon l'organisation, le fait de l'« Empire britannique », toujours stigmatisé dans les écrits larouchistes. Cette thèse n'est pas conforme à l'histoire des sciences communément admise, le monde scientifique considérant Kepler comme ayant découvert 3 lois conséquentes de la gravitation (qui portent le nom de lois de Kepler) et Newton comme ayant découvert la loi de la gravitation (c.-à-d. la cause des lois de Kepler) grâce aux lois de Kepler. De surcroît, le monde scientifique considère aujourd'hui Newton comme un des plus grands découvreurs de tous les temps, éventuellement le plus grand25.

Des commentateurs le décrivent comme un « extrémiste politique »26,27,28, un « théoricien du complot »29,30,31ou un « antisémite »32,33,34,35,36,37,38, en caractérisant son mouvement comme un « culte »39,40, certains le considérant comme « fasciste »41,42.

Notes et références[modifier]

  1. http://www.larouchepub.com/ [archive]
  2. Alors, vous voulez tout savoir sur l'économie, Éditions Alcuin, juin 1998.
  3. (en) Jeffrey Steinberg et Michele Steinberg, « LaRouche Will Lead Dems To November Landslide Win », dans Executive Intelligence Review, 13 août 2004 [texte intégral [archive] (page consultée le 17 février 2012)]
  4. « Fidèle héritier de Franklin Roosevelt » selon Allocution spéciale de Lyndon LaRouche - Vers un monde trans-Pacifique [archive], Solidarité et Progrès, 2011. Consulté le 17 février 2012
  5. Site du parti Solidarité et progrès [archive]
  6. http://www.bueso.de/ [archive]
  7. Larouche Jr., Lyndon H., Le Pouvoir de Raison, essai autobiographique, Éditions Alcuin, 1989
  8. Fusion, Special Report, décembre 1982, Directed Energy Beams - A Weapon for Peace
  9. Brève histoire de l'Initiative de Défense Stratégique (vidéo) [archive]
  10. (en) Fascism Wrapped in an American Flag - Part Three [archive] - Political Research Associates, 10 mars 1989
  11. « LaRouche Is Released And Plans Campaign », New York Times, 27 janvier 1994
  12. [http://exopolitics.blogs.com/files/dope-inc.---britains-opium-war-against-the-u.s.-major-expose-of-global-drug-trade-1978.pdf [archive] Dope, Inc. - Britain's Opium War against the U.S.par Konstandinos Kalimtgis, David Goldman et Jeffrey Steinberg (The New Benjamin Franklin House Publishing Company, 1978)
  13. [http://www.youtube.com/watch?v=bdLBPuj1R40&feature=related [archive] The Death of Princess Diana - Was It Murder?, EIR, 1998.
  14. a, b, c, d, e, f et g (en) [vidéo] Webcast de Larouche du jeudi 17 janvier 2008 [archive]
  15. Vidéo 1932 Combattre le véritable ennemi : l’Empire britannique [archive]
  16. [1] [archive] 9-11, 10 years after (LPAC-TV, 2011)
  17. http://www.solidariteetprogres.org/article5019.html [archive]
  18. Lyndon H. LaRouche, Jr., The End of the Age of Aquarius? EIR (Executive Intelligence Review), 10 janvier 1986, page 40
  19. Berlet and Bellman, Fascism Wrapped in an American Flag
  20. (en) California Proposition 64 (1986)
  21. http://www.larouchepac.com/node/10424 [archive]
  22. http://www.lepost.fr/article/2009/08/18/1660768_obama-et-sa-moustache-la-photo-reuters-qui-fait-le-tour-du-monde.html [archive]
  23. http://www.lymfrance.org/ARISTOTELa-Cigue-au-coeur-de-l.html [archive]
  24. http://www.dailymotion.com/swf/k1OnnQAzXqRevxQvPn [archive]
  25. Opinion poll. Einstein voted "greatest physicist ever" by leading physicists; Newton runner-up: BBC news, Monday, 29 November, 1999, http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/541840.stm [archive]
  26. (en) Jack C. Doppelt et Ellen Shearer, Nonvoters: America's no-shows, Sage, 1999 (ISBN 9780761919018) [lire en ligne [archive] (page consultée le 17 février 2012)], p. 138
  27. (en) Chip Berlet, Eyes right!: challenging the right wing backlash, South End Press, 1995 (ISBN 9780896085237) [lire en ligne [archive] (page consultée le 17 février 2012)], p. 99
  28. (en) Jon R. Bond et Kevin B. Smith, The Promise and Performance of American Democracy, Cengage Learning, 2011 (ISBN 9780495913740) [lire en ligne [archive] (page consultée le 17 février 2012)], p. 254
  29. (en) Gary Alan Fine, Véronique Campion-Vincent et Chip Heath, Rumor mills: the social impact of rumor and legend, Transaction Publishers, 2005 (ISBN 9780202307473) [lire en ligne [archive] (page consultée le 17 février 2012)], p. 233
  30. (en) Terry Kirby, « The cult and the candidate », dans The Independent, 21 juillet 2004 [texte intégral [archive] (page consultée le 17 février 2012)]
  31. (en) George Johnson, The 'New Dark Ages' Conspiracy", Architects of Fear: Conspiracy Theories and Paranoia in American Politics, J.P Tarcher, 1983 (ISBN 0874772753), p. 187
  32. (en) Stephen Rosenfeld, « NCLC: 'A Domestic Political Menace' », dans The washington Post, 24 septembre 1976 [[NCLC: 'A Domestic Political Menace' texte intégral] (page consultée le 17 février 2012)]
  33. (en) Paul L. Montgomery, « One Man Leads U.S. Labor Party on Its Erratic Path; Federal Election Funds Sought », dans The New York Times, 8 octobre 1979 [Montgomery, October 8, 1979 [archive]; Copulus, July 1984 texte intégral] (page consultée le 17 février 2012)]
  34. (en)The LaRouche network, Heritage Foundation, 1984. Consulté le 17 gévrier 2012
  35. (en) John Mintz, « LaRouche Filings: Plots, Spies; Judges Tomorrow to Sift Myriad Motions Filed by Corps of Lawyers », dans The Washington Post, 17 mai 1987 [texte intégral [archive] (page consultée le 17 février 2012)]
  36. (en) William Frankel (directeur) et Antony Lerman, « Le Pen and LaRouche : Extremism in Modern Democracies », dans Survey of Jewish affairs, Fairleigh Dickinson University Press, 1988 [[ks.google.fr/books?id=9IMiLBWqCsAC&pg=PA202 lire en ligne] (page consultée le 17 février 2012)], p. 202
  37. (en) Roger Griffin et Matthew Feldman, Fascism: Critical Concepts in Political Science, vol. 5, Routledge, 2003 (ISBN 0415290201), p. 144
  38. (en) Cyprian Blamires, World fascism: a historical encyclopedia, vol. 1, ABC-Clio, 2006 [lire en ligne [archive] (page consultée le 17 février 2012)], p. 375
  39. (en) « The Cult of LaRouche », dans The New York Times, 10 octobre 1979 [texte intégral [archive] (page consultée le 17 février 2012)]
  40. (en) John Mintz, « Ideological Odyssey: From Old Left to Far Right », dans The Washington Post, 14 janvier 1985 [texte intégral [archive] (page consultée le 17 février 2012)]
  41. (en) Irving Louis Horowitz, « Left-wing fascism: An infantile disorder », dans Society, vol. 18, no 4, 1981 [texte intégral [archive], lien DOI [archive] (pages consultées le 17 février 2012)]
  42. (en) David Scob, « The strange ascent of Lyndon LaRouche, a native American fascist », dans The Houston Chronicle, 30 avril 1989 [texte intégral [archive] (page consultée le 17 février 2012)]

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