mardi 20 mars 2012

Mes questions sur la folie en prison


Mes questions sur...la folie en prison par IMAGEETCOMPAGNIE

Serge Moati nous entraîne dans ses pas au coeur du service hospitalier du centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne. En France, 40 % des détenus se disent déprimés; 45 % souffrent d’anxiété et 10 % de psychose. Comment soigne-t-on la folie en prison? Comment sont traités ces hommes et ces femmes victimes, en quelque sorte, d’un double enfermement. Le premier dans leur tête, car la maladie mentale sépare et éloigne du monde réel ; le second par la détention. Le film porte un regard sans fard sur la folie, sur les formes qu’elle peut prendre et sur la manière dont l’administration pénitentiaire la gère. Des patients au personnel soignant, Serge Moati rencontre un à un tous les acteurs de ce monde à part.

Première surprise : le bâtiment abritant le SMPR de Poitiers-Vivonne (Service médico-psychiatrique régional) est flambant neuf. On compte aujourd’hui 26 établissements de ce type (malheureusement pas tous aussi récents) répartis dans les neuf directions régionales des services pénitentiaires de la France métropolitaine. Chacun dispose de 10 à 32 places. Seuls les malades volontaires et en ayant fait la demande peuvent y séjourner.

Autre surprise : l’extrême disponibilité des personnels, soignants ou surveillants. Totalement investis dans leur mission, les hommes et les femmes qui travaillent au SMPR ont néanmoins souvent le sentiment d’être des laissés-pour-compte et de se battre sans moyens contre des moulins à vent. Ainsi, Christiane de Beaurepaire, psychiatre, déplore les fermetures des lits de psychiatrie des établissements hospitaliers : “Une journée en détention coûte 80 euros contre 800 euros en hôpital.

Les fous coûteraient donc moins cher sous les verrous qu’à l’hôpital? Mais qu’en est-il de l’obligation de soins? Et avec une population carcérale en constante augmentation et des pathologies aussi lourdes – les prisons compteraient 7 % de schizophrènes, soit sept fois plus que dans la population générale -, le problème prend un caractère d’urgence. Comme le souligne Christiane de Beaurepaire : “Qui est coupable : le schizophrène qui tue ou ceux qui ne l’ont pas soigné?

Véronique Macon

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